Ce que Gantz envisage de faire aux prochaines élections
Rechercher

Ce que Gantz envisage de faire aux prochaines élections

Le chef de Kakhol lavan semblait revenir sur une de ses promesses de campagne, avant de finalement se rétracter

Le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz parle à des journalistes à la Knesset alors que son parti dépose sa liste électorale à la Commission centrale électorale, le 1 août 2019. (Flash90)
Le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz parle à des journalistes à la Knesset alors que son parti dépose sa liste électorale à la Commission centrale électorale, le 1 août 2019. (Flash90)

Après avoir déclaré à maintes reprises qu’il ne rejoindrait jamais un gouvernement aux côtés de l’actuel Premier ministre Benjamin Netanyahu, le chef du parti Kakhol lavan, Benny Gantz, a déclaré dimanche qu’il pourrait l’envisager si un accord de rotation était obtenu et qu’il était Premier ministre en premier.

Gantz, dans un entretien accordé au site d’information Ynet et publié dimanche, a déclaré que Netanyahu lui avait proposé en mai dernier de l’inclure dans son gouvernement s’il acceptait de rompre son alliance avec le parti Yesh Atid dirigé par Yaïr Lapid.

« Il voulait diviser Kakhol lavan et il proposait de nous inclure dans le gouvernement sous toutes sortes de conditions, a-t-il dit. Il m’a offert tout ce que je voulais en échange. Mais nous avons tenu bon sur nos principes ».

Gantz a toutefois ajouté que si Netanyahu lui « avait offert un accord de rotation où [il aurait été] le Premier ministre en premier, alors là, nous aurions eu de quoi discuter ».

Il a ajouté qu’il ne pensait pas que Netanyahu « prendrait le risque » d’un accord de rotation, précisant que des membres du Likud avaient tenté de le convaincre de se séparer de Kakhol lavan pour rejoindre la coalition de lui-même.

Benjamin Netanyahu près de la scène du meurtre de Dvir Sorek, non loin de l’implantation Migdal Oz à Gush Etzion, le 8 août 2019, (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Au cours des six derniers mois et des deux campagnes électorales, Gantz a déclaré à de multiples reprises qu’il n’accepterait pas de siéger dans un gouvernement aux côtés de Netanyahu en raison des différentes accusations judiciaires qui pèsent contre le Premier ministre.

Gantz a plus tard publié un commentaire de rétraction sur le réseau social Twitter, en écrivant : « Kakhol lavan va former le prochain gouvernement qui appellera à l’unité, sans Netanyahu. Nous ne pouvons pas siéger sous un gouvernement Netanyahu ».

Le Camp Démocratique, une fusion des partis de gauche Meretz, du Parti démocratique israélien de l’ancien Premier ministre Ehud Barak et de l’ancienne élue Travailliste Stav Shaffir, a fustigé Gantz pour ses commentaires.

« Au lieu de regarder la réalité droit dans les yeux, avec courage, et de conduire le changement qui est nécessaire pour l’Etat d’Israël et pour ses citoyens, Gantz rampe vers un gouvernement Netanyahu qui va détruire l’état de droit et entraînera la fin de la démocratie israélienne », a déclaré le Camp Démocratique.

Ehud Barak (à gauche), président du Parti démocrate israélien, Stav Shaffir, députée travailliste (au centre), et Nitzan Horowitz, président du Meretz, le 25 juillet 2019. (Autorisation)

Jeudi, l’élu du Likud David Bitan a déclaré que Netanyahu espérait faire entrer Gantz dans son prochain gouvernement de coalition, mais pas le numéro 2 de Kakhol lavan, Lapid.

Le président de la Knesset Yuli Edelstein, le numéro 2 du Likud, a également déclaré qu’il était prêt à siéger avec Gantz.

Les propos tenus par Edelstein et Bitan ont confirmé un reportage de la chaîne d’information Kan, selon lequel le Premier ministre avait dit à des membres de son parti qu’il essayerait de faire entrer Gantz et son parti Hossen LeYisrael dans une coalition dirigée par le Likud et qui inclurait les partis ultra-orthodoxes et nationalistes religieux après les élections du 17 septembre.

Citant des élus anonymes du Likud, Kan a fait savoir que Gantz et son parti étaient considérés comme les personnalités de Kakhol lavan ayant le plus de chance de rejoindre une coalition de droite.

Kakhol lavan a été créé avant les élections d’avril. La formation politique repose sur une fusion entre Hossen LeYisrael et Yesh Atid. Le parti Telem, dirigé par l’ancien ministre de la Défense (ex-Likud) Moshe Yaalon et comprenant plusieurs anciens proches de Netanyahu, fait aussi partie de Kakhol lavan.

En réaction au reportage, des sources au sein de Kakhol lavan ont déclaré à Kan que le parti est en négociations avec des élus du Likud pour former une coalition sans Netanyahu.

« Les projets de Netanyahu recevront la même réponse qu’il a obtenue quand il s’est tourné vers nous avant de nous entraîner dans la campagne actuelle – une réponse négative », a-t-il dit.

L’intérêt du Likud à intégrer Gantz dans une coalition survient dans un contexte d’éventuelles dissensions entre les responsables de Kakhol lavan en ce qui concerne la campagne de Lapid concernant les élus ultra-orthodoxes.

« Ce n’est pas une chose facile à dire, mais Yair Lapid se dresse entre nous et la victoire aux élections », avait déclaré mardi une source anonyme de Kakhol lavan à Zman Yisrael, le site en hébreu du Times of Israël.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...