Israël en guerre - Jour 289

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Ces anciens de Taglit-Birthright revenus en hâte en Israël pour y faire du bénévolat après le 7 octobre

Alors que la majorité des vols ont été annulés et que la guerre fait rage, les Juifs de la diaspora ont affiché leur amour du pays en travaillant dans les champs - ou en offrant parfois seulement une oreille attentive

  • Des bénévoles récoltent des grenades au Moshav Zrahia. (Crédit : Omer Melamed)
    Des bénévoles récoltent des grenades au Moshav Zrahia. (Crédit : Omer Melamed)
  • Des anciens de Birthright au mur Occidental, un vendredi soir. (Crédit : Birthright Israel)
    Des anciens de Birthright au mur Occidental, un vendredi soir. (Crédit : Birthright Israel)
  • Hannah Taxy s'est précipitée en Israël pour faire du volontariat après les atrocités du 7 octobre. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Hannah Taxy s'est précipitée en Israël pour faire du volontariat après les atrocités du 7 octobre. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Les anciens de Birthright Israel font du bénévolat à la ferme de Bein Hashitin. (Crédit : Birthright Israel)
    Les anciens de Birthright Israel font du bénévolat à la ferme de Bein Hashitin. (Crédit : Birthright Israel)
  • Les anciens de Birthright prennent la pose près de Hadera. (Birthright Israel)
    Les anciens de Birthright prennent la pose près de Hadera. (Birthright Israel)
  • Les anciens de Birthright profitent d'un moment de détente. (Crédit :  Birthright Israel)
    Les anciens de Birthright profitent d'un moment de détente. (Crédit : Birthright Israel)
  • Les anciens de Birthright Israel font du bénévolat à la ferme de Bein Hashitin. (Crédit : Birthright Israel)
    Les anciens de Birthright Israel font du bénévolat à la ferme de Bein Hashitin. (Crédit : Birthright Israel)
  • Les anciens de Birthright visitent l'hôpital pour enfants Schneider de Petah Tikva, où les otages sont soignés. (Crédit : Yonit Schiller)
    Les anciens de Birthright visitent l'hôpital pour enfants Schneider de Petah Tikva, où les otages sont soignés. (Crédit : Yonit Schiller)

Dès qu’ils ont appris la massacre qui a été commis par le Hamas, le 7 octobre, dans le sud d’Israël et celle de la guerre qui a suivi à Gaza, de nombreux Juifs du monde entier se sont posé la même question : « Que pouvons faire pour aider ? »

Ceux qui le pouvaient ont fait des dons pour l’effort de guerre, ou ils ont emballé des colis pour les soldats. D’autres se sont désespérément mis en quête d’un avion en direction d’Israël – la vaste majorité des transporteurs aériens a annulé tous ses vols à destination et en provenance de l’État juif aussitôt que la guerre a été déclarée – de façon à pouvoir venir en aide concrètement aux Israéliens, sur le terrain, à un moment où le pays en a particulièrement besoin.

Birthright Israel – organisation connue en hébreu sous le nom de Taglit – a été l’une des organisations à offrir des opportunités de bénévolat après le début de la guerre, avec un groupe de bénévoles qui est arrivé au mois de novembre. Jusqu’à présent, plus d’un millier de bénévoles de Birthright sont venus en Israël. Ils ont assuré eux-même le coût de leur billet d’avion et ont essentiellement travaillé dans l’agriculture. De manière assez intéressante, la vaste majorité d’entre eux avaient pris part, dans le passé, au programme organisé par Birthright pour les jeunes adultes, invités par le groupe à venir passer 10 jours au sein de l’État juif. Un court périple en Terre sainte qui aura apparemment été suffisant pour créer un lien fort, émotionnel, entre les participants et le Israël.

Quand nous avons demandé à un certain nombre de bénévoles, des anciens du programme Birthright, pourquoi ils avaient quitté le confort de leur quotidien pour ramasser des fraises et pour emballer des cagettes, tous ont répondu plus ou moins la même chose : « Israël avait besoin de moi. Je n’avais pas le choix. Il fallait que je vienne ».

Amanda Cetina raconte qu’elle n’a pas dormi pendant 48 heures après avoir entendu la nouvelle du massacre commis, le 7 octobre, par le Hamas – ce jour-là, les terroristes avaient tué 1200 personnes dans le sud d’Israël, des civils en majorité, et ils avaient enlevé 253 personnes, prises en otage dans la bande de Gaza.

