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Herzog : le Moyen-Orient risque une catastrophe climatique, Israël est prêt à aider

Citant le Coran dans son discours à la conférence sur le climat COP27 de l'ONU en Égypte, le président s'engage à être le fer de lance d'un "écosystème régional de paix durable"

Le président Isaac Herzog s'adresse à une session plénière des dirigeants lors de la conférence sur le climat COP27 de l'ONU à Sharm el Sheikh, en Égypte, le 7 novembre 2022. (Crédit : Haim Zach/ GPO)
Le président Isaac Herzog s'adresse à une session plénière des dirigeants lors de la conférence sur le climat COP27 de l'ONU à Sharm el Sheikh, en Égypte, le 7 novembre 2022. (Crédit : Haim Zach/ GPO)

Le président Isaac Herzog s’est rendu lundi en Égypte, où il a conduit la délégation israélienne à la 27e conférence des Nations unies sur le climat COP27 qui se tient dans la station balnéaire de Charm el-Cheikh. Il a déclaré qu’il comptait partager avec les participants une vision de la coopération régionale sur les questions environnementales.

Le Moyen-Orient est au bord de la catastrophe climatique, mais Israël est prêt à mener l’effort vers la résilience climatique dans la région, a déclaré le président Isaac Herzog aux dirigeants mondiaux lors de la conférence sur le climat COP27 de l’ONU dans la station balnéaire égyptienne de Sharm el-Sheikh, lundi.

« Avec des études prévoyant des conséquences imminentes et graves pour notre région, le Moyen-Orient est au bord de la catastrophe », a-t-il déclaré dans un discours, faisant référence au fait que le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord se réchauffent deux fois plus vite que la moyenne mondiale.

« Ici, à Charm el-Cheikh, je souhaite réitérer les engagements solides de l’État d’Israël à atteindre des émissions nettes de carbone nulles et à passer des combustibles fossiles aux énergies renouvelables d’ici 2050. Mais Israël est prêt à assumer une responsabilité bien plus grande. Israël est prêt à mener l’effort vers une résilience climatique régionale. J’ai l’intention d’être le fer de lance du développement de ce que j’appelle un Moyen-Orient renouvelable – un écosystème régional de paix durable. »

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, à gauche, le président israélien Isaac Herzog, au centre, et le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres lors de la COP27 de l’ONU, le 7 novembre 2022. (Crédit : Haim Zach/GPO)

MHerzog a invité tous les participants à la conférence à visiter le tout premier pavillon d’Israël à un événement de la COP, qu’il a inauguré plus tôt lundi, et a déclaré qu’il envisageait que l’énergie solaire produite dans les déserts du Moyen-Orient soit exportée vers l’Europe, l’Asie et l’Afrique « dans un avenir prévisible ».

Le président Isaac Herzog inaugure le pavillon d’Israël à la conférence sur le climat COP27 de l’ONU à Sharm el Sheikh, en Égypte, le 7 novembre 2022. (Crédit : Haim Zach/ GPO)

« Je suis convaincu que toutes les nations du Moyen-Orient, riches en soleil et en technologie, auront la capacité de connecter le reste du monde à une magnifique source d’énergie renouvelable », a-t-il déclaré.

« Dans une région qui subit une désertification accélérée, Israël a également la capacité et le savoir-faire pour pallier les graves pénuries d’eau et offrir des solutions à l’insécurité alimentaire. Nous sommes désireux de partager toute notre expertise et nos outils pratiques. Voilà à quoi ressemble un Moyen-Orient renouvelable ».

« Cet état d’urgence exige que nous travaillions ensemble. Pas demain, mais aujourd’hui. Transformons l’urgence climatique en une opportunité de résoudre les conflits du 20e siècle, en faisant ainsi progresser les collaborations du 21e siècle dont nous avons désespérément besoin. Tirons parti des partenariats régionaux vitaux comme voie vers l’inclusion, la stabilité et la prospérité, pour former ce Moyen-Orient partagé et renouvelable », a-t-il poursuivi.

Herzog a cité un accord conclu sous l’égide des Émirats arabes unis pour que la Jordanie fournisse à Israël de l’énergie solaire et qu’Israël fournisse au Royaume hachémite de l’eau dessalée comme « l’exemple ultime d’un partenariat créatif, gagnant-gagnant-gagnant, qui contribuera à la stabilité de toute la région ».

Plus tôt dans la journée, il a discuté de cet accord, signé il y a un peu plus d’un an, avec le président des Émirats arabes unis, Mohammed bin Zayed Al Nahyan, et le ministre des affaires étrangères, Sheikh Abdullah bin Zayed Al Nahyan.

Le président Isaac Herzog rencontre le président des EAU, Mohammed bin Zayed Al Nahyan, lors de la conférence COP27 à Sharm El-Sheikh, le 7 novembre 2022. (Crédit : Haim Zach/GPO)

Il semblerait qu’un protocole d’accord actualisé sera signé lors de la conférence de la COP27.

