Coupe de budgets, 300 postes supprimés pour financer 6 nouveaux ministères
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Coupe de budgets, 300 postes supprimés pour financer 6 nouveaux ministères

Les ministres ont approuvé la réduction de 1,5 % du budget de tous les ministères et commissions ministérielles, et appuie le plan pour l'emploi du ministère des Finances

(De gauche à droite) Le ministre de la Défense Benny Gantz, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le secrétaire de cabinet Tzachi Braverman lors d'une réunion de cabinet au ministère des Affaires étrangères, le 31 mai 2020. (Haim Zach/PMO)
(De gauche à droite) Le ministre de la Défense Benny Gantz, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le secrétaire de cabinet Tzachi Braverman lors d'une réunion de cabinet au ministère des Affaires étrangères, le 31 mai 2020. (Haim Zach/PMO)

Le cabinet a approuvé dimanche des coupes de grande envergure qui réduiront les budgets de la plupart des ministères afin de financer la création de six nouveaux portefeuilles ministériels, dont le bureau du « Premier ministre d’alternance », dans une série de décisions controversées.

Un accord de coalition conclu entre Benjamin Netanyahu du Likud et Benny Gantz de Kakhol lavan a mis fin à plus d’un an d’impasse politique lorsque le gouvernement le plus riche en ministres de l’histoire d’Israël a prêté serment au début du mois. De nouveaux postes ministériels ont été créés pour accueillir les 33 ministres prévus par l’accord, qui représentent plus d’un quart des 120 députés de la Knesset.

Le coût des frais généraux du nouveau gouvernement a été estimé à un milliard de shekels (250 millions d’euros) sur une période de trois ans. De nombreux détracteurs ont dénoncé un gouvernement trop important et coûteux à un moment où l’économie est ravagée par la pandémie de Covid-19.

Parmi les nouveaux bureaux créés dimanche, on trouve celui du Premier ministre d’alternance, qui sera occupé par le ministre de la Défense Gantz pendant 18 mois puis transféré à Netanyahu dans le cadre d’un accord de partage du pouvoir destiné à lui permettre de conserver le titre de Premier ministre même après avoir quitté le poste. Contrairement aux autres ministres, un chef de gouvernement peut rester à son poste même après avoir été pénalement inculpé.

Les autres bureaux sont les ministères de l’Enseignement supérieur et des Ressources en eau de Zeev Elkin, celui de l’Autonomisation et de la Promotion des communautés d’Orly Levy-Abekasis, le cyber ministère de David Amsalem et celui des Affaires des Implantations de Tzipi Hotovely et Tzachi Hanegbi.

Le bureau du Premier ministre d’alternance ayant été approuvé, M. Netanyahu a démenti dimanche les informations selon lesquelles le Premier ministre d’alternance se verrait également accorder une résidence de fonction. « Ce n’est pas vrai. Cela n’a pas été soulevé et cela ne le sera pas », a-t-il assuré.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et le chef du parti Kakhol lavan, Benny Gantz, à la Knesset, le 17 mai 2020, après la prestation de serment du nouveau gouvernement. (Alex Kolomoisky/POOL)

Afin de créer les nouveaux postes, les ministres ont approuvé une décision gouvernementale qui prévoit une réduction de 1,5 % des budgets de tous les bureaux gouvernementaux, en particulier au niveau du personnel de direction. Cette décision entraînera la suppression de 300 postes, ce qui permettra de libérer quelque 100 millions de shekels (25 millions d’euros).

Le ministre des Affaires étrangères, Gabi Ashkenazi, s’est opposé aux coupes budgétaires du service diplomatique, à la suite de quoi elles ont été atténuées, passant de 11,5 millions de shekels (2,87 millions d’euros) à 4,8 millions shekels (1,2 million d’euros), selon le site d’information Walla.

