Covid-19: 2 000 Israéliennes en Sherout Leoumi à l’étranger de retour en Israël
Rechercher

Covid-19: 2 000 Israéliennes en Sherout Leoumi à l’étranger de retour en Israël

Au lieu de servir dans l'armée, des jeunes filles effectuent un service civique, notamment dans des écoles juives à l'étranger ; des mesures sont prises pour assurer leur sécurité

Des personnes portant un masque facial arrivent à l'aéroport international Ben Gurion, le 11 mars 2020. (Flash90)
Des personnes portant un masque facial arrivent à l'aéroport international Ben Gurion, le 11 mars 2020. (Flash90)

NEW YORK (JTA) — Les festivités de Pourim à l’Hebrew Day School d’Oakland mardi, ont été assombries par un élément un peu moins réjouissant : les adieux à deux jeunes filles israéliennes dont la mission, dans cette école juive de Californie, tourne court, face à la pandémie mondiale de coronavirus.

Elles travaillaient dans l’école dans le cadre de leur service national (sherout léoumi), une alternative au service militaire israélien pour laquelle optent de nombreuses jeunes filles orthodoxes.

Elles ont reçu l’ordre de revenir en Israël dans les plus brefs délais, tout comme les 2 000 autres participantes du programme géré par l’Autorité israélienne du service civique national. Leur départ était prévu pour mercredi, et l’on ignore si elles pourront reprendre du service.

« C’était très émouvant parce que ces pauvres filles ont 19 ans, et viennent ici, et passent une année de service pleine de sens », a raconté Tania Schweig, la directrice de l’école, à la Jewish Telegraphic Agency. « Et elles ont forgé des relations avec les élèves. »

Dans une lettre adressée aux communautés membres du programme, le directeur administratif, Reuven Pinsky, a déclaré que cette décision avait été prise « le coeur lourd ». L’agence n’a autorisé que les jeunes filles en poste en Australie et à Singapour à poursuivre leur mission, jugeant que le risque de contracter le coronavirus en voyageant était plus important que celui auquel elles sont exposées en restant sur place.

« C’est impératif, et il est de notre devoir de garantir leur sécurité », a écrit Pinksy. « Nous faisons part de notre sympathie et de notre solidarité et souhaitons à tous les Juifs du monde, en Israël et ailleurs, une bonne santé. Puissions-nous revenir travailler très prochainement sur le lien entre les Juifs de l’Etat d’Israël et les Juifs de la diaspora. »

Photo d’illustration : Des Juives religieuses font leur service national à la maternité d’un hôpital de Jérusalem, le 28 octobre 2010 (Crédit :Abir Sultan/FLASH90)

Ce rappel survient alors que le gouvernement israélien a renforcé les mesures visant à endiguer la propagation du coronavirus. Lundi, le pays a annoncé que quiconque entrait dans le pays depuis l’étranger devait se mettre en auto-quarantaine pendant 14 jours, à leur domicile ou dans des hôtels, pour les visiteurs venus de l’étranger.

A ce jour, 40 000 Israéliens sont en confinement, et ce nombre va évoluer à mesure que les Israéliens reviennent. Le ministère de la Santé a annoncé mardi que près de 250 000 Israéliens sont entrés dans le pays ces deux dernières semaines.

Mais tous les Israéliens expatriés ne se précipitent pas pour rentrer. Un autre groupe, qui place des jeunes israéliens dans les communautés juives du monde a adopté une approche différente, rappelant les émissaires qui travaillent dans les endroits très touchés, mais encourageant la plupart d’entre eux à rester où ils se trouvent.

Près de deux milliers d’Israéliens servent à l’étranger par le biais de l’Agence juive, dont des jeunes qui prennent une année sabbatique après le lycée et avant d’entamer leur service militaire. Ils sont placés dans des synagogues, des écoles et des centres Hillel dans les universités du monde entier, dont près de 400 aux Etats-Unis.

Cette semaine, sept jeunes adultes qui travaillent dans le comté de Westchester, dans la banlieue de New York, sont revenus dans l’Etat juif, selon des responsables de l’agence, notamment en raison de la fermeture des écoles, qui rend leur mission caduque. Certains émissaires dans des régions très touchées de l’Italie ont également quitté leurs postes.

Des médias portant un masque de protection devant la synagogue Young Israel of New Rochelle, à New York, le 10 mars 2020, au centre d’une épidémie dans le comté de Westchester (Crédit : TIMOTHY A. CLARY / AFP)

Cependant, l’écrasante majorité d’entre eux prévoient de rester sur place, et certains ont mis au point des activités en ligne, conformément aux régulations des autorités sanitaires locales, qui déconseillent ou interdisent les rassemblements physiques. Les émissaires de l’Agence juive ont reçu ordre de ne pas quitter les pays dans lesquels ils travaillent.

Mardi soir, le président de l’Agence juive Isaac Herzog a rencontré, par vidéo-conférence, des centaines d’émissaires, pour leur manifester son soutien et répondre à leurs questions.

« L’Agence juive est décidée à maintenir ses activités dans les communautés juives, dans la mesure du possible », a déclaré Hadass Tesher, la porte-parole, dans un communiqué.

Guy Nachum, 19 ans, est un délégué de l’Agence Juive à St Louis depuis 6 mois, où il enseigne. Nachum affirme avoir reçu des instructions  pour se protéger du virus, notamment en évitant les foules et les déplacements non-nécessaires. Mais il n’a pas l’intention de revenir en Israël avant la fin de sa mission, dans six mois.

« Je ne veux pas rentrer », affirme Nachum. « J’ai commencé une mission ici. Que ce soit pour le coronavirus ou autre, je veux rester ici et mener ma mission à bien. »

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...