COVID-19 : Un nouveau confinement national approuvé par les ministres
Rechercher

COVID-19 : Un nouveau confinement national approuvé par les ministres

Le nouveau confinement de 14 jours dans le pays démarrera la semaine prochaine et visera à atténuer la courbe des décès et des infections, avec 3 différents niveaux d'application

Des élèves ultra-orthodoxes dans leur école dans la ville de Rehovot, le 10 septembre 2020 (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)
Des élèves ultra-orthodoxes dans leur école dans la ville de Rehovot, le 10 septembre 2020 (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)

Les ministres israéliens ont voté jeudi soir en faveur d’un nouveau confinement national qui sera imposé dès la semaine prochaine alors que le pays a enregistré un nouveau pic de contaminations et de décès des suites du coronavirus dans la journée de jeudi.

Des informations parues dans les médias du pays ont indiqué que cette nouvelle fermeture, soutenue par les ministres appartenant au cabinet dit « du coronavirus », démarrera au milieu de la semaine prochaine et durera deux semaines. Après cette période, ont-ils noté, les écoles resteront pour leur part fermées pendant encore deux semaines.

Toutefois, les spécificités de ce confinement doivent encore être finalisées et un vote à ce sujet se tiendra probablement lors d’une réunion de cabinet dimanche.

Selon le ministère de la Santé, 20 personnes ont succombé au COVID-19 dans la journée de jeudi, entre 10 heures et 18 heures – ce qui élève le bilan total des décès des suites de la maladie dans le pays à 1 077 et souligne les inquiétudes portant sur une éventuelle surcharge des hôpitaux face aux cas graves de coronavirus. Aucun décès supplémentaire n’a été enregistré pendant la nuit.

Il y a eu 22 morts mercredi, la veille de cette annonce – le nombre-record de décès enregistrés en l’espace de 24 heures était auparavant de 21.

Des personnels du Magen David Adom vêtus d’habits de protection aux abords de l’unité du coronavirus de l’hôpital Shaare Zedek de Jérusalem, le 6 septembre 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Plus de 4 000 nouvelles infections ont aussi été enregistrées pour la première fois. Les chiffres ont montré que 4 038 cas de COVID-19 avaient été répertoriés dans le pays jeudi.

Au total, il y a eu 146 542 cas de coronavirus en Israël depuis le début de la pandémie et 111 539 ont guéri. Il y avait 33 980 cas actifs jeudi soir.

Le nombre de malades dans un état grave connaît un nouveau record – 489 – et 134 personnes sont actuellement placées sous respirateur. 180 personnes sont dans un état modéré. Les autres ne présentent que des formes mineures ou asymptomatiques du coronavirus.

Les taux de dépistage restent élevés : 47 000 tests ont été effectués jeudi, avec un taux de positivité des résultats de 8,8 %.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (deuxième à gauche) avec le directeur-général de la Santé de l’époque Moshe Bar Siman-Tov, à gauche, le professeur Ronni Gamzu, au centre-droit, et Osnat Luksemburg, à droite, lors d’une conférence de presse au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 29 décembre 2017. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Ces chiffres ont été publiés alors que la réunion du cabinet dit « du coronavirus » se terminait, où la mise en œuvre du nouveau plan de confinement en trois phases d’application a été décidée.

Les trois phases

La première phase des restrictions sera la plus sévère, mais les règles pourront être assouplies en fonction de la baisse du taux de morbidité.

Sous les dispositions prévues par le plan, les personnes seront tout d’abord confinées et contraintes de rester dans un périmètre de 500 mètres aux abords de leurs domiciles. Toutes les écoles (à l’exception des établissements recevant des élèves aux besoins particuliers) et les entreprises considérées comme non-essentielles seront fermées. Supermarchés et pharmacies resteront ainsi ouverts.

Les restaurants, pour leur part, devront se limiter à la vente en livraison.

Certaines prières publiques pourront être autorisées sous des conditions qui restent à déterminer. Les activités liées au tourisme, aux loisirs et aux divertissements seront interdites.

Dans un deuxième temps, certains employés pourront retourner au travail et seuls les déplacements entre les villes seront interdits. Les réunions seront restreintes dans tout le pays conformément au « niveau rouge » qui a été mis en place par le professeur Ronni Gamzu, responsable de la réponse gouvernementale à la pandémie en Israël.

Les centres commerciaux ne seront eux aussi pas autorisés à ouvrir leurs portes. Les entreprises ne pourront pas recevoir de clients dans leurs bureaux.

Le secteur public fonctionnera sous un « format d’urgence ». Les entreprises privées, bureaux et usines, ne pourront accueillir que 30 % à 50 % de leur personnel et les employés seront appelés à reprendre le télétravail.

Lors de la troisième étape, l’Etat juif reviendra à son plan de « signalisation » – se distinguant par les couleurs rouge, verte et orange en fonction des degrés d’infections enregistrés dans les localités israéliennes – n’imposant des restrictions que dans les secteurs se distinguant par des taux d’infection élevés.

