Chef du Hamas : Le cessez-le-feu est « en danger », car Israël ne le respecte pas
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Chef du Hamas : Le cessez-le-feu est « en danger », car Israël ne le respecte pas

Un jour après que le porte-parole du groupe terroriste a déclaré que Jérusalem respectait un accord non officiel, Ismail Haniyeh a accusé Israël de "ne pas le respecter"

Le chef du Hamas Ismail Haniyeh visite le site d'un bâtiment détruit, dans la ville de Gaza, le 27 mars 2019. (AP Photo/Adel Hana)
Le chef du Hamas Ismail Haniyeh visite le site d'un bâtiment détruit, dans la ville de Gaza, le 27 mars 2019. (AP Photo/Adel Hana)

Le chef de l’organisation terroriste du Hamas a déclaré jeudi qu’Israël ignorait les termes d’un accord non officiel de cessez-le-feu dans la bande de Gaza.

Ismail Haniyeh a déclaré jeudi à des journalistes étrangers à Gaza que les accords, négociés par l’Égypte, le Qatar et l’ONU, étaient maintenant « en danger ».

« Israël ne permet pas la libre circulation aux points de passage frontaliers, utilise la question de la zone de pêche pour faire du chantage, retarde les projets de construction et entrave considérablement l’entrée des fonds », a déclaré Haniyeh, selon les rapports.

Il a insisté sur le fait qu’Israël ne respectait pas les clauses ni les deux millions d’habitants de Gaza, qui n’ont « pas senti » d’amélioration de leurs conditions de vie.

Ses propos ont été tenus alors, que la veille, un porte-parole du Hamas a déclaré qu’Israël respectait les termes de l’accord, après qu’Israël a autorisé une délégation du Qatar à pénétrer sur le territoire avec 15 millions de dollars en espèces afin d’aider des familles pauvres et de financer des projets d’infrastructure.

Des roquettes lancées vers Israël depuis Gaza, le 5 mai 2019. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Dans un communiqué, Hazem Qassim a déclaré mercredi que des médiateurs tiers avaient assuré au groupe qu’Israël mettrait en œuvre un « ensemble plus large » de concessions dans les jours à venir, notamment en autorisant une aide financière à Gaza, en abordant les crises de l’électricité et de l’eau dans la bande de Gaza, en établissant des programmes d’emploi et en « facilitant le passage de la frontière pour les Palestiniens ».

L’assurance donnée par Qassim qu’Israël remplissait ses prétendues obligations au titre de l’accord, dont les stipulations exactes ne sont pas claires, fait suite à un rapport publié mercredi dans le journal libanais al-Akhbar, selon lequel Jérusalem aurait empêché le transfert de fonds qatari à environ 5 000 familles dans le besoin à Gaza.

L’envoyé du Qatar à Gaza, Mohammed Al-Emadi, a nié ces informations, affirmant que le retard dans le transfert des fonds aux familles était dû à la décision du Qatar d’investir cet argent dans des projets de développement plutôt que dans une aide financière directe.

Israël ne reconnaît pas officiellement l’accord de cessez-le-feu avec le Hamas et les autres groupes terroristes de la bande de Gaza, qui a été négocié début mai après deux jours de combats intenses.

Aux termes de l’accord, le Hamas aurait accepté de mettre fin aux incidents violents le long de la barrière frontalière, de maintenir une zone tampon à 300 mètres de la frontière, de mettre fin au lancement de ballons incendiaires sur les agglomérations israéliennes et de cesser les combats nocturnes entre Gazaouis et forces de sécurité, et de faire cesser les flottilles qui tentent de percer le blocus naval de la bande de Gaza.

Un émeutier palestinien jette des pierres sur les soldats israéliens alors qu’une femme portant une tenue palestinienne traditionnelle agite un drapeau national près de la frontière avec Israël, à l’est de la ville de Gaza, le 10 mai 2019. (Photo par Said KHATIB / AFP)

En retour, Israël a accepté d’autoriser le Qatar à envoyer de l’argent à Gaza, d’étendre la zone de pêche, d’autoriser les programmes de travail des Nations unies, d’autoriser les médicaments et autres aides humanitaires dans la bande de Gaza et d’ouvrir des négociations sur les questions relatives à l’électricité, aux points de passage et aux soins médicaux.

Le Hamas a largement empêché la violence lors des manifestations frontalières, a fait marche arrière et arrêté les émeutiers qui s’approchaient trop près de la clôture de sécurité, et a arrêté les flottilles. Toutefois, le flux d’engins incendiaires et explosifs transportés par ballons n’a pas cessé depuis un mois et demi et est largement considéré par les analystes israéliens comme un outil par lequel le groupe cherche à exercer une pression sur Israël.

La compagnie nationale israélienne de l’eau, Mekorot, a commencé cette semaine à travailler à la construction d’une canalisation améliorée à destination de Gaza, qui permettra d’augmenter le débit d’eau potable dans l’enclave sous blocus, qui manque d’eau potable.

Israël construira également une nouvelle canalisation pour acheminer les eaux usées brutes qui se déversent dans la Méditerranée depuis la bande de Gaza et les traiter du côté israélien.

Une équipe d’ingénieurs du Qatar s’est également rendue dans la région pour discuter de la construction d’une autre ligne électrique dans la bande de Gaza depuis Israël.

Le travail de construction d’une quatrième canalisation qui fera entrer de l’eau potable dans le centre de Gaza depuis le secteur du conseil régional d’Eshkol, dans le sud d’Israël, juin 2019. (Capture d’écran : YouTube)

Emadi, qui assure fréquemment la liaison avec le Hamas, l’Autorité palestinienne et Israël au sujet de Gaza, est entré dimanche dans l’enclave côtière par le point de passage d’Erez, le seul passage piétonnier entre l’État juif et la bande de Gaza, disant que 100 000 familles pauvres recevraient chacune une somme de 100 dollars. Jeudi, lorsque la distribution des fonds a commencé, le nombre de bénéficiaires était tombé à 60 000, le reste de l’argent étant destiné à « l’exécution d’autres projets durables qui seront annoncés dans l’avenir », selon l’envoyé de Doha.

53 % des Palestiniens de Gaza vivent dans la pauvreté, selon un rapport des Nations unies de juin 2018. 80 % dépendent de l’aide internationale, selon l’Office de secours et de travaux des Nations unies [UNRWA], la principale organisation internationale qui fournit des services de santé, d’éducation et autres aux réfugiés palestiniens.

La semaine dernière, des terroristes palestiniens dans la bande de Gaza ont tiré deux roquettes sur le sud d’Israël. L’une d’elles a été interceptée par le système de défense antimissile Dôme de fer alors qu’elle se dirigeait vers la région d’Eshkol, au sud d’Israël. La seconde a frappé une école religieuse dans la ville de Sderot, causant des dommages à l’édifice, mais ne blessant personne.

En réponse, l’armée israélienne a mené une série de frappes aériennes contre des cibles du Hamas dans la bande de Gaza.

Israël et l’Égypte ont imposé un blocus à Gaza après que le Hamas a pris violemment le contrôle de l’enclave côtière palestinienne en 2007 en la prenant à l’Autorité palestinienne. Israël a déclaré que les restrictions sont nécessaires pour empêcher la contrebande d’armes et de matériel de guerre.

Depuis mars 2018, le Hamas mène régulièrement des manifestations de masse le long de la frontière entre Israël et Gaza, Israël l’accusant d’utiliser les manifestations souvent violentes comme couverture pour attaquer les soldats et la clôture de sécurité.

Les deux parties ont mené trois guerres au cours de la dernière décennie.

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