Dans l’état natal de Modi, la foule chante la romance entre l’Inde et Israël
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Les Premiers ministres accueillis au son de chants en hébreu

Dans l’état natal de Modi, la foule chante la romance entre l’Inde et Israël

Le Premier ministre a fait l'objet d'un accueil rarement vu par des dirigeants israéliens ; le directeur du ministère des Affaires étrangères n'a jamais assisté à un tel spectacle

  • Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son homologue indien Narendra Modi en Inde le 17 janvier 2018 (Crédit : Joshua Davidovich/Times of Israel staff)
    Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son homologue indien Narendra Modi en Inde le 17 janvier 2018 (Crédit : Joshua Davidovich/Times of Israel staff)
  • Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son épouse Sara accueillis par des danseurs indiens à l'aéroport de  Mumbai, en Inde, le 17 janvier 2018 (Crédit :  Avi Ohayon/GPO)
    Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son épouse Sara accueillis par des danseurs indiens à l'aéroport de Mumbai, en Inde, le 17 janvier 2018 (Crédit : Avi Ohayon/GPO)
  • Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son épouse Sara visitent des serres à   Gujarat, en Inde, aux côtés du Premier ministre indien Nrenda Modi, le 18 janvier 2018 (Crédit :Avi Ohayon/GPO)
    Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son épouse Sara visitent des serres à Gujarat, en Inde, aux côtés du Premier ministre indien Nrenda Modi, le 18 janvier 2018 (Crédit :Avi Ohayon/GPO)
  • Les Indiens accueillent le Premier ministre Benjamin Netanyahu le 17 janvier 2018 (Crédit :  Joshua Davidovich/Times of Israel staff)
    Les Indiens accueillent le Premier ministre Benjamin Netanyahu le 17 janvier 2018 (Crédit : Joshua Davidovich/Times of Israel staff)

MUMBAI, Inde — A Ahmedabad, ce sont des dizaines de milliers de personnes qui sont descendues dans la rue, certaines brandissant des drapeaux israéliens, alors que le Premier ministre passait à grande vitesse, défilant sous des grands panneaux affichant son visage et celui de son homologue indien Narendra Modi.

A Dev Dholera, en zone rurale, des agriculteurs curieux et d’autres ont tendu le cou pour tenter d’apercevoir les deux Premiers ministres, et des centaines de jeunes entrepreneurs et commerçants ont salué les leaders comme s’ils étaient des rock stars.

A Sabarkantha, les villageois ont fait des signes de la main aux hélicoptères transportant les deux hommes alors qu’ils étaient sur le point d’atterrir sur le site d’une ancienne forêt où a été créé un héliport. Des danseurs en habits traditionnels ont offert une courte prestation et les fermiers ont expliqué combien de roupies ils étaient parvenus à gagner après une formation dans un centre agricole financé par Israël.

Les démonstrations d’amour pour Israël et ses leaders de mercredi – une partie soigneusement chorégraphiée et d’autres, de toute évidence, spontanées – ont renforcé le message affiché par la romance fraternellement amicale entre Netanyahu et Modi, une camaraderie qui, les deux hommes l’espèrent, débouchera sur une relation commerciale et stratégique plus étroite.

Pour Modi, qui a fait ses armes en politique en tant que ministre de Gujarat de 2001 à 2014, la visite était lourde de sens, sur le plan personnel. Et tandis que des souhaits de bienvenues ornaient des panneaux à New Delhi, Agra et Mumbai, ils étaient assurément plus modestes que ceux, imposants, découvert dans cet état du nord-ouest de l’Inde.

Alors que dans les autres endroits, le cortège de voitures qui a accompagné Netanyahu était – au mieux – un objet de curiosité, à Gujarat, c’est une foule qui a envahit les rues tandis que des chants en hébreu ont également résonné çà et là.

Le directeur du ministère des Affaires étrangères Yuval Rotem a expliqué n’avoir jamais vu auparavant un tel accueil réservé à Netanyahu au cours de toutes ses années de service. Netanyahu, lui aussi, a indiqué avoir été « ému » par l’engouement apparent des habitants de Gujarat pour lui comme pour Israël, et n’a manqué aucune opportunité de faire l’éloge de Modi.

« Modi… catapulte [l’Inde] dans l’avenir en tant que l’une des grandes puissances mondiales. Et il réalise cela par le pouvoir de l’innovation », a indiqué Netanyahu pendant un discours.

Dans la matinée, il est fait une visite éclair chez un autre résident de Gujarat, Mahatma Gandhi, qualifiant le père de l’Inde moderne « d’inspiration ».