Les transports publics s’adapteront aux nécessités induites par ce processus.

Le ministère des Finances, le bureau du Premier ministre et le chef du Conseil économique national vont assembler un « filet économique de sécurité » pour les entrepreneurs et pour les citoyens qui rencontreront des difficultés de trésorerie pendant le confinement.

Un calendrier de ces différentes phases n’a pas encore été établi, même si des informations ont laissé entendre que la première pourrait durer deux semaines.

La transition de la première à la deuxième phase dépendra de certains objectifs précis à atteindre, a précisé le bureau du Premier ministre.

Un passage à l’action drastique

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a expliqué jeudi que les dirigeants des hôpitaux israéliens avaient conseillé au cabinet du coronavirus de prendre des mesures immédiates et drastiques pour enrayer les forts taux d’infection au coronavirus avant que les centres médicaux ne soient surchargés.

Dans une déclaration faite pendant la réunion, Netanyahu a expliqué que Gamzu et un certain nombre de responsables hospitaliers avaient brandi le « drapeau rouge ».

« Ils ont expliqué que même si le nombre de personnes gravement malades en Israël était encore relativement bas, les choses pouvaient changer en l’espace d’un instant et que les hôpitaux, à ce moment-là, ne seront plus en capacité de soigner les malades, ce qui entraînera un grand nombre de cas graves et de morts », a-t-il commenté peu après la diffusion par le ministère de la Santé des derniers chiffres relatifs à l’épidémie de COVID-19.

« Ils ont affirmé qu’il fallait passer à l’action, mais nous devons prendre des mesures avec prudence, sans négligence », a-t-il ajouté, disant que les ministres débattraient du dossier « pendant de nombreuses heures » mais qu’ils prendraient toutefois une décision suffisamment tôt pour donner une chance aux Israéliens de « s’organiser pour les fêtes ».

Des Juifs ultra-orthodoxes aux abords d’une résidence du quartier de Ramot de Jérusalem, le 9 septembre 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Selon la Douzième chaîne, Netanyahu avait exprimé son soutien en faveur d’un confinement national pendant toute la période des fêtes de l’automne, qui commencent la semaine prochaine et qui s’achèveront à la fin de la fête de Souccot, le 10 octobre.

Avant Rosh HaShana – qui débutera vendredi soir prochain – Netanyahu doit se rendre à Washington pour y signer, mardi, l’accord de normalisation conclu entre Israël et les Emirats arabes unis. Il sera ainsi de retour avant la mise en vigueur du confinement.

Gamzu s’était montré favorable à une fermeture du pays moins contraignante, n’interdisant que les voyages inter-cités entre les villes, avec des limitations imposées sur les rassemblements. La possibilité d’un couvre-feu avait également été évoquée pour permettre aux entreprises de continuer à travailler pendant la journée.

Israel Katz, ministre des Finances, et Amir Peretz, ministre de l’Economie, s’étaient tous les deux prononcés en faveur d’un couvre-feu nocturne plus souple de manière à ne pas entraver l’économie de manière trop forte, selon la Douzième chaîne.

Un membre du personnel médical du Magen David Adom teste des personnes sur un site de drive-in pour collecter des échantillons en vue d’un dépistage du coronavirus à Jérusalem, le 8 septembre 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Les ministres se seraient aussi divisés sur de nouvelles règlementations relatives aux rassemblements de prières à l’approche des fêtes. Les synagogues sont habituellement pleines à cette période de l’année.

Les ministres ultra-orthodoxes Yaakov Litzman et Aryeh Deri auraient ainsi vivement recommandé à Netanyahu de mettre en place une politique distincte qui autoriserait les services de prière en espace fermé pendant les fêtes même dans l’hypothèse d’un nouveau confinement.

Ils auraient demandé à ce que toutes les synagogues soient considérées comme des zones « oranges » indépendamment des localités, selon le système de signalisation mis en place par Gamzu. Les secteurs « orange » sont en droit de réunir dans les espaces fermés jusqu’à 25 personnes.

Des Juifs ultra-orthodoxes portent le masque et respectent la distanciation sociale pendant la prière aux abords de leurs habitations, les synagogues ne pouvant accueillir plus de 20 personnes selon les mesures gouvernementales de lutte contre la propagation du coronavirus à Bnei Brak, le 8 septembre 2020. (Crédit : AP Photo/Oded Balilty)

« Vous nous détruisez nos fêtes », aurait déclaré Litzman avec colère à Netanyahu, a indiqué la Douzième chaîne.

Le Premier ministre lui aurait répondu : « Je ne détruis pas les fêtes mais j’agis de manière à empêcher de nouvelles infections. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche), et le ministre de la Santé Yaakov Litzman tiennent une conférence de presse sur le coronavirus, au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 8 mars 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)
En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...