Création d’un groupe de travail pour gérer les dangers des drones
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Création d’un groupe de travail pour gérer les dangers des drones

Alors que les incidents impliquant ce type d'engins sont en hausse, une meilleure coordination est nécessaire entre ministères et agences sécuritaires

Un drone israélien en plein vol (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash 90)
Un drone israélien en plein vol (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash 90)

Un groupe de travail national chargé de gérer les questions de sûreté et de sécurité liées aux drones a été dévoilé lundi lors d’une réunion de la commission de contrôle de l’Etat de la Knesset. La nouvelle instance, qui disposera de son propre budget, sera dirigée par les forces aériennes, a-t-il été dit à la commission.

Il aura six mois pour déterminer ses procédures d’opération, à la suite de quoi il rapportera à la commission ses conclusions sur l’éventuelle nécessité de réguler les drones.

La présidente de la commission, la députée Shelly Yachimovich issue de l’Union sioniste, a néanmoins indiqué que l’échéance était « totalement déraisonnable » au vu de la menace imminente d’une catastrophe impliquant un drone.

« Il est totalement déraisonnable à mon avis qu’après deux ans et demi de travail du Conseil national de sécurité, on nous dise maintenant que dans six mois, une décision sera prise sur une potentielle régulation », a-t-elle déclaré.

Shelly Yachimovich, députée de l’Union sioniste et ancienne dirigeante du Parti travailliste. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

« Avez-vous pris en compte qu’une attaque peut probablement survenir durant cette période ? Pourquoi êtes-vous si lents ? »

Elle a expliqué que la commission se pencherait à nouveau sur le problème dans moins de six mois en évoquant ce qu’elle a qualifié les « réponses formalistes » reçues.

Le député de Yesh Atid Haim Jelin a affirmé pour sa part que la menace des drones équivalait à celle posée par les tunnels transfrontaliers creusés par le Hamas dans la bande de Gaza.

Le débat de la commission – dont une partie s’est déroulée à huis-clos pour des raisons sécuritaires – a suivi la publication au mois de novembre d’un rapport cinglant établi par le contrôleur de l’Etat, qui accusait les forces de sécurité et les régulateurs de ne pas parvenir à affronter les menaces posées au public par les drones, dont 20 000 ont d’ores et déjà été achetés par des Israéliens pour des raisons variées.

Un avion Arkia à l’aéroport Ben Gourion, photo d’illustration (Crédit : Moshe Shai/Flash90)

Le général de brigade Yossi Beinhoren (réserviste), directeur de la division de contrôle des services de sécurité, a déclaré à la commission que, le 13 décembre, l’aéroport international Ben Gurion avait dû fermer pendant 15 minutes parce qu’un drone était entré dans son espace aérien.

Au mois de mai, un drone était entrée dans l’ère d’atterrissage de l’aéroport Sde Dov de Tel Aviv, mettant un avion en danger et, au mois de janvier 2016, un hélicoptère était passé à seulement 50 mètres d’un engin sans pilote sur la plage de Herzliya, dans le centre d’Israël.

Tandis qu’un seul incident de danger à la sécurité de la part d’un drone a été enregistré en 2014, il y en a eu 24 en 2016. Les chiffres pour 2017 n’ont pas encore été diffusés.

Eytan Ben-David, chef-adjoint du Conseil national de sécurité – principale instance de coordination des différentes organisations sécuritaires – a déclaré que deux ans et demi de travail ont permis d’établir un « langage commun » entre les acteurs impliqués et une division claire des responsabilités entre l’armée et la police.

Le général de brigade Eden Atias, directeur-général de Parazero, une entreprise chargée de gérer la sécurité des drones, a indiqué qu’Israël devait suivre l’exemple américain de l’enregistrement des drones sur le lieu d’achat et qu’il faut également les équiper de composantes technologiques qui permettent leur identification en vol. Le Pentagone a récemment lancé un programme de 700 millions de dollars pour gérer la menace des drones, a dit Guy Charney, un homme d’affaires spécialisé dans les engins sans-pilote chez Atlas Dynamic, aux parlementaires.

State Comptroller Yosef Shapira (photo credit: Uri Lenz/Flash90)
Le contrôleur de l’Etat Yossef Shapira (Crédit : Uri Lenz/Flash90)

Le rapport établi par le procureur de l’Etat disait que tandis que les forces de défense israéliennes sont responsables de la lutte contre les drones utilisés par les groupes terroristes, les services de sécurité concernés par les drones possédés au niveau individuel par les Israéliens n’ont pas été clairement établis.

L’armée les considère comme étant du ressort de la police, puisqu’il s’agit d’une affaire civile, et la police en attribue la responsabilité à l’armée dans la mesure où c’est elle qui sécurise l’espace aérien de l’Etat juif, a-t-il expliqué.

Le rapport faisait également savoir que dans la mesure où les drones utilisés pour des desseins non-commerciaux ne nécessitaient pas un enregistrement préalable, aucune information n’était disponible sur environ 98,6 % des drones qui se trouveraient entre les mains des Israéliens.

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