Castaner dénonce depuis Toulouse « un parfum des années 30 qui flotte dans l’air »
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Castaner dénonce depuis Toulouse « un parfum des années 30 qui flotte dans l’air »

Le ministre de l'Intérieur a déploré la hausse de l'antisémitisme lors d'une cérémonie depuis l'école juive Ohr Torah pour les victimes de Toulouse et Montauban de 2012

Christophe Castaner, ministre français des Relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement, à l'Elysée, le 24 mai 2017. (Crédit : Stéphane de Sakutin/AFP)
Christophe Castaner, ministre français des Relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement, à l'Elysée, le 24 mai 2017. (Crédit : Stéphane de Sakutin/AFP)

Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a estimé mardi à Toulouse qu’il y avait actuellement en France, avec la forte augmentation des actes antisémites, « un parfum des années 30 qui flotte dans l’air, un parfum ignoble que l’on espérait à jamais disparu ».

M. Castaner s’exprimait depuis l’école juive Ohr Torah lors d’une cérémonie d’hommage aux victimes des attentats perpétrés à Toulouse et Montauban en 2012 par Mohamed Merah.

« Aujourd’hui, sept ans plus tard, la réalité se rappelle durement à nous. Ces dernières semaines, il y a eu des tombes profanées, le mémorial d’Ilan Halimi détruit, des insultes proférées et des slogans honnis exhumés », a-t-souligné.

« La France en 2019, c’est un parfum des années 30 qui flotte dans l’air, un parfum ignoble que l’on espérait à jamais disparu », a estimé le ministre de l’Intérieur.

« Ce ne sont que des exemples, des exemples édifiants, insupportables mais qui nous ramènent à une vérité. En 2018, les actes antisémites ont augmenté de 74 % » dans le pays, a rappelé M. Castaner.

Le 19 mars 2012, Mohamed Merah, qui se proclamait « combattant d’Al-Qaïda », avait exécuté dans cette école juive de Toulouse le professeur de religion Jonathan Sandler, ses deux fils Arieh et Gabriel ainsi que Myriam Monsonégo, la fille du directeur. Aaron Bryan Bijaoui, un adolescent, avait été blessé.

Les portraits des sept victimes – Imad Ibn Ziaten, Abel Chennouf, Mohamed Legouad, Gabriel Sandler, Aryeh Sandler, Myriam Monsonégo et Jonathan Sandler – de Mohamed Merah pendant une cérémonie de commémoration organisée par le CRIF à Toulouse, le 19 mars 2014. (Crédit : Rémy Gabalda/AFP)

« La République ne vous oublie pas, elle ne vous oubliera jamais », a insisté M. Castaner. « Vous êtes tombés, victime d’un poison, d’un poison infect, ignoble, l’antisémitisme. L’antisémitisme, c’est la bêtise, et les fantasmes, c’est la barbarie et la violence ».

« Nous ne pouvons, nous ne devons rien ignorer, rien laisser passer. Chacun doit se sentir en sécurité en vivant sa foi », a-t-il ajouté. Des « nouvelles mesures » seront prises « prochainement », a-t-il rappelé, « nous serons fermes face à ceux qui font de l’antisionisme le faux nez de l’antisémitisme, nous allons dissoudre des groupuscules de haine ».

Le 11 mars, Merah avait tué le maréchal des logis chef Imad Ibn Ziaten. Le 15 mars, à Montauban, il avait assassiné le caporal Abel Chennouf et le 1ère classe Mohamed Legouad. Grièvement blessé, le 1ère classe Loïc Liber est depuis tétraplégique.

Fin 2018, le président Emmanuel Macron avait indiqué être « frappé par la ressemblance entre le moment que nous vivons et celui de l’entre-deux-guerres » en Europe.

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