Coronavirus : Les dernières régulations entrent ce dimanche en vigueur en Israël
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Crise du coronavirus

Coronavirus : Les dernières régulations entrent ce dimanche en vigueur en Israël

Selon un responsable de la Santé, des résultats seront visibles dès dix jours de confinement ; Tensions entre le ministère de la Santé et le ministère de la Défense

Un homme portant un masque facial par crainte du coronavirus à proximité de la porte de Jaffa, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 21 mars 2020 (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)
Un homme portant un masque facial par crainte du coronavirus à proximité de la porte de Jaffa, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 21 mars 2020 (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)

De nouvelles règles strictes interdisant à la majorité des Israéliens de quitter leur domicile – une initiative prise pour tenter de prévenir la propagation de l’épidémie de coronavirus – sont entrées en vigueur dimanche matin. Un haut-responsable a déclaré qu’il faudrait au moins une semaine avant que les nouvelles mesures aient un impact.

Pour leur part, les autorités ont prédit dimanche une importante augmentation du nombre de cas – alors même que les tests effectués sur la population se renforcent et dans un contexte d’accusations échangées entre les ministères de la Santé et de la Défense sur la gestion de la crise et sur le nombre de tests à réellement effectuer.

Les ministres, samedi soir, ont une dernière fois révisé les mesures d’urgence, qui sont entrées en vigueur dimanche à huit heures du matin et qui devront dans un premier temps être appliquées au cours des sept prochains jours. Elles visent à maintenir autant que possible chez eux les Israéliens à leur domicile.

Le chef du service chargé du traitement du coronavirus a fait savoir dimanche que si la population se soumettait aux directives et qu’elle acceptait de rester chez elle, l’Etat juif constaterait les premiers résultats de ce confinement dans approximativement dix jours.

« L’auto-isolement est très utile et nous en verrons les résultats dans environ une dizaine de jours. Et avec un peu de chance, ces auto-isolements permettront de réduire la courbe de manière significative », a fait savoir le docteur Boaz Lev à la chaîne publique Kan, se référant au protocole qui s’efforce de prévenir une recrudescence du nombre de personnes dont l’état pourrait nécessiter une hospitalisation.

Il y avait, dimanche matin, 945 personnes atteintes par le coronavirus en Israël. Selon le ministère de la Santé, 20 personnes se trouvent dans un état grave, deux jours après le tout premier décès d’un Israélien du COVID-19 dans le cadre de cette pandémie mondiale.

Le ministère a également expliqué que 24 personnes étaient dans un état modéré. Les malades restants, pour leur part, ne ressentent que de légers symptômes.

Selon les nouvelles directives que le ministère a promis de faire appliquer, les Israéliens doivent rester chez eux, exception faite des sorties pour les courses alimentaires de première nécessité et pour les éventuels traitements médicaux.

Ils ont aussi le droit de quitter leur domicile pour l’aide aux personnes âgées ou malades, pour aller donner leur sang, pour assister à des audiences judiciaires et effectuer des démarches auprès des services sociaux. Les citoyens ont également l’autorisation de se rendre aux services religieux, notamment aux mariages et aux funérailles (qui doivent regrouper un maximum de dix personnes) ou d’aller au bain rituel (mikvé) et, pour les députés, d’aller à la Knesset.

Les Israéliens peuvent également aller faire de l’exercice physique à l’extérieur – à deux au maximum – et faire de courtes promenades aux abords de leur domicile.

Le nombre de personnes autorisées à monter dans une voiture a été limité à deux au maximum – sauf pour les familles. Cette limitation ne concerne pas les déplacements considérés comme « essentiels », ni le covoiturage des employés considérés comme indispensables pour la bonne marche du pays vers et depuis leur lieu de travail ainsi qu’aux services de livraison.

Un Israélien portant un masque par crainte du coronavirus au marché Mahane Yehuda de Jérusalem, le 20 mars 2020 (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Les pénalités appliquées aux contrevenants n’ont pas été spécifiées. Selon la Treizième chaîne, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a exprimé son soutien à un système d’amendes sanctionnant les citoyens violant les règles, mais le procureur-général Avichai Mandelblit a averti qu’une telle démarche serait « très problématique ».

Samedi, pendant toute la journée, le ministère de la Santé a vivement recommandé au public de rester chez lui malgré la chaleur dehors. De multiples informations ont fait état d’un grand nombre de citoyens sortis pour profiter de la météo clémente, bafouant les directives.

Des vidéos ont montré les policiers disperser les promeneurs dans des endroits publics qui ont été pris d’assaut par les flâneurs, comme le parc Yarkon et la promenade de Tel Aviv.

