De nouvelles images montrent la police frappant un député juif de la Liste arabe
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De nouvelles images montrent la police frappant un député juif de la Liste arabe

On voit des agents frapper Ofer Cassif de la Liste arabe unie et des manifestants qui crient qu'il est député ; la police qui a ouvert une enquête dit que c'est lui qui a commencé

  • Le député de la Liste arabe unie Ofer Cassif après le premier coup de poing d'un officier de police lors d'une manifestation dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est, le 9 avril 2021. (Capture d'écran)
    Le député de la Liste arabe unie Ofer Cassif après le premier coup de poing d'un officier de police lors d'une manifestation dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est, le 9 avril 2021. (Capture d'écran)
  • Des policiers israéliens arrêtent le député Ofer Cassif, un membre juif de l'alliance électorale à prédominance arabe Liste arabe unie, lors d'une manifestation dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem, le 9 avril 2021. (AHMAD GHARABLI / AFP)
    Des policiers israéliens arrêtent le député Ofer Cassif, un membre juif de l'alliance électorale à prédominance arabe Liste arabe unie, lors d'une manifestation dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem, le 9 avril 2021. (AHMAD GHARABLI / AFP)
  • Le député Ofer Cassif, membre juif de l'alliance électorale à prédominance arabe Liste arabe unie, est photographié après avoir été frappé et arrêté par la police israélienne lors d'une manifestation dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem, le 9 avril 2021. (AHMAD GHARABLI / AFP)
    Le député Ofer Cassif, membre juif de l'alliance électorale à prédominance arabe Liste arabe unie, est photographié après avoir été frappé et arrêté par la police israélienne lors d'une manifestation dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem, le 9 avril 2021. (AHMAD GHARABLI / AFP)

De nouvelles images montrent la police frappant violemment et à coups de poing le député de la Liste arabe unie Ofer Cassif, vendredi, lors d’une manifestation à Jérusalem-Est, tandis que des manifestants à proximité leur crient d’arrêter et indiquent qu’il s’agit d’un parlementaire.

« C’est un député, êtes-vous des psychopathes ? », peut-on entendre une personne demander dans la nouvelle vidéo diffusée samedi sur la Douzième chaîne. « Vous êtes une bande de psychopathes », crie la personne en direction des officiers.

L’incident violent a suscité des condamnations de la part des législateurs de tout le spectre politique.

M. Cassif, le seul membre juif de la Knesset appartenant à la Liste arabe unie, participait à une manifestation hebdomadaire dans le quartier de Sheikh Jarrah contre les expulsions prévues.

Dans une autre vidéo de l’incident, on peut voir Cassif se disputer avec des policiers au milieu de la foule, avant que l’un d’eux ne le pousse. Un Cassif portant un masque semble dire quelque chose, et les policiers commencent à le frapper et à l’attraper violemment. Cassif a alors tendu la main vers le visage de l’un des officiers, qui frappe le député sur le dessus de la tête.

Après avoir jeté Cassif au sol, certains agents ont semblé continuer à le frapper, tandis que les manifestants criaient « honte ».

Des policiers israéliens arrêtent le député Ofer Cassif, un membre juif de l’alliance électorale à prédominance arabe Liste arabe unie, lors d’une manifestation dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem, le 9 avril 2021. (AHMAD GHARABLI / AFP)

Dans un autre clip, on peut voir un officier mettre un genou sur le visage de Cassif alors qu’il est au sol.

M. Cassif a été légèrement blessé, ses lunettes ont été cassées et sa chemise a été déchirée pendant les échauffourées, au cours desquelles la police a également utilisé des grenades assourdissantes pour disperser les manifestants.

« La police devient folle ici, elle ne laisse pas les gens manifester. On leur a dit que j’étais un membre de la Knesset, ça ne les a pas arrêtés », a déclaré ultérieurement Cassif. Les législateurs bénéficient d’une immunité leur permettant de circuler librement, même lors des barrages de police.

« Ce n’est pas la violence contre un député qui est le problème principal ici, c’est la brutalité policière continue contre tous les manifestants », a déclaré M. Cassif à la Douzième chaîne.

