Les engagements de Trump, entre constance, virages et interrogations
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Les engagements de Trump, entre constance, virages et interrogations

Dans un entretien retranscrit sur Twitter, le président élu insite sur sa capacité à diriger les États-Unis, malgré le flou qui entoure ses propositions

Le candidat républicain à la présidentielle Donald Trump pendant un meeting à Sarasota, en Floride, le 7 novembre 2016. (Crédit : AFP/Mandel Ngan)
Le candidat républicain à la présidentielle Donald Trump pendant un meeting à Sarasota, en Floride, le 7 novembre 2016. (Crédit : AFP/Mandel Ngan)

Du candidat populiste au président élu, Donald Trump est resté constant sur certains engagements de campagne, comme le commerce, mais a changé sur d’autres, comme le climat ou l’assurance maladie, tout en restant flou sur l’immigration et à l’international.

CONSTANCE

Commerce

Donald Trump, qui n’a cessé de fustiger pendant sa campagne les accords commerciaux internationaux, à l’origine de la délocalisation d’emplois américains selon lui, va dès son arrivée à la Maison Blanche retirer les Etats-Unis du Partenariat transpacifique (TPP), un accord commercial signé par 12 pays de la région mais pas par la Chine.

A la place, Donald Trump veut négocier des traités « bilatéraux » qui selon lui « ramèneront les emplois et l’industrie sur le sol américain ».

Infrastructures

C’est l’une des rares propositions de Donald Trump saluée par le FMI, la Banque centrale ou des démocrates : un plan d’investissement dans les infrastructures d’environ 550 milliards de dollars, susceptible de créer des milliers emplois.

Son nouveau conseiller en stratégie Stephen Bannon a estimé qu’il fallait saisir l’occasion de « taux d’intérêts négatifs » pour lancer ces grands travaux (autoroutes, aéroports, écoles).

Avortement, Armes

Donald Trump a affirmé après son élection qu’il nommerait à la Cour suprême des juges opposés à l’avortement et favorables à la libre détention d’armes à feu, dans la ligne de ses positions défendues en campagne.

« Les juges seront pro-life » (anti-avortement) et « très favorables au Deuxième amendement » de la Constitution, qui garantit aux Américains le droit de porter une arme.

VIRAGE

Climat

Le ministre des Affaires Etrangères et envoyé du président pour la COP21 Laurent Fabius (gauche) montre le marteau officiel de la conférence climatique, pendant que le président Francois Hollande le regarde, après l'adoption d'un accord historique sur le climat, le 12 décembre 2015. (Crédit photo: AFP/François Guillot)
Le ministre des Affaires Etrangères et envoyé du président pour la COP21 Laurent Fabius (gauche) montre le marteau officiel de la conférence climatique, pendant que le président Francois Hollande le regarde, après l’adoption d’un accord historique sur le climat, le 12 décembre 2015. (Crédit photo: AFP/François Guillot)

Donald Trump a adouci sa position sur le changement climatique, se disant mardi « ouvert » à l’accord de Paris, après avoir promis pendant sa campagne de revenir sur l’engagement des Etats-Unis.

Le milliardaire avait qualifié le changement climatique de « canular » inventé par les Chinois alors que le phénomène est avéré scientifiquement.

Mais Donald Trump a en même temps promis d’annuler les « restrictions tueuses d’emplois » dans la production de gaz et pétrole de schiste, ainsi que de charbon.

Santé

Le président élu, qui avait promis pendant la campagne d’abroger purement et simplement la réforme de l’assurance-maladie Obamacare, a indiqué depuis son élection qu’il envisageait d’en conserver certaines dispositions.

Poursuites contre Clinton

Le futur président a laissé entendre mardi qu’il ne poursuivrait pas son ancienne rivale Hillary Clinton dans l’affaire de son serveur privé ou de la fondation de son mari quand elle dirigeait la diplomatie américaine, contrairement à ce qu’il avait répété à l’envi durant la campagne.

Poursuivre les Clinton « diviserait énormément le pays », selon Trump.