Le nouveau ministre des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi, (à droite), avec son prédécesseur, le nouveau ministre des Finances Israel Katz, au ministère des Affaires étrangères à Jérusalem, le 18 mai 2020. (Ministère des Affaires étrangères)

Sur les 22 points à l’ordre du jour, le cabinet s’est également prononcé sur le recrutement des membres de la commission ministérielle chargée de la législation, dirigée par Avi Nissenkorn, de Kakhol lavan, et d’autres commissions ministérielles ; sur la nomination des directeurs généraux des ministères de la Défense et de l’Économie ; et sur le feu vert donné au programme du nouveau ministre des Finances, Israel Katz, visant à stimuler l’emploi dans le contexte de la pandémie.

Dans un discours prononcé samedi soir, M. Katz a présenté son nouveau plan destiné à encourager les employeurs à reprendre les employés placés en congé sans solde au plus fort de l’épidémie en mars. Pour chaque salarié réintégré, les entreprises recevront une subvention de 7 500 shekels (1 875 euros) à partir du 1er juin, selon le plan. Une subvention supplémentaire de quelque 3 500 shekels (875 euros) sera versée pour les employés rappelés en mai. Selon M. Katz, quelque 500 millions de shekels (125 millions d’euros) ont été alloués aux entreprises qui remettent leurs employés au travail.

Le ministre de l’Économie Amir Peretz s’est opposé à la proposition du ministère des Finances lors de la réunion, arguant qu’elle récompense les employeurs ayant licencié tout en nuisant à ceux ayant conservé et continué de rémunérer leurs salariés même à perte, selon le quotidien économique Globes.

Israel Katz a rétorqué : « Il y a un Premier ministre d’alternance. Il n’y a pas de ministre des Finances d’alternance. Je suis le ministre des Finances et je dirigerai la mise en œuvre des décisions du gouvernement, que j’ai proposées et qui ont été acceptées par une majorité écrasante », a rapporté le site d’information Ynet.

Le ministre de l’Economie Amir Peretz lors de la cérémonie de sa prise de fonction à Jérusalem, le 18 mai 2020 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La réunion de cabinet de dimanche a également vu le ministre du Logement Yaakov Litzman et celui de l’Intérieur Aryeh Deri recevoir des pouvoirs de construction et de planification qui relevaient auparavant du ressort des Finances, tandis que le ministre de la Santé s’est vu accorder des compétences supplémentaires pour lutter contre le coronavirus.

La réunion de dimanche s’est tenue dans l’auditorium du ministère des Affaires étrangères, car les salles de réunion habituelles du cabinet n’étaient pas assez grandes pour accueillir tous les ministres tout en maintenant une distanciation physique, selon des informations.

Le président de l’opposition Yair Lapid a publié une déclaration fustigeant le gouvernement après l’approbation par les ministres du financement des nouveaux bureaux créés par l’accord de coalition Gantz-Netanyahu.

« Le gouvernement s’est attribué un demi-milliard de shekels aujourd’hui. Pas pour les travailleurs indépendants, pas pour les chômeurs, pas pour les petites entreprises, mais pour lui-même », a dénoncé M. Lapid.

Le chef de l’opposition Yair Lapid à la Knesset lors de la présentation du 35e gouvernement d’Israël, le 17 mai 2020. (Knesset/Adina Veldman)

« Pour les bureaux redondants comme le ministère des Ressources en eau, l’inexistant ministère de l’Autonomisation et de la Promotion des communautés et pour les vice-ministres dont personne n’a besoin. Députés déconnectés, nous en avons assez de vous ».

Par ailleurs, mercredi dernier, un projet de loi – dite norvégienne – permettant aux ministres d’abandonner leur poste de parlementaire afin de permettre à un autre membre de leur parti de prendre leur place au Parlement a été adopté en lecture préliminaire en plénière à la Knesset. Trois votes supplémentaires sont encore nécessaires pour qu’il devienne législation.

L’opposition a fustigé la proposition, que la coalition s’est empressée d’adopter, la qualifiant de moyen d’accorder à plus de gens des petits boulots aux frais des contribuables.

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