Course à Jérusalem : Les soldates tenues de courir en pantalon, pas les hommes
Affirmant qu'il n'y a "aucune différence entre les soldats et les soldates en matière de code vestimentaire", Tsahal déclare que si discrimination il y a eu, l’affaire fera l’objet d’une enquête

Les soldates qui ont participé à la course de cinq kilomètres dans le cadre du marathon de Jérusalem ont reçu l’ordre de porter un pantalon long, contrairement à leurs homologues masculins, a rapporté dimanche la chaîne N12.
La course s’est déroulée dans le cadre du marathon de Jérusalem. Compte tenu des prévisions de canicule et de pollution atmosphérique, les organisateurs ont décidé que les épreuves de la journée ne comprendraient pas de marathon complet.
« Elles n’ont même pas songé à s’indigner ou à se plaindre d’être obligées de courir en tenue longue », a déclaré à la chaîne N12 la mère de l’une des soldates.
« Malheureusement, dans la réalité actuelle, il est considéré comme acquis que leurs droits diffèrent de ceux des soldats, soi-disant pour des raisons de pudeur », a-t-elle ajouté.
Selon le journal Haaretz, l’armée israélienne a affirmé qu’il n’y avait « aucune différence entre les soldats et les soldates en matière de code vestimentaire » et que, si « une quelconque discrimination avait été commise lors de l’application des procédures, l’affaire ferait l’objet d’une enquête ».
Cet incident survient dans un contexte de critiques renouvelées concernant la coercition religieuse au sein des forces armées.
La semaine dernière, Tsahal a passé en cour martiale des soldates et leur a retiré un tiers de leur salaire pour avoir porté des vêtements jugés « trop décolletés » à leur retour à la base, à l’occasion de leur démobilisation.
De manière générale, les soldats ont l’habitude de se présenter sur leur base en civil le jour de leur démobilisation. Ils y prennent souvent des photos pour immortaliser le moment où ils découpent leur carte d’identité militaire après avoir rendu leur équipement et rempli les formalités administratives nécessaires.
La semaine dernière également, quatre secouristes de la police des frontières ont été placés en détention après avoir été accusés « d’avoir porté atteinte à la religion et au judaïsme » en organisant un barbecue dans une partie déserte d’une base pendant Shabbat.
Leur placement en détention a provoqué un tollé.
À cela s’ajoute le fait que Tsahal encourage l’élargissement des structures séparées par sexe afin de promouvoir l’accueil des soldats ultra-orthodoxes, et qu’une récente campagne lancée par les conservateurs appelle à exclure purement et simplement les femmes de l’armée.
Au début du mois, Tsahal a retiré de la Haggadah du rabbinat militaire une vidéo d’une chanson originale de Pessah qui, selon les critiques, reléguait les femmes à la maison et négligeait leurs contributions au sein de l’armée.
Cette polémique autour de la chanson de Pessah avait éclaté quelques jours après des critiques au sein du Shin Bet concernant une lettre adressée par l’épouse du chef de l’agence de sécurité, David Zini, aux « épouses du personnel de sécurité », lettre considérée comme renforçant les stéréotypes de genre.
Selon les chiffres de Tsahal, le nombre de femmes occupant des postes de combat, y compris issues de la communauté nationaliste-religieuse, a grimpé à plus de 20 % des effectifs de combat israéliens au cours de la dernière décennie.







