Date limite dépassée pour le village bédouin de Cisjordanie qui doit être démoli
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Date limite dépassée pour le village bédouin de Cisjordanie qui doit être démoli

Les habitants du village, créé dans les années 1950, ont jusqu'au 1er octobre pour « démolir tous les bâtiments de Khan al-Ahmar »

Un responsable de l'administration civile remet un avis concernant la démolition imminente de Khan al-Ahmar à l'un de ses résidents le 23 septembre 2018. (Administration civile)
Un responsable de l'administration civile remet un avis concernant la démolition imminente de Khan al-Ahmar à l'un de ses résidents le 23 septembre 2018. (Administration civile)

Les habitants de Khan al-Ahmar se préparent à la démolition de leurs maisons après l’échéance du délai imposé par Israël pour l’évacuation de Khan al-Ahmar avant leur renvoi forcé de cette localité de Cisjordanie.

Il est peu probable que cette évacuation se produise avant la fin des vacances de Souccot ce soir.

Hanan Ashrawi, membre du comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), a annoncé que la grève générale lancée lundi par des Palestiniens et des Arabes israéliens contre la loi israélienne sur un État-nation juif serait solidaire du village qui doit être détruit.

Hanan Ashrawi, membre du Comité exécutif de l’OLP, lors d’une conférence de presse le 24 février 2015 à Ramallah. (WAFA)

Le mois dernier, des responsables du ministère de la Défense ont diffusé des prospectus dans le village, avertissant les habitants qu’ils avaient jusqu’au 1er octobre pour démolir tous les bâtiments. Sinon, ces démolitions seraient effectuées par les autorités de l’État.

« Conformément à la décision de la Haute Cour de justice, il vous est demandé de démolir tous les bâtiments de Khan al-Ahmar au plus tard le 1er octobre 2018 », c’est le message distribué par des employés de l’Administration civile, l’organe du ministère de la Défense qui régit la construction en Cisjordanie.

“Si vous refusez de vous y conformer, les autorités locales appliqueront les ordonnances de démolition conformément à la décision du tribunal. Tout citoyen souhaitant bénéficier d’une assistance pour la démolition ou le transport de [biens] est invité à contacter le Bureau de coordination et de liaison du district de Jérusalem avant cette date. »

La distribution de ces prospectus a fait suite à une décision de la Haute Cour de justice qui a rejeté ce mois-ci un dernier appel des habitants de Khan al-Ahmar visant à empêcher la démolition de leur village. Cette affaire a entraîné une condamnation internationale d’Israël.

Des manifestants palestiniens scandent des slogans et affrontent les forces israéliennes le 14 septembre 2018, alors qu’ils manifestent contre le blocage de la route menant au village bédouin palestinien de Khan al-Ahmar en Cisjordanie. (AFP PHOTO / ABBAS MOMANI)

Les habitants se sont opposés au projet de l’État de les reloger près d’une décharge appartenant à la ville palestinienne d’Abou Dis, ainsi qu’à une autre proposition qui les aurait déplacés vers un site proche d’une installation de traitement des eaux usées à l’est de l’implantation de Mitzpe Jericho.

La Haute Cour a d’abord gelé la démolition prévue en juillet, après avoir accepté d’écouter l’appel des habitants.

Au début du mois de septembre, l’État a commencé les préparatifs pour raser le village, une localité où aucun bâtiment n’a obtenu de permis de construction. Des forces de sécurité ont été déployées dans le village et les ouvriers du bâtiment ont commencé à paver une route d’accès pour faciliter la démolition et l’évacuation.

Le village bédouin de Khan al-Ahmar, en Cisjordanie, le 6 septembre 2018. (Ahmad Gharabli / AFP)

L’État affirme que les structures en place, principalement des cabanes de fortune et des tentes, ont été construites sans permis et constituent une menace pour les habitants en raison de leur proximité d’une autoroute.

Les villageois ont vécu sur ce site depuis les années 50, période où la Jordanie administrait ce territoire. Ils y sont arrivés après leur expulsion du Negev. Ces habitants affirment aujourd’hui qu’ils n’avaient pas d’alternative à l’érection de bâtiments sans permis de construire israélien. Selon eux, ce genre de permis n’est pratiquement jamais délivré aux Palestiniens qui souhaitent construire à certains endroits de la Cisjordanie, comme par exemple le lieu où se trouve Khan al Ahmar, où Israël exerce un contrôle total sur les affaires civiles.

Les opposants à la démolition affirment qu’elle fait partie d’un effort pour permettre l’expansion de l’implantation voisine de Kfar Adumim, et pour créer une région de contrôle israélien allant de Jérusalem jusqu’à la mer Morte, un mouvement qui diviserait la Cisjordanie, rendant impossible l’existence d’un Etat palestinien continu.

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