Ce qu’ont dit Emmanuel Macron et Angela Merkel sur l’élan du populisme en Europe
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Ce qu’ont dit Emmanuel Macron et Angela Merkel sur l’élan du populisme en Europe

Les dirigeants français et allemand ont exprimé la nécessité d’une cohésion européenne face à la montée des extrêmes, de la haine et de l’antisémitisme

Le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel lors d’une conférence de presse commune au sujet de leur plan de relance en Europe de 500 milliards d'euros face à l'impact économique du coronavirus, le 18 mai 2020, depuis Paris et Berlin. (Crédit : capture d’écran YouTube)
Le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel lors d’une conférence de presse commune au sujet de leur plan de relance en Europe de 500 milliards d'euros face à l'impact économique du coronavirus, le 18 mai 2020, depuis Paris et Berlin. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Ce lundi, le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel ont proposé un plan de relance en Europe de 500 milliards d’euros face à l’impact économique du coronavirus. Le projet ouvrirait ainsi la voie à une mutualisation des dettes sur le continent.

Lors d’une conférence de presse commune qui a suivi leurs échanges, les deux dirigeants européens ont détaillé les différents points de leur plan et évoqué d’autres sujets, et notamment la réouverture des frontières ou encore les élans populistes à travers l’Europe.

Interrogés sur les « attaques contre la démocratie européenne », les « dérives droitières » et les « théories du complot » survenues lors de la crise sanitaire, les deux dirigeants ont exprimé leur rejet et la nécessité d’une cohésion européenne.

Angela Merkel a néanmoins déclaré comprendre ces expressions populistes.

« C’est normal. Nous traversons la crise la plus importante de notre histoire », a-t-elle dit. « La solution ne peut pas être tout de suite consensuelle. Bien sûr, il y a des forces divergentes, il y a des forces qui sont là et qui ne veulent pas d’une Union européenne forte. À l’extérieur de l’Union européenne, il y a des gens qui ne veulent pas de cette cohésion européenne. Ils utilisent les médias sociaux, des moyens numériques pour nous faire du tort. »

Elle a également évoqué ces « gens qui ne veulent pas d’une Europe renforcée, qui veulent des États nationaux forts, et une crise comme celle que nous traversons, c’est bien sûr un moment de lutte : on se bat pour des idées, et l’Allemagne et la France, elles, défendent ensemble l’idée européenne, la cause européenne. Pour nous, ce qui compte, c’est la démocratie, et bien entendu, on ne peut pas empêcher d’autres opinions de s’exprimer ».

La chancelière a ainsi indiqué la nécessité « de notre côté d’une proposition courageuse. Bien sûr que, dans les démocraties, il y a des théories du complot, des manifestations, des extrêmes droites, des extrêmes gauches qui ressurgissent, de l’antisémitisme… On a l’habitude, c’est tous les jours comme ça. Mais nous sommes convaincus l’un et l’autre que l’Europe doit agir ensemble, et que les États-nation n’ont aucune chance de s’en sortir seuls. L’Allemagne ne s’en tirera bien que si l’Union européenne se porte bien. Il nous faut la paix, la liberté, et il nous faut de l’économie et du bien-être pour tous ».

Emmanuel Macron lui a répondu en exprimant son soutien à ses propos.

« Malheureusement, les mesures très restrictives que nous avons parfois dû prendre dans nos pays pour lutter contre le virus ont pu être utilisées pour continuer de réduire l’État de droit par certains États membres », a déclaré le président français. « Là-dessus, nous n’aurons aucune complaisance et aucune mollesse. Nous soutiendrons pleinement le travail de la Commission pour que nos droits fondamentaux et les piliers de notre Europe, que ce soit au sein du Conseil de l’Europe ou de l’Union européenne, soient défendus et dûment respectés. Mais nous voyons malheureusement dans tous nos pays monter les extrêmes, monter celles et ceux qui pensent qu’un régime autoritaire est plus efficace que la démocratie pour lutter contre un virus, et renvoyer comme d’ailleurs nous l’avons toujours vu à travers l’histoire de l’humanité, la peur qui nait au moment du virus en haine de l’autre et en désignation d’un ennemi intérieur, quel qu’il soit. »

Il s’est inquiété de « toutes ces haines en quelque sorte [qui] ressurgissent, car l’ensemble des extrêmes trouvent dans ces contextes-là un bon prétexte à continuer d’être des marchands de malheur. Notre conviction à tous deux, c’est que l’idée démocratique et le rêve européen sont des piliers de nos identités et de notre réponse ».

« Parfois c’est très difficile, en démocratie, de mener ces combats », a ajouté le président français. « Nous avons à faire face à beaucoup de mensonges, beaucoup d’attaques, mais nous ne devons rien céder à nos principes. En raison justement de cela et de ce contexte, ce moment de notre histoire commune nous impose de prendre des risques supplémentaires, de savoir sortir peut-être de nos espaces habituels et de prendre encore plus d’initiatives ensemble pour faire avancer notre Europe. C’est ce que nous avons décidé de faire et c’est ce qui est au cœur de l’initiative commune d’aujourd’hui. Ce chemin européen, cette conviction franco-allemande dans ce moment de notre histoire et que vivent nos démocraties européennes, nous devons l’endosser, l’assumer, et le faire progresser. Parce que rester à l’endroit où nous sommes, c’est prendre le risque que certains autres le fassent reculer. »

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