Le candidat à la présidentielle républicain, Donald Trump, à Cleveland, Ohio, le 22 octobre 2016, et la candidate démocrate Hillary Clinton à Las Vegas, au Nevada, le 19 octobre 2016. (Crédits : AFP / Jay LaPrete, AFP / Saul Loeb)
Le candidat à la présidentielle républicain, Donald Trump, à Cleveland, Ohio, le 22 octobre 2016, et la candidate démocrate Hillary Clinton à Las Vegas, au Nevada, le 19 octobre 2016. (Crédits : AFP / Jay LaPrete, AFP / Saul Loeb)

Torture

Donald Trump a changé d’avis sur la torture, qu’il avait promis de rétablir, après en avoir parlé avec le général à la retraite James Mattis, pressenti pour diriger le Pentagone.

Trump s’est dit notamment « très impressionné » quand le militaire a affirmé qu’ « un paquet de cigarettes et deux bières » suffiraient à faire parler les suspects plutôt que la simulation de noyade.

INTERROGATIONS

Immigration

Thème phare de sa campagne, Donald Trump a promis de bâtir un mur à la frontière avec le Mexique pour empêcher l’entrée de clandestins aux Etats-Unis. Mais il est resté très discret sur ce mur depuis son élection.

Le futur président a annoncé vouloir expulser jusqu’à trois millions de clandestins délinquants ou criminels après avoir évoqué le chiffre de 11 millions pendant sa campagne. Il a nommé des pourfendeurs de l’immigration dans son équipe.

Sa première mesure sera d’ordonner une enquête sur les abus des programmes de visas.

Extrême-droite

Donald Trump a « désavoué et condamné » mardi la nébuleuse de l’extrême droite américaine, la droite alternative, qui a soutenu sa candidature.

Stephen Bannon, à droite, dans le hall de la Trump Tower à New York, le 11 novembre 2016. (Crédit : Drew Angerer/Getty Images via JTA)
Stephen Bannon, à droite, dans le hall de la Trump Tower à New York, le 11 novembre 2016. (Crédit : Drew Angerer/Getty Images via JTA)

Mais il a en même temps défendu la nomination à la Maison Blanche de Stephen Bannon comme stratège en chef. Cet ancien patron du site d’informations Breitbart News avait qualifié ce média de « plate-forme de la droite alternative », dans un entretien en juillet avec le magazine de gauche Mother Jones.

Elites

Donald Trump, très critique à l’encontre des élites et de la classe politique, va interdire aux responsables de l’administration quittant leur poste de faire du lobbying pendant cinq ans.

Mais il a nommé à ses côtés des responsables du sérail, comme le président du parti républicain Reince Priebus au secrétariat de la Maison Blanche, ou la gouverneure de Caroline du Sud Nikki Haley, ambassadrice à l’ONU.

Iran

Comme beaucoup de républicains, Donald Trump est opposé à l’Iran et il avait promis en campagne de « déchirer » l’accord international entre Téhéran et les grandes puissances qui vise à empêcher la République islamique de se doter de la bombe nucléaire.

Il ne s’est pas exprimé sur le sujet depuis son élection mais a nommé à la tête de la CIA Mike Pompeo, un parlementaire « faucon » et anti Iran. Le futur patron de la puissante agence de renseignements avait tweeté la veille de sa nomination qu’il « comptait revenir sur cet accord désastreux avec le plus grand parrain du terrorisme ».

Syrie

Donald Trump a déclaré avoir « une vue différente » sur le conflit syrien, sans jamais entrer dans les détails. Dans le Wall Street Journal, il avait expliqué qu’il fallait se concentrer davantage sur la lutte contre le groupe Etat islamique et moins sur le remplacement de Bachar al-Assad. Sinon « nous allons finir par combattre la Russie », alliée de Damas, selon lui.

Russie

C’est le grand point d’interrogation de la politique étrangère des Etats-Unis, dont les relations avec Moscou sont notoirement difficiles.

« C’est vraiment super si nous pouvons nous entendre avec non seulement la Russie mais avec aussi d’autres pays », a dit mardi Trump, qui avait loué en campagne les qualités de dirigeant de Poutine et dit espérer avoir une « très bonne relation » avec lui.

Israël

Donald Trump rêve d’être « celui qui fera la paix entre Israël et les Palestiniens ». Mais Trump avait provoqué la colère des Palestiniens pendant sa campagne en proposant de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.

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