Herzog a terminé son discours « dans l’esprit de nos hôtes de la région » en passant à l’arabe pour citer l’injonction coranique d’être « bon envers les autres, comme Allah a été bon envers nous, et de ne pas chercher à corrompre la terre ». Revenant à l’anglais, il a cité le commandement de Dieu dans la Bible de « travailler, peiner et protéger la terre. »

« Sauvons le monde que Dieu nous a donné, car nous avons tous été créés à son image », a-t-il conclu.

Herzog a été accueilli à son arrivée par le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. Il a ensuite rencontré les dirigeants du Maroc, du Tchad, de la Finlande, de la République tchèque, de la Belgique, de la République démocratique du Congo, de la Norvège et des Émirats arabes unis, a rapporté son bureau.

Il s’est entretenu le nouveau Premier ministre britannique Rishi Sunak en marge de la conférence.

Selon le bureau du président, Herzog a félicité Sunak pour son accession au poste de Premier ministre, le qualifiant de « grand ami d’Israël » et il a évoqué la relation entre Israël et le Royaume-Uni, « l’une des plus étroites » entretenues par l’État juif. Selon Herzog, les deux hommes « ont beaucoup de choses à se dire – du changement climatique au développement et à la coopération économiques, en passant par les défis sécuritaires et, bien sûr, par le maintien de la stabilité régionale ».

Sunak a remercié Herzog pour ses « paroles très chaleureuses ».

« Israël est l’un de nos plus proches amis, de nos plus proches alliés, et il y a énormément de choses sur lesquelles nous pouvons continuer à travailler ensemble, qu’il s’agisse de coopération économique, de coopération en matière de sécurité ou même du changement climatique, dont nous discutons ici. Je me réjouis donc du temps passé ensemble, » a-t-il commenté.

Herzog s’est entretenu avec le roi Abdallah II de Jordanie en marge de la conférence. Selon le bureau du président, les deux dirigeants ont discuté de la coopération trilatérale entre Israël, la Jordanie et les Émirats arabes unis sur les questions d’énergie et d’eau, ainsi que d’une initiative visant à nettoyer certaines parties du fleuve Jourdain.

Le président Isaac Herzog, à gauche, et le roi Abdallah de Jordanie lors du sommet sur le climat COP27 à Charm el-Cheikh, en Égypte, le 7 novembre 2022. (Crédit : Haim Zach/GPO)

L’année dernière, Israël, la Jordanie et les Émirats arabes unis avaient signé un accord majeur entre les trois nations pour qu’une centrale solaire soit construite en Jordanie par des entreprises des Emirats arabes unis afin que le royaume hachémite fournisse de l’énergie solaire à l’Etat hébreu, qui livrera en échange de l’eau dessalée à son voisin en grande partie désertique.

Herzog et Abdallah II ont également discuté de l’avancement des relations bilatérales en ce qui concerne les préoccupations régionales, a rapporté le bureau du président.

La ministre de l’Environnement, Tamar Zandberg, la ministre de l’Éducation, Yifat Shasha-Biton, la ministre de l’Innovation, des Sciences et de la Technologie, Orit Farkash-Hacohen, et le ministre de la Coopération régionale, Issawi Frej, ont accompagné Herzog.

Le Premier ministre Yair Lapid avait annulé sa participation à l’événement après avoir perdu les dernières élections législatives face au leader de l’opposition, Benjamin Netanyahu.

Plus de 90 chefs d’État et de gouvernement, dont le président américain Joe Biden, sont attendus pour le sommet, entre le 6 et le 18 novembre.

Herzog avait déclaré avant de partir que, dans son discours, il présenterait une vision israélienne de ce qu’il a appelé le « Moyen-Orient renouvelable », dans lequel « Israël et les États de la région coopéreront pour apporter des solutions majeures à la crise climatique ».

« Le climat est en tête des priorités de l’État d’Israël », avait-il déclaré. « Il est lié à l’avenir de nos enfants et des générations futures. Nous devons tout faire pour apporter notre contribution à la sauvegarde de l’humanité. »

Sameh Shoukry, président du sommet climatique COP27, à gauche, s’exprimant lors de la session d’ouverture, à Charm el-Cheikh, en Égypte, le 6 novembre 2022. (Crédit : AP Photo/Peter Dejong)

Herzog a qualifié la conférence d’événement « historique dans la bataille extrêmement importante que mène l’humanité pour sauver le climat de la planète Terre ».

Dans un article de blog pour le Times of Israel (en anglais), le président a développé sa vision de la coopération régionale sur le climat.

Des entretiens avec le président colombien Gustavo Petro et avec le vice-président de Microsoft, Brad Smith, sont également prévus.

Herzog doit également assister à une réception organisée par al-Sissi et le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, pour les participants de la COP27, selon le communiqué.

Bien que le président ait déclaré, lors de son départ d’Israël, que les questions climatiques étaient une priorité absolue, la délégation arrive sans la promesse qui avait été faite, l’année dernière, par l’ancien-Premier ministre Naftali Bennett, qui s’était engagé en faveur d’un objectif zéro émission de gaz à effet de serre pour Israël à l’horizon 2050.

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