Décès de l’ancien président argentin Carlos Menem
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Décès de l’ancien président argentin Carlos Menem

L'un des13 accusés dans l'affaire du centre juif AMIA, sera inhumé aux côtés de son fils, mort dans un accident d'hélicoptère, qu'il avait imputé au groupe terroriste du Hezbollah

Carlos Menem en 1989. (Crédit : Víctor Bugge - Presidencia de la Nación / Domaine public)
Carlos Menem en 1989. (Crédit : Víctor Bugge - Presidencia de la Nación / Domaine public)

L’ancien président Carlos Menem (1989-1999), qui a dirigé pendant une décennie l’Argentine selon une ligne politique néolibérale, est décédé dimanche dans une clinique de Buenos Aires à l’âge de 90 ans.

« J’ai appris avec une profonde peine la mort de Carlos Saul Menem », a déclaré sur Twitter le président argentin Alberto Fernandez, issu de la mouvance péroniste comme le défunt auquel il a rendu hommage.

« Pendant la dictature (1976-1983), il a été persécuté et emprisonné », a souligné M. Fernandez, présentant ses condoléances à la famille.

Trois jours de deuil national ont été décrétés. Carlos Menem sera inhumé lundi dans le cimetière musulman de Buenos Aires, où est enterré son fils Carlos, mort en 1995 dans un accident d’hélicoptère qui n’a jamais été élucidé.

« Il va reposer au cimetière musulman avec mon frère, bien qu’il ait été de religion catholique, pour être avec mon frère », a déclaré à la sortie de l’hôpital la fille de Carlos Menem, Zulemita.

Menem pensait que son fils avait été assassiné par le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah – information que son ministre des Affaires étrangères de l’époque, Guido Di Tella, a entendu des ambassades étrangères à Buenos Aires.

Son fils de 26 ans, Carlos Menem Jr., est mort dans un accident d’hélicoptère en mars 1995. Il pilotait l’engin quand il s’est écrasé.

« Au cours de mon mandat en tant que président du pays, il y a eu trois attaques. La première, contre l’ambassade d’Israël le 17 mars 1992, la seconde a frappé l’association Mutual Israelita Argentina le 18 juillet 1994 et la troisième a été portée contre mon propre sang, mettant fin à la vie de mon fils Carlos Menem Jr., le 15 mars 1995 », avait déclaré Menem par témoignage écrit devant le juge fédéral Carlos Villafuerte Ruzo.

Il n’avait pas assisté au procès de l’attentat de l’Association mutuelle israélite argentine (AMIA) de 2015, alors qu’il faisait partie des 13 accusés.

« Il est mort comme il a vécu : impuni », a écrit dans un communiqué l’association Mémoire active, qui regroupe les familles des victimes de l’attentat contre l’Association mutuelle israélite argentine (AMIA) en 1994 à Buenos Aires, qui avait fait 85 morts. Carlos Menem, accusé d’avoir couvert l’attentat, avait finalement été acquitté dans cette affaire.

En 2013, l’ex-président avait été condamné à sept ans de prison pour contrebande d’armes à destination de la Croatie et de l’Equateur, avant d’être absous en raison des lenteurs de la justice.

Cinq ans après, il était condamné à trois ans de prison pour détournement de fonds, mais son immunité parlementaire l’avait protégé d’un emprisonnement.

La présidente argentine Cristina Kirchner à Buenos Aires le 30 janvier 2015 (Crédit : AFP PHOTO / ALEJANDRO PAGNI)

La veillée funèbre a commencé dimanche soir au Congrès, où la vice-présidente argentine Cristina Kirchner, également présidente du Sénat, a reçu la famille à l’arrivée du cercueil recouvert du drapeau argentin.

Le président Fernandez, visiblement ému, et son épouse Fabiola Yanez sont arrivés une heure après et ont présenté leurs condoléances à la famille.

Le président chilien Sebastian Piñera a rendu hommage à Carlos Menem, « qui a marqué les années 90 en Argentine et et fut un bon ami du Chili ». « Ma solidarité à sa famille et au peuple argentin, et que Dieu accueille son âme », a-t-il écrit sur Twitter.

Le gouvernement du Brésil a lui aussi rendu hommage au défunt dans un communiqué.

« Convertibilité »

Sénateur depuis 2005, Carlos Menem avait été hospitalisé plusieurs fois ces derniers mois en raison de divers problèmes de santé. Le 29 décembre, il n’avait pas pu participer au vote du Sénat sur la loi sur l’avortement en raison de son hospitalisation.

Originaire de la province de La Rioja (nord-ouest), Carlos Menem, fils d’immigrants syriens, a dirigé l’Argentine pendant dix ans, de 1989 à 1999, menant une politique néolibérale.

Pendant cette période, il a instauré la « convertibilité » fixant le taux de change peso-dollar à un pour un. La monnaie nationale avait subi une violente dévaluation lors de la crise économique historique qui avait suivi.

Carlos Menem avait eu trois enfants issus de deux mariages suivis de deux divorces, le premier avec Zulema Yoma et le second avec l’ancienne Miss Univers chilienne Cecilia Bolocco.

Placé en détention provisoire à domicile en 2001 dans une affaire de contrebande d’armes vers la Croatie et l’Équateur, il avait été libéré quelques semaines plus tard sur décision de la Cour suprême de justice et finalement absous en raison de la durée excessive de la procédure après un quart de siècle de poursuites.

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