De nouvelles trouvailles à Jérusalem prouveraient le siège babylonien
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De nouvelles trouvailles à Jérusalem prouveraient le siège babylonien

Un bijou, des pointes de flèches retrouvés sous une couche de cendres au mont Sion semblent indiquer qu'il s'agissait d'une maison détruite par "un raid ou une bataille"

Une boucle d'oreille retrouvée lors de fouilles au mont Sion présentée comme une preuve de la conquête babylonienne de la ville en 586 avant l'ère commune (Mount Zion Archaeological Expedition)
Une boucle d'oreille retrouvée lors de fouilles au mont Sion présentée comme une preuve de la conquête babylonienne de la ville en 586 avant l'ère commune (Mount Zion Archaeological Expedition)

Les archéologues du mont Sion et de la Vieille Ville de Jérusalem ont découvert des pointes de flèches antiques, un bijou rare en or, des lampes et des tessons de poterie coincés sous une couche de cendres. Les chercheurs estiment qu’il s’agit d’une preuve de la conquête babylonienne de la ville il y a 2 600 ans.

Les découvertes faites par les chercheurs de l’Université de Caroline du Nord ont été annoncées dimanche, alors que les Juifs marquaient le jeûne de Tisha Beav, qui commémore la destruction du premier Temple juif par les Babyloniens en 586-587 avant l’ère commune, du Second Temple en l’an 70 de l’ère commune durant la conquête romaine, et une série de tragédies redoutables ayant frappé les Juifs depuis.

Ces trouvailles seraient une preuve tangible des pillages dont étaient victimes les Juifs dans la Jérusalem antique, d’après les chercheurs.

« C’est le type de fouillis qu’on s’attend à retrouver dans une maison détruite par un raid ou une bataille », a déclaré le professeur d’histoire de l’université américaine Shimon Gibson, qui co-dirige le Projet archéologique au mont Sion. « Des objets domestiques, des lampes, des tessons de poterie qui ont été renversés et détruits… et des pointes de flèches et un bijou probablement perdu et enfoui pendant la destruction ».

Le Dr Shimon Gibson (Crédit : capture d’écran YouTube)

« Honnêtement, il est rare de retrouver des bijoux sur des lieux de bataille, car c’est exactement le type de chose que des assaillants pilleront et feront fondre par la suite », a-t-il ajouté.

Le bijou semble être une boucle d’oreille en or. Les têtes de flèche sont « très répandues à cette époque et connues pour avoir été utilisées par les guerriers babyloniens », explique Shimon Gibson.

« Pour les archéologues, une couche de cendres peut signifier plusieurs choses différentes », indique le chercheur. « Il pourrait s’agir de dépôts de cendres retirés de fours ou de déchets brûlés. Cependant, dans le cas présent, la combinaison d’une couche de cendres truffée d’artefacts, mêlés à des têtes de flèches et à un ornement très particulier suggèrent que la maison a été détruite, dévastée. Personne n’abandonne des bijoux en or et personne n’a de têtes de flèches dans ses ordures ménagères ».

La découverte, d’après les archéologues, coïncide avec les récits traditionnels concernant la conquête de la ville par l’armée de Nabuchodonosor II.

Le site archéologique du mont Sion, à Jérusalem. (Crédit : Shimon Gibson)

« J’aime me dire que nous fouillons l’une des « maisons du Seigneur » mentionnées dans le deuxième livre des Rois 25:9″, se réjouit Shimon Gibson. « Cet endroit aurait été un emplacement idéal, près du sommet occidental de la ville avec une bonne vue sur le Temple de Salomon et le mont Moriah au nord-est. Nous avons de grandes attentes et espérons en trouver bien plus sur la ville à l’âge de fer lors de nos prochaines fouilles ».

En juillet, le projet mont Sion avait annoncé avoir découvert des douves remontant au 11e siècle, la preuve archéologique d’un siège croisé de la ville contrôlée par les Fatimides, qui a pris fin le 15 juillet 1099.

Lancées en 2008, les fouilles actuelles ont lieu le long de la partie sud du mur de la Vieille Ville à proximité de la porte de Sion et sont conduites par Shimon Gibson et le professeur James Tabor de l’Université de Caroline du Nord de Charlotte, en coopération avec le docteur Rafi Lewis de l’université d’Ashkelon. Le site fait partie du Parc national des Murs de Jérusalem, qui relève de l’Autorité israélienne de la nature et des parcs.

Amanda Borschel-Dan a contribué à cet article.

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