Peu après, Cetina avait appris que l’un de ses amis d’enfance, Omer Neutra, commandant dans une unité de chars, avait été pris en otage par des terroristes du Hamas. Après avoir participé à deux programmes différents de Taglit – qui ont été l’occasion pour elle de renforcer ses liens avec Israël – Cetina a intégré un groupe de bénévoles qui s’est consacré à la récolte des pamplemousses. Elle dit avec fierté que 20 tonnes ont ainsi pu être ramassées, au bénéfice de l’exploitation agricole.

Hannah Taxy s’est précipitée en Israël pour faire du volontariat après les atrocités du 7 octobre. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Hannah Taxy, pour sa part, avait pris part à un voyage de Birthright quand elle avait 21 ans – forgeant, dit-elle, une relation avec Israël qu’elle n’aurait jamais pu tisser, le cas échéant. Agée aujourd’hui de 36 ans, elle dit avoir beaucoup pleuré, le 7 octobre. Sa détresse a été telle, explique-t-elle, qu’elle ne pouvait plus travailler et qu’elle n’arrivait plus à se concentrer. A chaque fois qu’elle voyait une photo du petit Kfir Bibas, pris en otage par les terroristes, c’était le visage de son propre bébé qu’elle voyait. Et, laissant derrière elle le tout-petit et son mari, Hannah est partie en toute hâte faire du bénévolat en Israël.

Natalia Gutman, de son côté, a fait le déplacement épuisant – le vol dure 24 heures  depuis l’Uruguay – pour ramasser des oranges. Elle et son groupe de volontaires ont préparé des sandwichs pour les hommes et pour les femmes qui se trouvaient sur la ligne de front ; ils ont rendu visite aux soldats blessés et ils ont récolté des concombres. « Je ne sais pas dans quelle mesure on a vraiment aidé mais tous les Israéliens que nous avons rencontrés nous ont dit que le simple fait que nous soyons ici leur a remonté le moral », nous confie-t-elle.

Natalia Gutman, bénévole, a fait le voyage depuis l’Uruguay – un vol de 24 heures – pour aider Israël au lendemain du massacre du 7 octobre. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Est-ce le fort impact du programme classique de Birthright qui a amené ainsi ses anciens à figurer parmi les premiers bénévoles à être venus apporter leur aide au sein de l’État juif ?

Ce séjour proposé par Birthright rassemble généralement une quarantaine de jeunes Juifs âgés de 18 à 26 ans, qui sont placés sous la direction d’un éducateur spécialisé dans l’accompagnement des groupes et d’un guide touristique. Huit Israéliens – soldats ou anciens soldats – rejoignent les jeunes voyageurs pendant cinq jours, ce qui entraîne souvent des amitiés durables ou un lien très particulier tissé avec Israël.

Depuis sa fondation en 1999, Birthright a fait venir 850 000 Juifs du monde entier en Terre sainte. Objectif : rapprocher les participants de leur identité juive, d’Israël et de la communauté juive de manière plus générale.

Les anciens de Birthright prennent la pose près de Hadera. (Birthright Israel)

Alors que de nombreux jeunes prennent part au séjour juste pour « gagner » un voyage gratuit à Israël, commente Gia Arnstein, vice-présidente de l’éducation au sein de Birthright, « ce n’est qu’un point de départ ». Pendant leur séjour, explique-t-elle, ils sortent de leur zone de confort pour entrer dans un environnement sûr, contrôlé, où ils peuvent s’exprimer et faire l’expérience d’un sentiment d’appartenance. En fait, lors de l’attente à l’aéroport de New York, avant le décollage pour Israël et avant même que le voyage n’ait commencé, certains disent déjà éprouver un sentiment inhabituel d’unité et de protection. Pour certains jeunes, c’est la première fois qu’ils sont entourés par d’autres Juifs.

Une bénévole de Birthright ramasse des fraises à la ferme Kadima, en Israël, alors que la guerre fait rage à Gaza. (Crédit : Birthright Israel)

Non seulement Birthright semble avoir été l’une des premières organisations à faire venir des bénévoles en Israël après le 7 octobre, mais c’est aussi la première à avoir repris ses programmes pendant la guerre. Ainsi, deux groupes sont venus dans le pays au mois de janvier. Le groupe que nous avons rejoint pendant quelques jours était constitué de 18 personnes âgées majoritairement d’une petite vingtaine d’années . Elles venaient du Canada, de New York, de l’Ohio et du Minnesota et elles avaient pris la décision de faire le voyage en toute connaissance de cause et ce malgré le conflit en cours (d’autres, qui s’étaient eux aussi inscrits pour le séjour, l’année dernière, ont renoncé à partir – une décision à laquelle les organisateurs ont donné leur consentement total).

