Dalida, « pont entre les deux rives de la Méditerranée », selon son frère Orlando
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Dalida, « pont entre les deux rives de la Méditerranée », selon son frère Orlando

La chanteuse, née en Egypte, fait partie des "Divas" célébrées à l'Institut du monde arabe, avec Oum Kalthoum et Fairouz

« Très vite, Dalida a fait le pont entre les deux rives de la Méditerranée », affirme à l’AFP Orlando, frère et producteur de la chanteuse, qui fait partie de ces « Divas » célébrées à l’Institut du monde arabe, avec Oum Kalthoum et Fairouz.

A quoi Dalida doit-elle sa popularité au Moyen-Orient ?

Orlando : « Dalida est devenue très populaire en interprétant des chansons en langue égyptienne, mais en proposant surtout un tempo différent, en mélangeant les rythmiques orientale et occidentale. Très vite, Dalida a fait le pont entre les deux rives de la Méditerranée. Si elle jouit toujours de cette immense popularité dans tout le Moyen-Orient, c’est grâce à des chansons devenues des hymnes comme Salma Ya Salama (1977) et Helwa ya Baladi (1979) qu’on a beaucoup entendu pendant tout le Printemps arabe. On a dit qu’Oum Kalthoum était la Quatrième Pyramide. Pour Sadate (ancien président d’Egypte), Dalida était la Deuxième Cléopâtre. D’ailleurs, ma sœur a été élue Miss Egypte en 1954 ! »

Ce titre de Miss lui a ouvert les portes du cinéma égyptien ?

« Oui, notamment le réalisateur Niazi Moustapha qui l’a enrôlée dans « Un verre, une cigarette », après des figurations, et aussi Marco de Gastyne pour « Le Masque de Toutankhamon » en 1954. Dalida n’a jamais coupé les liens avec l’Egypte où elle est née comme moi. Notre père était premier violon à l’Opéra du Caire. Elle voulait conquérir la France et le monde. Elle voulait être Dalida. Elle l’est pour l’éternité. J’ai été le témoin de son histoire. Je suis le gardien de sa mémoire ».

Ces divas du Moyen-Orient, d’Oum Kalthoum à Fairouz en passant par Dalida, ont été aussi des pionnières féministes. Dalida en avait conscience à l’époque ?

« Très jeune, ma sœur a pris son destin en mains à une époque où cela n’était pas évident dans le Moyen-Orient, comme Oum Kalthoum et les autres. Elles ont osé être ce qu’elles avaient envie d’être. Dalida était féministe par son comportement. Elle était une femme libre et ce n’était pas facile de l’être dans les années cinquante. A leur manière, chacune dans leur discipline, ces divas ont été pionnières en faisant avancer la cause des femmes dans le monde arabe. Si les jeunes générations de femmes sont plus libres aujourd’hui dans certains pays, pas dans tout le Moyen-Orient, elles le leur doivent ! »

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