Danube : des plongeurs israéliens à la recherche de victimes de la Shoah
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Danube : des plongeurs israéliens à la recherche de victimes de la Shoah

Des milliers de Juifs ont péri sur les rives du fleuve hongrois en 1944. Budapest soutient le projet des sauveteurs de Zaka de sonder le fleuve pour retrouver leurs restes

Chaussures sur le Danube, un mémorial en l'honneur des victimes des Croix fléchées qui ont été abattues sur les rives du Danube à Budapest pendant la Shoah. (Flickr/Neil)
Chaussures sur le Danube, un mémorial en l'honneur des victimes des Croix fléchées qui ont été abattues sur les rives du Danube à Budapest pendant la Shoah. (Flickr/Neil)

Une équipe de plongeurs israéliens va fouiller le Danube pour tenter de retrouver les restes de victimes de la Shoah, a annoncé lundi le ministre de l’Intérieur israélien, Aryeh Deri.

Après une réunion avec son homologue hongrois, Sandor Pinter, à Budapest, Aryeh Deri a indiqué que des sauveteurs du service d’urgence et association d’identification de victimes, Zaka, exploreront le fleuve pour retrouver des ossements de Juifs fusillés et jetés dans les eaux du Danube dans la capitale hongroise pendant la Shoah.

La Hongrie a également accepté de prêter main forte au projet, a déclaré Sandor Pinter.

« Si les os des martyrs sont retrouvés, ils seront emmenés en Israël pour y être enterrés », a ajouté le ministre dans une allocution filmée, prononcée devant le mémorial de la Shoah « Chaussures au bord du Danube » à Budapest.

Des milliers de juifs avaient été assassinés en 1944 par des membres du parti hongrois des Croix fléchées, allié aux nazis. Les victimes font partie des 600 000 Juifs hongrois décimés par la Shoah.

Le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri lors d’une réunion parlementaire de la Commission des affaires intérieures portant sur l’expulsion des demandeurs d’asile africains, le 29 janvier 2018 (Crédit :Alster/Flash90)

Le mémorial de la capitale hongroise est constitué de 60 chaussures d’époque, en fer, commémorant les Juifs amenés ici par les Croix fléchées. Elles leur avaient ordonné de retirer leurs souliers, avant de les fusiller pour que leur corps tombe dans le fleuve.

Des restes humains avaient été retrouvés en 2011 lors d’un chantier de construction sur le pont Margit surplombant le Danube.

Des examens médico-légaux de ces fragments avaient indiqué qu’ils appartenaient à 20 personnes différentes, notamment des enfants et des femmes, probablement morts pendant la guerre.

L’identification des victimes et de la cause de leur mort n’ayant rien donné, les autorités avaient rapidement clos l’enquête et placé les ossements dans une salle de conservation, jusqu’à ce qu’un étudiant en anthropologie décide de leur faire subir des examens ADN en août 2015.

Les résultats avaient révélé qu’au moins neuf des quinze extraits d’ossements appartenaient certainement à des Juifs ashkénazes européens, et que cela pouvait être aussi le cas des six autres.

Des stèles juives du Moyen-Age à la synagogue médiévale de Budapest. (Autorisation : Gabor Mayer)

Les preuves de l’appartenance de ces ossements à des Juifs victimes des Croix fléchées s’accumulant, des responsables religieux juifs avaient appelé à leur inhumation immédiate dans un cimetière juif.

Les autorités avaient d’abord opté pour un enterrement anonyme, étant donné l’éventualité — bien que moindre — qu’ils appartiennent à des non-Juifs tués par les bombardements nazis sur le pont Margit en novembre 1944.

Toutes les parties se sont finalement mis d’accord pour qu’ils soient enterrés dans un cimetière juif de Budapest.

L’affaire avait agité le débat grandissant concernant le degré de collaboration du pays avec le régime nazi.

Des groupes juifs accusent parfois le gouvernement de droite du Premier ministre Viktor Orban, au pouvoir depuis 2010, de minimiser le rôle de la Hongrie dans la Shoah, qui décima 600 000 Juifs du pays.

Deux tiers des victimes ayant péri à Auschwitz, soit environ 500 000 personnes, étaient des Juifs hongrois.

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