Une grande partie du voyage est restée fidèle au programme habituel, avec une montée du chemin des serpents à Massada, une plongée en apnée le long des coraux au sein de la réserve naturelle d’Almog, à Eilat ; une randonnée au lever du soleil dans les montagnes d’Eilat pour apercevoir les frontières avec l’Égypte, la Jordanie et avec l’Arabie saoudite ; des flâneries et un repas au marché Mahane Yehuda de Jérusalem ; un bain dans la mer Morte, un raid en jeep dans le désert et une visite du musée de la Shoah de Yad Vashem.

Mais la logistique a été compliquée pour ce voyage – c’est le moins qu’on puisse dire. Habituellement, le groupe part vers le nord, vers les implantations et vers les sites situés sur les frontières libanaises et syriennes, avec une visite à Safed, ville historique et pittoresque, et une exploration des sites archéologiques antiques. Les jeunes se rendent aussi dans les implantations de l’ouest du Neguev – près de la frontière avec Gaza, qui a essuyé l’assaut infernal des terroristes. A la place, pendant ce voyage pas comme les autres, les jeunes ont passé plusieurs heures sur la Place des Otages, échangeant avec les familles, écoutant les chansons, prenant part aux cercles de solidarité. Ils se sont rendus à l’hôpital pédiatrique Schneider pour entendre les récits des médecins qui y ont pris en charge les otages qui ont été relâchés. Dans cette période difficile, danser avec les femmes au mur Occidental et réciter la prière Shema Yisrael, là -bas, avec les soldats renforcera leur lien avec Israël – on peut en tout cas s’y attendre.

Les anciens de Birthright Israel font du bénévolat à la ferme de Bein Hashitin. (Crédit : Birthright Israel)

Un jour, le groupe a récolté des poivrons, des épinards et des tomates à la ferme de Bein Hashitin, dans le désert d’Arava, actuellement en proie à un manque critique de main-d’œuvre ouvrière. Et non seulement les jeunes se sont beaucoup amusés, mais ils sont terminé la journée avec la conviction d’avoir vraiment fait quelque chose de précieux pour Israël.

Yael Goodman, fondatrice de RUN JLM, une agence de voyage un peu particulière à Jérusalem – les visites historiques s’y font en courant – s’est entretenue avec le groupe, un soir, et elle a évoqué ce que les Israéliens avaient ressenti lorsqu’ils avaient appris les horreurs du 7 octobre. Elle a aussi parlé des 200 000 Israéliens qui ont été déplacés, ayant perdu leur habitation et leur gagne-pain, ou de ces Israéliens dont les villes et les villages sont placés sous la menace constante des frappes des terroristes du Hezbollah.

Désireuse de trouver un moyen de venir en aide aux évacués, Goodman a lancé une initiative inattendue, allant dans les hôtels où des familles toutes entières vivent dans des petites chambres et les encourageant à venir courir. Elle a acheté des chaussures de running et elle a même acheté des tenues de course adaptées aux exigences de pudeur des femmes juives religieuses. Courir dans un endroit sûr, a expliqué Goodman, peut être une thérapie formidable pour ceux qui ont tout perdu. Jusqu’à présent, Goodman et d’autres bénévoles auxquels elle a fait appel ont couru avec plus de cent Israéliens déplacés.

Les anciens de Birthright profitent d’un moment de détente. (Crédit : Birthright Israel)

Les programmes de Birthright se concentrent sur le renforcement de l’identité juive des participants. Et demander au groupe de hiérarchiser un grand nombre de valeurs juives a été l’une des méthodes subtiles de leur faire parler de leur judéité, une activité qui s’est terminée en débat passionné (et respectueux) qui a continué pendant tout le séjour. « Etre Juif aujourd’hui » a été le thème des discussions en lien avec la question dorénavant brûlante de l’antisémitisme au sein de leurs villes et de leurs états – évoquant ce qu’ils ont amené avec eux au début du voyage, ce qu’ils devront affronter à leur retour, et ce que signifie être Juif dans le monde d’aujourd’hui.

A la fin du séjour, les participants ont fait part des moments les plus forts, à leurs yeux, de cette expérience et de leur appréciation et des instants passés avec les Israéliens qui les accompagnés pendant une partie du voyage. Ils déclarent : « Tout le monde a sa place ici », ou « j’ai ressenti un sentiment d’appartenance ». « Je n’étais pas réellement en lien avec le passé et maintenant, je veux en savoir davantage », dit l’un d’eux. « C’était mon premier voyage seulement ici – je reviendrai ! » s’exclame un autre.

Aviva Bar-Am est l’auteure de sept guides en anglais sur Israël.

Shmuel Bar-Am est un guide touristique agréé qui propose des visites privées et personnalisées en Israël pour les visiteurs individuels, les familles et les petits groupes.

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