Les Israéliens à la plage de Tel Aviv, le 21 mars 2020 (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Un responsable de la police a fait savoir au site Walla que les agents allaient commencer à renforcer les mesures prises à l’encontre des contrevenants. Dans les jours à venir, « il y aura davantage de policiers dans les rues qui sanctionneront les personnes et les entreprises qui violent les directives », a indiqué le responsable.

Le directeur-général adjoint du ministère de la Santé, Itamar Grotto, a pour sa part déclaré samedi devant les caméras de la Douzième chaîne que « les gens vont être placés en confinement pour une période prolongée. Il ne s’agira pas d’une journée ou deux. Nous parlons d’au moins deux semaines dans une première phase et cela pourrait signifier plusieurs mois dans un second temps ».

Il a ajouté que les infections dans tout le pays pourraient atteindre les
30 % à 60 %, « avec la vaste majorité des malades dans l’ignorance de leur pathologie ».

Israël a confirmé le premier décès d’un malade atteint du COVID-19 pendant le week-end. Aryeh Even, 88 ans, se trouvait dans une maison de retraite de Jérusalem et il avait survécu à la Shoah. Le centre médical Shaare Zedek de Jérusalem l’avait pris en charge dans un état très grave, avec de nombreux facteurs de comorbidité. Malgré un traitement intensif, avec notamment des efforts de réanimation entrepris après une défaillance cardiaque, son état s’était détérioré rapidement, entraînant sa mort, a rapporté l’hôpital.

Aryeh Even, première victime israélienne du Coronavirus (Crédit : autorisation)

Un responsable, dont l’identité n’a pas été transmise, a estimé que c’était « un scandale » de voir les laboratoires travailler à un rythme moindre pendant le week-end dans ce contexte d’état d’urgence sans précédent.

Le chef de l’Association des biochimistes, microbiologistes et employés de laboratoire israéliens a accusé vendredi le ministère de la Santé de ne pas avoir donné la permission aux laboratoires médicaux de tout le pays de fonctionner pleinement pendant le Shabbat, limitant de ce fait le nombre de tests réalisés.

Cette accusation a été rejetée par le ministère de la Santé, qui a clamé que les laboratoires travaillaient 24 heures sur 24 et sept jours sur sept.

Les employés du Magen David Adom collectent des échantillons de tests au coronavirus à Tel Aviv, le 20 mars 2020 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Le ministère de la Santé a fait savoir qu’il était passé de 500 à 700 tests quotidiens à environ 2 200 par jour. Les responsables ont annoncé que le nombre de tests augmenterait à 3 000 par jour d’ici ce dimanche, et à 5000 par jours la semaine suivante.

Des officiels du ministère ont déclaré dimanche à la chaîne Kan, sous couvert d’anonymat, que le ministère de la Défense s’efforçait de prendre le contrôle des initiatives prises par le pays pour juguler la pandémie.

Ils ont affirmé que le ministre de la Défense, Naftali Bennett, profitait de la crise pour tenter de renforcer son image publique en gagnant la sympathie à des fins purement politiques.

Il est vrai que l’armée israélienne a assumé un rôle de haut-niveau ces dernières semaines en exploitant ce qui a été surnommé « les hôtels du coronavirus » – ces lieux où des malades affichant des symptômes modérés ont été isolés dans le cadre d’un effort visant à soulager le fardeau des hôpitaux, qui doivent faire face à un nombre croissant de malades atteints par le COVID-19.

Dans le cadre de cette opération nommée « Rayon de lumière », les militaires israéliens ont fait savoir, jeudi, qu’ils passaient à un état d’alerte plus élevé – généralement réservé à la préparation contre une attaque ennemie.

Le passage à ce niveau d’alerte, a précisé Tsahal, n’a pas été décidé en raison d’une menace extérieure mais bien à cause de la pandémie.

Le ministre de la Défense Naftali Bennett inspecte le Dan Hotel transformé en structure d’isolement pour les porteurs du coronavirus à Tel Aviv, le 16 mars 2020 (Crédit : Compte Twitter de Naftali Bennett)

Le ministère de la Défense a répondu à l’attaque des responsables en disant que « depuis un certain nombre de semaines, le ministre de la Défense, Naftali Bennett, a exercé des pressions afin de faire passer le nombre de tests quotidiens à 30 000 afin de permettre d’identifier les malades atteints du coronavirus, de les extraire de la communauté et de les transférer dans des hôtels pour interrompre la chaîne d’infection. Un taux quotidien de 2 000 à 3 000 tests n’est pas satisfaisant et il n’entraînera qu’une infection massive et continue de la population. »

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