Dans l’avion, Tillerson dit se rendre à “Tel Aviv, foyer du judaïsme”
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Dans l’avion, Tillerson dit se rendre à “Tel Aviv, foyer du judaïsme”

Le secrétaire d'Etat n'a pas voulu dire si le mur Occidental était en Israël, mais il est “à Jérusalem” ; il veut rassurer les Israéliens sur les ventes d'armes aux Saoudiens

Marissa Newman est la correspondante politique du Times of Israël

Rex Tillerson, secrétaire d'Etat américain, avec les journalistes à bord d'Air Force One entre Ryad et Tel Aviv, le 22 mai 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)
Rex Tillerson, secrétaire d'Etat américain, avec les journalistes à bord d'Air Force One entre Ryad et Tel Aviv, le 22 mai 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

Le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson a esquivé lundi des questions sur la localisation en Israël ou non du mur Occidental, tout en déclarant aux journalistes présents à bord d’Air Force One qu’ils se dirigeaient vers « Tel Aviv, foyer du judaïsme ».

Avant sa première visite dans l’Etat juif avec le président américain Donald Trump, le haut diplomate a également déclaré qu’il rassurerait Israël sur l’énorme accord de ventes d’armes que les Etats-Unis viennent de signer avec l’Arabie Saoudite. Il a également insisté sur le fait que les Etats-Unis n’avaient aucune raison de s’excuser d’avoir partagé des renseignements classifiés avec la Russie, qui auraient été obtenus par Israël.

Exposant l’objectif de la visite de Trump en Arabie Saoudite, en Israël et au Vatican, Tillerson a souligné le symbole religieux du voyage, dans les lieux de naissance respectivement de l’islam, du judaïsme et du christianisme.

« Lors de la deuxième étape, Tel Aviv, foyer du judaïsme, évidemment, la deuxième des grandes religions à qui le président va également demander de nous rejoindre dans ce combat contre le terrorisme, dans son combat contre les forces du mal, et ensuite lors d’une audience avec le pape pour parler de la liberté religieuse », a-t-il déclaré aux journalistes. (Tel Aviv a été fondée par des pionniers du pré-état juif en 1909).

Interrogé directement pour savoir s’il considérait que le mur Occidental était sous souveraineté israélienne, Tillerson a répondu : « le mur fait partie de Jérusalem ». Ses commentaires sont intervenus quelques heures avant que Trump ne soit le premier président américain en exercice à visiter le lieu saint juif.

Le président américain Donald Trump devant le mur Occidental, le lieu de prière le plus saint du judaïsme, dans la Vieille ville de Jérusalem, le 22 mai 2017. (Crédit : Ronen Zvulun/Pool/AFP)
Le président américain Donald Trump devant le mur Occidental, le lieu de prière le plus saint du judaïsme, dans la Vieille ville de Jérusalem, le 22 mai 2017. (Crédit : Ronen Zvulun/Pool/AFP)

Tillerson a déclaré qu’il s’efforcerait d’apaiser les préoccupations israéliennes concernant l’accord de ventes d’armes de 100 milliards de dollars signé ce week-end avec l’Arabie Saoudite. Le ministre de l’Energie du Likud, Yuval Steinitz, a exprimé son inquiétude dimanche, sur la possibilité que l’accord diminue la supériorité militaire d’Israël.

« L’Arabie Saoudite est un pays hostile et nous devons nous assurer que la supériorité militaire qualitative d’Israël soit préservée », a déclaré le ministre.

Pourquoi Israël affirme ne pas s’inquiéter de l’accord d’armement arabo-américain

« Des centaines de millions de dollars de ventes d’armes, il faudrait nous expliquer ça », a-t-il ajouté.

En réponse, Tillerson a indiqué qu’il n’y avait « rien dans les accords de vente d’armes avec le royaume d’Arabie saoudite ou tout autre pays qui nous empêche de remplir notre engagement envers Israël et envers dispositions sécuritaires de longue date que nous avons avec Israël. Je suis certain que nous pouvons répondre à leurs questions et apaiser leurs préoccupations. »

Le président américain Donald Trump, à gauche, et le roi d'Arabie saoudite Salmane ben Abdel Aziz al-Saoud, à Ryad, le 20 mai 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)
Le président américain Donald Trump, à gauche, et le roi d’Arabie saoudite Salmane ben Abdel Aziz al-Saoud, à Ryad, le 20 mai 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

Tout en saluant le voyage, une opportunité de faire avancer la paix israélo-palestinienne, le secrétaire d’Etat américain a aussi cherché à minimiser les attentes de cette visite.

« Nous avons l’occasion de faire avancer les discussions de paix entre les Israéliens et les Palestiniens », a-t-il déclaré.

Mais sur la possibilité d’un sommet trilatéral entre Trump, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, Tillerson a répondu « je pense que c’est pour une prochaine discussion. »

« C’est un voyage plutôt court parce que, comme vous le savez, il y a tellement d’étapes que nous avons empilées, et je pense que nous voulions être certains de gérer nos ambitions. C’est une visite importante. A nouveau, je ne veux pas, je ne pense pas que nous voulions perdre de vue le contexte, le président est aussi en visite en Israël. Mais je pense qu’il y aura certainement des opportunités pour cela dans le futur », a-t-il dit.

Tillerson a également décrit les implantations de Cisjordanie comme un « défi » pour le processus de paix. La Maison Blanche de Trump a été réticente à critiquer Israël pour la construction dans les implantations, soulignant à plusieurs reprises que ce n’était pas le sujet au cœur du conflit.

« Vous savez, les implantations font partie de la discussion générale sur la paix. C’est simplement qu’il y a un certain nombre d’éléments qui ont présenté des défis au processus de paix dans le passé, les implantations sont clairement l’un d’entre eux », a-t-il dit.

Le président américain Donald Trump, au centre, avec le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, à gauche, et l'ambassadeur russe aux Etats-Unis Sergueï Kislyak à la Maison Blanche, le 10 mai 2017. Photographie diffusée par le gouvernement russe. (Crédit : HO/ministère russe des Affaires étrangères/AFP)
Le président américain Donald Trump, au centre, avec le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, à gauche, et l’ambassadeur russe aux Etats-Unis Sergueï Kislyak à la Maison Blanche, le 10 mai 2017. Photographie diffusée par le gouvernement russe. (Crédit : HO/ministère russe des Affaires étrangères/AFP)

Il a également minimisé la divulgation présumée d’une information classifiée à la Russie, qui proviendrait d’Israël.

Quelques heures après, Trump a déclaré à Jérusalem n’avoir « jamais mentionné le mot ou le nom ‘Israël' » pendant sa rencontre du 10 mai dans le Bureau ovale avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov

« Je ne sais pas s’il existe quelque chose dont il faut s’excuser », a dit Tillerson.

« Si les Israéliens ont des questions, ou des [demandes de] clarifications, je suis certain que nous serons heureux de fournir cela », a-t-il ajouté.

Tillerson a également dit aux journalistes que c’était sa première visite dans l’Etat juif, « donc je suis très excité d’y aller. »

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