Le gouvernement pourrait coûter la somme exorbitante d’un milliard de shekels
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Le gouvernement pourrait coûter la somme exorbitante d’un milliard de shekels

Les contribuables israéliens paieront quelque 674 millions de shekels rien que pour les bureaux, voitures et le personnel des 36 ministres et 16 vice-ministres du 35e gouvernement

La réunion hebdomadaire du cabinet au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 29 décembre 2019. (Marc Israel Sellem)
La réunion hebdomadaire du cabinet au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 29 décembre 2019. (Marc Israel Sellem)

Le prochain gouvernement d’unité israélienne sera le plus grand et le plus cher de l’histoire du pays.

Le coût des frais généraux du nouveau gouvernement pourrait s’élever à un milliard de shekels, alors que le chômage dépasse les 26 % et que des centaines de milliers de petites entreprises risquent la faillite.

Le gouvernement doit démarrer avec 32 ministres, mais passera à 36 dans six mois, selon l’accord de coalition signé lundi entre Benjamin Netanyahu et Benny Gantz.

Chacun des 36 ministres disposera d’un bureau doté d’un personnel complet, d’un véhicule blindé et d’un chauffeur, ce qui coûtera au contribuable quelque 5 millions de shekels (1,25 million d’euros) par ministre et par an – soit 180 millions de shekels (45 millions d’euros) au total.

Le Premier ministre en réunion du cabinet en vidéoconférence, en pleine pandémie de coronavirus, le 15 mars 2020. (Crédit : Haim Zach/GPO)

Sur les 36 mois de la durée de vie du gouvernement, comme détaillé dans l’accord, le coût total des seules nominations ministérielles atteindra 530 millions de shekels (132,5 millions d’euros), après déduction de 10 millions de shekels pour les six premiers mois où le gouvernement ne comptera que 32 ministres.

Nombre de ces ministres dirigeront de petites subdivisions d’agences gouvernementales séparées d’autres ministères pour justifier leur titre.

Le ministère du Travail et des Affaires sociales sera scindé en deux, tout comme le ministère de la Culture et des Sports.

Les petits portefeuilles, une fois regroupés avec les grands ministères, seront séparés. Par exemple, dans le 34e gouvernement sortant, le ministère des Affaires de Jérusalem et du Patrimoine, qui supervise les investissements du gouvernement central dans la capitale et dans les sites et musées officiels du patrimoine du pays, était dirigé par un ministre déjà en poste, le ministre de la Protection de l’environnement du Likud, Zeev Elkin. Trois ministres, chacun avec son propre personnel, son bureau et son véhicule, devraient être affectés à ces mêmes fonctions au sein du nouveau gouvernement.

16 postes de vice-ministres supplémentaires – également un nombre sans précédent – le bureau, la voiture et le chauffeur de chaque sous-ministre coûtant quelque 3 millions de shekels par an (750 000 euros), soit 144 millions de shekels (36 millions d’euros) ajoutés au coût global du 35e gouvernement, et portant les frais généraux administratifs du nouveau gouvernement à 674 millions de shekels (168,5 millions d’euros).

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (au centre) aux côtés du ministre des Affaires étrangères Israel Katz (à gauche) et du secrétaire de cabinet Tzachi Braverman lors d’une réunion du cabinet à Jérusalem, le 13 novembre 2019. (Crédit : RONEN ZVULUN / POOL / AFP)

L’accord de coalition permet aux parties d’activer une nouvelle « loi norvégienne », qui devrait être adoptée dans les semaines à venir, et qui permettrait de nommer des dizaines de députés à la Knesset pour remplacer ceux nommés au gouvernement, ainsi que les nouveaux conseillers de chaque député, le chauffeur, les bureaux, l’allocation de logement et la voiture fournie par la Knesset. Si quelque 30 nouveaux députés sont ajoutés à la liste par la loi, le coût total pourrait s’élever à plus de 40 millions de shekels (10 millions d’euros) par an, soit plus de 120 millions de shekels (30 millions d’euros) pour le coût global du gouvernement, ce qui porterait le coût global du nouveau gouvernement à plus de 800 millions de shekels (200 millions d’euros).

De nombreuses dépenses supplémentaires ne sont pas encore connues, comme le coût des mesures de sécurité dont chaque ministre aura besoin, y compris les gardes du corps et les postes de garde à leur domicile. Aucun chiffre précis n’est disponible pour les dépenses de sécurité, car les détails de chaque ministre sont financés séparément par le budget de leur ministère.

L’accord de coalition stipule également que Netanyahu et Gantz auront tous deux la « qualité » de Premier ministre, y compris pendant la période où l’autre occupe le poste de Premier ministre. Cela comprend tous les avantages accordés à un Premier ministre : une résidence officielle fournie par l’État, des dispositions spéciales en matière de sécurité et de voyage, etc.

On ignore encore si une nouvelle résidence sera construite ou achetée pour le Premier ministre « suppléant », ou si cet article de l’accord de coalition sera réduit à une allocation de logement. Un tollé public concernant l’allocation de logement a conduit Netanyahu et Gantz à insister la semaine dernière sur le fait qu’ils ne vivront pas dans une nouvelle résidence officielle pendant leur période de suppléance.

Le budget de la sécurité et les coûts de la nouvelle résidence, ainsi que le personnel et les services fournis au Premier ministre « suppléant », pourraient ensemble faire passer le total des frais généraux du gouvernement à un colossal milliard de shekels.

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