Cérémonie annuelle en hommage aux victimes de la rafle du Vel d’Hiv ce dimanche
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Cérémonie annuelle en hommage aux victimes de la rafle du Vel d’Hiv ce dimanche

L’évènement rend hommage aux 13 152 Juifs - 1 129 hommes, 2 916 femmes et 4 115 enfants - arrêtés par 7 000 policiers et gendarmes français les 16 et 17 juillet 1942

La plaque de la Rafle du Vel d'Hiv face à la station de métro Bir-Hakeim. (Crédit : CC BY SA 4.0)
La plaque de la Rafle du Vel d'Hiv face à la station de métro Bir-Hakeim. (Crédit : CC BY SA 4.0)

Dans le cadre de la « Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’État français et d’hommage aux Justes de France » le 16 juillet, une cérémonie se tiendra ce dimanche 18 juillet à 11h15 au monument commémoratif de la rafle du Vel d’Hiv, quai de Grenelle à Paris. D’autres commémorations ont été ou sont organisées partout en France ce week-end – dont au mémorial de la Shoah de Paris vendredi dernier.

L’évènement parisien de ce dimanche rendra hommage aux 13 152 Juifs – 1 129 hommes, 2 916 femmes et 4 115 enfants – arrêtés par 7 000 policiers et gendarmes français les 16 et 17 juillet 1942 et enfermés dans l’enceinte sportive du Vélodrome d’Hiver pendant quatre jours, sans nourriture et avec un seul point d’eau, dans une chaleur étouffante et une odeur épouvantable. De là, tous ont été déportés dans des camps d’internement français (Drancy, Beaune-la-Rolande et Pithiviers), avant d’être transférés vers les camps d’extermination nazis.

La cérémonie sera à suivre sur la page Facebook ou le site du CRIF, ou sur le site du ministère des Armées.

À l’occasion des commémorations, le CRIF a diffusé des entretiens avec des survivants de la rafle du Vel d’Hiv. Annette Zaidman, Esther Sénot, Rachel Jedinak et Arlette Testyler ont ainsi été interviewés par l’organisation.

Le projet « Les Derniers » a également publié une série de témoignages sur les réseaux sociaux.

Vendredi, lors d’une autre commémoration au musée-mémorial d’Izieu, dans l’Ain, le Premier ministre français Jean Castex a appelé à « lutter partout et toujours contre les tentations inassouvies de la barbarie ».

La maison d’Izieu a été l’ultime refuge de 44 enfants juifs et de leurs six éducateurs, raflés le 6 avril 1944, sur ordre de la Gestapo, commandée par Klaus Barbie. Ils ont tous été déportés et assassinés dans les camps d’extermination nazis.

« Je veux croire que leur martyre aura durablement réveillé notre part d’humanité », a déclaré M. Castex. La gorge se serre, la voix se brise à la seule idée que ces enfants arrachés à leurs parents, traqués et pourchassés, ces enfants jetés dans des camions, aient pu trouver la force et le courage de chanter, jusqu’au bout, leur amour de la France », a-t-il ajouté, en faisant allusion à « Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine », la chanson entonnée par les enfants dans les camions après la rafle.

Jean Castex s’est attardé dans plusieurs salles du mémorial, devant les dessins laissés par les enfants, dans la classe qu’animait l’institutrice Gabrielle Perrier.

Conduit par Dominique Vidaud, directeur du musée-mémorial, le Premier ministre a suivi le parcours des enfants traqués dans toute l’Europe.

« Heureusement, l’histoire de la maison d’Izieu ne s’arrête pas à cette journée tragique du 6 avril 1944. Au-delà du drame, au-delà de l’indicible, la maison d’Izieu a continué à jouer son rôle et l’ancien refuge est devenu en France, l’un des premiers lieux de mémoire de la Shoah », a-t-il relevé.

M. Castex a rendu hommage au « magnifique discours de Jacques Chirac », prononcé en 1995 lors d’une commémoration de la rafle du Vel d’Hiv du 16 juillet 1942. L’ancien chef de l’État avait reconnu la « responsabilité de notre pays dans la déportation des Juifs ».

Dès 1946, une première cérémonie s’était tenue à Izieu, comme le rappelle une exposition en cours au musée-mémorial.

« Ici chaque enfant à une place et un nom qui ne périra pas. Ils sont vivants, dans un mémorial de la République française », a rappelé Thierry Philip, président du mémorial d’Izieu.

Inauguré en 1994, ce mémorial reçoit 30 000 visiteurs par an, dont 15 000 scolaires.

Jean Castex était accompagné des ministres Geneviève Darrieussecq (Mémoire et Anciens combattants) et Elisabeth Moreno (Égalité entre les femmes et les hommes, Diversité et Égalité des chances).

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