A la fin de la journée, alors qu’il se dirigeait vers Mumbai pour la dernière partie de son voyage, Netanyahu a annoncé qu’il était parvenu à remettre sur les rails l’accord portant sur l’achat de missiles antichars Spike passé entre le fabricant d’armes israélien Rafael et l’Inde après s’être entretenu avec Modi, même si le montant définitif de la convention – qui portait sur une somme de 500 millions de dollars avant son annulation à quelques jours du départ de Netanyahu pour l’Inde – reste encore indéterminé.

L’information sur l’accord avec Rafael a rapidement éclipsé tout le reste des événements de la journée et même une grande partie de l’agenda officiel du voyage, qui avait pour objectif d’élargir la relation économique entre les deux pays au-delà des ventes d’armes et de pierres précieuses.

Mais avant que le Premier ministre ne fasse part de cette nouvelle, lui et Modi ont souligné l’importance de l’innovation et de l’agriculture, deux secteurs dans lesquels l’Inde et Israël espèrent étendre leur collaboration.

A l’intérieur d’un campus à Dev Dholera, à l’extérieur d’Ahmedabad, entouré de champs poussiéreux, de fossés d’irrigation et de vaches émaciées, les deux hauts-responsables ont inauguré le centre iCreate, un pôle d’innovation qui fait partie du plan Start-up Inde mis en place par Modi.

Netanyahu a offert à son homologue indien un buggy mobile de purification hydraulique du même type que celui que les deux hommes avaient enfourché sur une plage israélienne au mois de juillet. Il a également annoncé le nom des lauréats d’un projet pilote qui a pour objectif d’associer des entreprises technologiques israéliennes et indiennes susceptibles de se complémenter dans le cadre du Fonds d’initiative d’innovation Israël-Inde.

Pénétrant sous un chapiteau après avoir découvert certains des produits développés par iCreate, les deux hommes ont été accueillis par une standing ovation et Netanyahu a été vivement applaudi, ce qui est devenu rare pour le dirigeant israélien plongé, dans son pays, dans les problèmes intérieurs.

« Il y a un véritable enthousiasme en Inde pour ce que fait Israël », a expliqué un cadre d’un conglomérat majeur impliqué dans l’élargissement des liens avec l’Etat juif présent lors de cet événement.

Hilly Hirt, directeur-adjoint du Pears Program for Global Innovation, impliqué également dans le développement de la relation entre les deux pays, a déclaré qu’Israël et l’Inde se « correspondent naturellement », évoquant l’expérience israélienne dans la mise en place d’innovations agricoles qui soutiennent un Etat relativement pauvre comme l’est l’Inde.

Mais il suffit de regarder la couverture médiatique israélienne et indienne de cette visite pour comprendre pourquoi il faudra davantage que des véhicules tout-terrain qui purifient l’eau pour changer la manière dont la relation entre les deux Etats est envisagée de part et d’autre. Les médias, dans le sous-continent, se sont concentrés mercredi sur les discours de Netanyahu et de Modi alors qu’en Israël, les notifications ne se sont activées qu’au moment où la reprise de l’accord avec Rafael a été annoncée.

Le dernier arrêt de Netanyahu à Gujarat, avant de partir à Mumbai, a eu lieu dans une nursery high-tech située dans une autre zone rurale aux abords d’Ahmedabad.

Dans une tente installée près des serres où les agriculteurs indiens apprennent à utiliser les technologies israéliennes via le programme d’aide Mashav, les locaux ont pu raconter aux deux leaders qu’ils gagnaient des millions de roupies un an après s’être formés par le biais de ce programme.

Alors que les deux Premiers ministres revenaient vers l’hélicoptère pour retourner à l’aéroport, c’est une foule qui a été maintenue par un cordon policier, secouant la main en direction de la délégation, mais dans l’incapacité de prendre part au spectacle.

Cette scène a été un échantillon des complications que devront affronter les deux pays pour mettre à l’échelle des défis majeurs que rencontrent le géant indien et les innovations du minuscule Etat juif.

Les deux hauts-responsables ont embarqué à bord de leur hélicoptère, soulignant le désir des deux pays de diversifier les contacts face à la réalité d’une relation commerciale construite sur une machinerie militaire onéreuse. Et en quittant les serres – des éléments de fierté dans ses relations, lucratifs pour certains et déterminants pour le développement indien – une grande partie de la population du géant asiatique a semblé être préparée à être laissée pour compte.

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