Le commandant de police de la Vieille Ville de Jérusalem, Doron Turgeman, a ordonné l’ouverture d’une enquête sur l’incident, selon la Douzième chaîne de télévision, mais la police a affirmé vendredi que M. Cassif avait été le premier à recourir à la violence et que les agents avaient été contraints de réagir.

M. Cassif a démenti cette accusation, affirmant que les violences ont commencé « sans aucune provocation et sans raison ».

Le député de la Liste arabe unie Ofer Cassif après avoir été battu par des policiers lors d’une manifestation dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est, le 9 avril 2021. (D’après la page Twitter de la députée de la Liste arabe unie Aida Touma-Sliman)

« Un policier m’a donné un coup de poing au visage et a cassé mes lunettes. Ils m’ont traîné sur le sol et même lorsque j’étais allongé sur le sol, ils ont continué à me frapper. Deux policiers m’ont insulté et n’ont pas laissé l’ambulancier qui était là s’approcher de moi », a-t-il déclaré, selon la Douzième chaîne.

Il a également accusé la police de mentir, affirmant sur Twitter que les affirmations selon lesquelles les officiers ne savaient pas qu’il était un député étaient fausses. M. Cassif a joint une photo le montrant en train de parler avec un commandant supérieur des forces de l’ordre sur le terrain vendredi.

Cassif a déclaré dimanche qu’il déposerait une plainte officielle auprès de la police, rejetant l’affirmation des forces de l’ordre selon laquelle il serait responsable de ces violences. Il a également déclaré qu’il demanderait au procureur général Avichai Mandelblit d’ouvrir sa propre enquête sur l’incident.

L’incident a suscité une condamnation générale de l’ensemble du spectre politique.

Le président de la Knesset, Yariv Levin, s’est dit « choqué » par l’incident.

« Un comportement brutal comme celui-ci à l’égard de n’importe quel citoyen est inapproprié, sans parler d’un membre de la Knesset qui a droit, selon la loi, à la liberté de mouvement pour pouvoir remplir son rôle », a déclaré M. Levin, membre du parti Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu, dans un communiqué.

M. Levin a déclaré qu’il contacterait le ministre de la Sécurité publique, Amir Ohana, à la fin du Shabbat samedi soir, pour demander que l’incident fasse l’objet d’une enquête et que « toutes les mesures nécessaires » soient prises pour poursuivre les responsables.

Bien qu’il « abhorre » les opinions politiques de M. Cassif, le leader de Tikva Hadasha, Gideon Saar, a dénoncé la « violence policière brutale » à l’égard du député de la Liste arabe unie.

Le député Ofer Cassif, membre juif de l’alliance électorale à prédominance arabe Liste arabe unie, est photographié après avoir été frappé et arrêté par la police israélienne lors d’une manifestation dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem, le 9 avril 2021. (AHMAD GHARABLI / AFP)

« Je vois cela comme un coup mortel porté à la Knesset et à l’immunité parlementaire », a écrit Saar sur Twitter.

Le député Bezalel Smotrich, chef du Parti sioniste religieux, un parti d’extrême droite, a déclaré que l’incident était « grave et inacceptable » dans une démocratie où règne l’État de droit.

« L’immunité des membres de la Knesset est essentielle à l’accomplissement de leur rôle et n’est pas l’affaire d’un côté ou d’un autre de l’échiquier politique », a-t-il déclaré.

Sa collègue de la Liste arabe unie, Aida Touma-Sliman, a affirmé que la police avait le « feu vert » du gouvernement pour agir violemment.

« Ofer a été attaqué par le même gouvernement et la même police qui tentent agressivement d’imposer le régime de l’occupation et des colons à Jérusalem-Est », a-t-elle tweeté.

La police a ensuite déclaré que le commandant du district de Jérusalem avait ordonné une enquête sur l’incident.

L’incident est survenu quelques jours après que M. Cassif et d’autres députés de la Liste arabe unie ont provoqué un tollé lors de la prestation de serment de la Knesset, mardi, en remplaçant l’engagement traditionnel de servir Israël et la Knesset par des engagements à lutter contre « l’apartheid », « l’occupation » et « le racisme ».

Le conseiller juridique de la Knesset a déclaré jeudi que les législateurs seraient privés de certains de leurs droits en tant que députés jusqu’à ce qu’ils fassent la déclaration appropriée, ce qui devrait être fait lundi.

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