De mystérieuses graines chinoises livrées par la poste en Israël et en France
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De mystérieuses graines chinoises livrées par la poste en Israël et en France

Le ministère de l'Agriculture israélien a demandé de ne surtout pas planter les graines ; il s’agirait en fait d’une forme d'escroquerie au e-commerce

De mystérieuses graines chinoises livrées par la poste aux Etats-Unis. (Crédit : Washington State Department of Agriculture)
De mystérieuses graines chinoises livrées par la poste aux Etats-Unis. (Crédit : Washington State Department of Agriculture)

Ces dernières semaines, dans plusieurs pays, dont Israël, la France, le Royaume-Uni, le Portugal, les États-Unis et le Canada, des particuliers ont eu la surprise de trouver dans leurs boites aux lettres des enveloppes contenant de mystérieuses graines qu’ils n’avaient pas commandées.

Les paquets, en provenance de Chine, contiennent seulement les sachets de graines – souvent de concombre, de fleurs ou de melon – sans la moindre autre indication.

Les ministères de l’Agriculture des pays concernés ont réagi, demandant aux particuliers concernés de ne pas planter les graines.

En Israël, le ministère a souligné que l’importation de semences ou d’autres produits agricoles sans autorisation préalable était interdite car pouvant mettre en danger la faune et la flore ou transmettre des maladies.

Les citoyens qui reçoivent ces sachets sont ainsi prier de contacter aussitôt les services de protection et d’inspection des végétaux, et en aucun cas de tenter de planter les graines ou de les utiliser d’une quelconque manière, a déclaré le ministère.

Jeter les graines n’est pas non plus recommandé, car elles pourraient tout de même germer dans une décharge ou ailleurs, et causer des dommages potentiels à l’environnement.

En France, le ministère a réagi en indiquant que « ces semences d’origine inconnue peuvent être vectrices de maladies non présentes sur le territoire français ou s’avérer être des plantes invasives. C’est pourquoi il est essentiel de ne surtout pas les semer », recommandant de placer les sachets dans un sac plastique « hermétiquement clos » et de le jeter dans la poubelle ménagères « afin que les semences soient détruites ». Les autorités françaises invitent également à envoyer « des photos des bordereaux d’envoi des emballages et des sachets contenant les graines » à la Brigade nationale d’enquêtes vétérinaires et phytosanitaires (bnevp.dgal@agriculture.gouv.fr).

Si les motivations derrière ces envois de graines sont floues, les autorités américaines ont émis l’hypothèse qu’il s’agirait d’une forme d’escroquerie au e-commerce répandue en Chine : le brushing.

La technique fonctionne ainsi : le vendeur d’un produit paye une personne pour qu’elle passe une commande sur son site. Le vendeur expédie ensuite un colis à une tierce personne, trouvée par hasard, mais le paquet ne contient pas le produit acheté : il est vide ou contient une marchandise de faible valeur. Puis, une fois le colis livré et réceptionné, les vendeurs reçoivent des avis élogieux sur les commandes par les « brushers » qui les ont passées, permettant ainsi de gonfler artificiellement leur nombre de ventes effectuées et leur nombre d’avis positifs, et se faire passer pour des gros vendeurs.

Les vendeurs améliorent ainsi leur réputation beaucoup plus rapidement, et sont mieux référencés. La pratique, illégale, serait commune sur la plateforme Alibaba, à tel point que les vendeurs qui n’y ont pas recours sont trop mal référencés pour que les clients puissent trouver facilement leurs produits.

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