Décès d’Helen Nash, auteure de livres de cuisine casher et philanthrope
La new-yorkaise a redéfini la cuisine casher moderne, à travers ses trois ouvrages culinaires, en y intégrant des saveurs du monde entier

Helen Nash, auteure de livres de cuisine casher et philanthrope basée à New York, pionnière de la cuisine casher moderne depuis les années 1980, est décédée le 8 décembre à l’âge de 89 ans.
Son premier livre de cuisine, Kosher Cuisine, publié en 1984 chez Random House, adaptait une large variété de recettes internationales aux exigences de la cuisine casher. Sa publication, confiait alors Nash au Detroit Jewish News, visait à démontrer que la cuisine casher « pouvait être variée, élégante et passionnante ».
Elle a confirmé cette approche à travers deux autres ouvrages, illustrant ce qu’un critique a décrit comme « sa capacité à élargir le palais casher ».
« Pour moi, respecter les règles de la casheroute est plus qu’une simple hygiène de vie ou une alimentation saine. Les anciennes lois alimentaires juives m’aident à organiser ma vie autour de ma famille, des vendredis soirs et des fêtes », écrivait Nash dans son ouvrage publié en 2012, Helen Nash’s New Kosher Cuisine: Healthy, Simple, and Stylish. (La nouvelle cuisine casher d’Helen Nash : saine, simple et élégante).
Helen Nash est née Helen Englander en 1935 à Cracovie, en Pologne, où sa famille possédait une entreprise textile. Avec ses parents et sa sœur, elle a survécu à la Seconde Guerre mondiale après avoir été déportée en Sibérie.
« Mon enfance n’a pas été marquée par la cuisine », expliquait-elle au Jewish Book Council en 2012. « Quand j’avais quatre ans et demi, ma famille a été déportée de Cracovie et nous avons passé la guerre dans des camps de travail en Sibérie. Il n’y avait rien à manger, ni fruits ni légumes. C’était un régime de rationnement de subsistance. »
Après la guerre, sa famille a rejoint ses grands-parents maternels à Williamsburg, Brooklyn, avant de s’installer à Crown Heights.
En 1957, elle rencontre puis épouse son mari, Jack Nash, lui-même réfugié originaire de Berlin. Ayant grandi dans une famille orthodoxe, elle a tenu à ce que sa cuisine soit casher.
« C’était mon domaine de prédilection », déclarait-elle au New York Jewish Week en 2015. « La plupart des femmes n’avaient pas de carrière en dehors de la maison, et je me suis créé une niche en recevant dans un certain style. Jack m’a beaucoup encouragée. Et j’ai rencontré tant de personnes que je n’aurais jamais croisées si j’étais restée dans un cadre strictement religieux. »
Alors que son mari, décédé en 2008, présidait la société de fonds communs de placement Oppenheimer & Company et contribuait à relancer le New York Sun, Nash s’est tracé sa propre voie dans le domaine culinaire.
Après la naissance de leurs enfants, Joshua et Pamela, elle étudie auprès de chefs renommés, dont Michael Field et Millie Chan, et adapte leur cuisine aux exigences casher.
Son deuxième ouvrage, Helen Nash’s Kosher Kitchen, publié en 1988, visait lui aussi à repousser les limites de la cuisine casher. « La cuisine casher ne se résume pas au gehakte leber (foie haché) et au gefilte fish », affirmait-elle alors.
Helen Nash’s New Kosher Cuisine, publié après la mort de son mari, a porté la cuisine casher vers de nouveaux sommets, en incorporant de nouveaux ingrédients internationaux rendus casher depuis la publication de ses précédents livres.
Helen Nash présidait également la Nash Family Foundation, qui soutient de nombreuses organisations juives de New York. Elle et son mari ont été de généreux donateurs de l’UJA-Federation of New York, du Mount Sinai Medical Center, du Musée d’Israël, du Shaare Zedek Medical Center et de Yeshiva University.
Le rabbin Menachem Creditor, chercheur résident et rabbin de l’UJA-Federation of New York, a dédié son étude de la Torah du mercredi sur YouTube à Helen Nash.
« Helen Nash était beaucoup de choses, une auteure reconnue et une cheffe talentueuse, mais elle était surtout la matriarche de sa famille », a déclaré Creditor. « Sa fondation familiale a profondément marqué le monde juif pour le mieux de multiples façons, et j’ai eu la chance et le privilège, dès mes débuts à l’UJA il y a près de huit ans, d’étudier la Torah avec Helen tous les mercredis au cours de ces huit dernières années. »
Helen Nash laisse derrière elle ses enfants et petits-enfants. Ses funérailles ont eu lieu le 9 décembre à la congrégation Kehilath Jeshurun, une synagogue orthodoxe de l’Upper East Side de Manhattan.







