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Chikli traite Deborah Lipstadt de « gentille dame » et de gauchiste

Ces propos font suite à une critique de Chikli par un membre anonyme de l'administration Biden, que Chikli estime être un proche conseiller de l'envoyée US pour l'antisémitisme

L’envoyée spéciale des États-Unis pour combattre et surveiller l’antisémitisme Deborah Lipstadt (à gauche)prend la parole lors d'une conférence à Bruxelles le 20 octobre 2022. (À droite) Le député du Likud Amichai Chikli s'exprime lors de la conférence de la Fédération des autorités locales à Tel-Aviv, le 7 décembre 2022. (Crédit : US State Department/Tomer Neuberg/Flash90)
L’envoyée spéciale des États-Unis pour combattre et surveiller l’antisémitisme Deborah Lipstadt (à gauche)prend la parole lors d'une conférence à Bruxelles le 20 octobre 2022. (À droite) Le député du Likud Amichai Chikli s'exprime lors de la conférence de la Fédération des autorités locales à Tel-Aviv, le 7 décembre 2022. (Crédit : US State Department/Tomer Neuberg/Flash90)

Le ministre de la Diaspora, Amichai Chikli, s’est exprimé lors d’une interview, jeudi, sur l’envoyée américaine pour l’antisémitisme, Deborah Lipstadt, qu’il a qualifiée de « gentille dame qui s’occupe d’antisémitisme » et de gauchiste.

Chikli a tenu ces propos au moment d’évoquer l’auteur des critiques sévères qui lui ont été adressées par un membre – anonyme – de l’administration Biden, dans une interview avec la Jewish Telegraphic Agency.

« Nous parlons, pour autant que je sache, d’une gentille dame qui s’occupe d’antisémitisme », a déclaré Chikli à la chaîne publique israélienne Kan, en référence à l’envoyée spéciale américaine pour la surveillance et la lutte contre l’antisémitisme, Lipstadt.

« Cette dame est en fin de compte une gauchiste, qui n’a pas aimé que je critique George Soros », a déclaré Chikli à Kan, en référence au milliardaire juif américain qui finance nombre de projets de gauche et fait l’objet de nombreuses théories du complot de droite et antisémites.

La source en question « n’a pas apprécié que je critique J Street. C’est une bureaucrate. C’est un incident somme toute mineur », a ajouté Chikli.

Lipstadt est une historienne de renommée mondiale doublée d’une auteure : c’est également la plus grande experte de la Shoah et de l’antisémitisme.

Deborah Lipstadt, envoyée spéciale des États-Unis pour surveiller et combattre l’antisémitisme, avec le grade d’ambassadrice, prend la parole lors de son audience de nomination au Sénat, au Capitole, à Washington, le 8 février 2022. (Crédit : AP Photo/Andrew Harnik)

Dans l’interview accordée à JTA, le haut responsable anonyme de l’administration Biden, décrit comme quelqu’un qui a de nombreuses relations avec Israël, a déclaré qu’aucune communauté juive n’avait officiellement accueilli Chikli lors de sa récente visite aux États-Unis et que l’intéressé, fils d’un rabbin conservateur, « ne comprenait pas la diaspora juive américaine ».

Il a ajouté que l’administration Biden était au fait des propos passés de Chikli, très critiques envers la Gay Pride, le lobby juif de gauche J Street ou encore les Juifs réformés, et qu’ils auraient des « conséquences ».

Chikli a indiqué qu’il ne pensait pas que Lipstadt avait elle-même tenu ces propos, déclarant au Times of Israel qu’il penchait plutôt pour un « fonctionnaire proche de Lipstadt », ajoutant qu’il avait « le plus grand respect pour l’ambassadrice Lipstadt ».

Lipstadt a plus tard fait savoir au Times of Israel qu’elle n’avait pas donné cette interview, regrettant que Chikli n’ait pas tenté de la contacter.

« Suite à mon entretien avec le ministre Chikli, je n’ai parlé à aucun média ou journaliste et je n’ai fait aucun commentaire public sur lui ou notre conversation. Le ministre dispose de mes coordonnées, il aurait pu me poser la question. Je suis désolée qu’il ne l’ait pas fait », a-t-elle déclaré.

Cet incident est le dernier révélateur en date des tensions à l’œuvre entre le gouvernement conservateur de droite d’Israël et l’administration plutôt progressiste du président américain Joe Biden, que de nombreux Juifs américains soutiennent.

Chikli a confié au Times of Israel qu’il pensait que l’administration Biden lui devait des excuses en raison de cette interview.

Dans l’interview donnée à la JTA, la source anonyme avait en substance déclaré que Chikli « n’avait pas eu une seule réunion officielle avec la communauté juive américaine » lors de sa visite aux États-Unis ce mois-ci. Elle avait par ailleurs accusé Chikli d’avoir fait un doigt d’honneur à des manifestants juifs qui ne lui étaient pas favorables, ce que Chikli a nié.

« On me doit des excuses pour tous les mensonges répandus dans cette interview », a ajouté Chikli.

Membre du parti de droite du Likud dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, Chikli condamne ce qu’il estime être des démonstrations de « vulgarité », lors des défilés de la Gay Pride, à Tel Aviv, et traite le lobby juif J Street, qui se dit à la fois pro-israélien et pro-palestinien, « d’organisation hostile aux intérêts de l’État d’Israël ». Il s’agit là d’une opinion commune à droite. L’an dernier, il avait par ailleurs déclaré que les Juifs réformés « retournaient aux racines allemandes de l’antisionisme et de l’antinationalisme ».

Une photo de lui, avec le majeur levé et les doigts autour de la bouche, au moment de la parade d’Israël à New York, ce mois-ci, a été présentée, sur les réseaux sociaux et les sites d’information, comme preuve de son animosité envers les manifestants qui lui étaient défavorables.

Chikli a assuré qu’il invitait simplement ses détracteurs à sourire.

Chikli a dit jeudi au Times of Israel qu’il était « incapable de se rappeler le nombre exact » des communautés juives qu’il avait rencontrées aux États-Unis, évoquant des réunions avec les fédérations juives de New York et Toronto, des responsables de la sécurité des communautés juives et un discours lors d’un événement public à la synagogue Altneu de Manhattan.

La source de l’administration Biden citée par la JTA « ne fait que propager des fake news », a affirrmé Chikli.

« Il s’agit d’une intervention scandaleuse, d’une forme d’ingérence flagrante dans des questions qui sortent du cadre des relations bilatérales américano-israéliennes », a conclu Chikli.

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