Des chercheurs israéliens ont trouvé des biomarqueurs pour la pré-éclampsie
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Des chercheurs israéliens ont trouvé des biomarqueurs pour la pré-éclampsie

Il s'agit de signaux potentiels pour un test sanguin d'alerte précoce d'une complication dangereuse pouvant interférer avec le flux sanguin vers le placenta

Illustration d'une femme enceinte (iStock by Getty Images)
Illustration d'une femme enceinte (iStock by Getty Images)

Des chercheurs de l’université de Tel Aviv ont trouvé de nouveaux biomarqueurs moléculaires afin de pouvoir identifier les femmes atteintes de pré-éclampsie, une complication soudaine de la grossesse qui peut interférer avec le flux sanguin vers le placenta et éventuellement vers le fœtus.

Les chercheurs disent que la découverte signale le besoin d’un diagnostic précoce de test sanguin d’une condition pouvant conduire à la naissance d’un bébé ayant un faible poids, prématuré et parfois aboutir à la mort.

La recherche pour l’étude a été menée par le Dr Noam Shomron et le professeur Moshe Hod à la Sackler School of Medicine, en collaboration avec le professeur Kypros Nicolaides du King’s College, à Londres. Les conclusions ont été publiées dans la revue Scientific Reports.

« Jusqu’à huit pour cent des femmes enceintes peuvent contracter la pré-éclampsie au cours de leur deuxième ou troisième trimestre », a déclaré Shomron dans un communiqué annonçant l’étude.

« C’est une maladie grave qui met en danger la santé, parfois même la vie, de la mère et du fœtus. Nous n’en connaissons pas la cause, mais la pré-éclampsie, si elle est prise à temps, a un remède simple et prouvé : de faibles doses d’aspirine administrées à partir de la 16e semaine jusqu’à la fin de la grossesse. »

Jusqu’à présent, les médecins ont évalué le risque de pré-éclampsie d’une femme en se référant à des grossesses antérieures, des niveaux de pression artérielle et d’autres symptômes généraux.

« Mais nous avons cherché un biomarqueur définitif qui apparaît dans le sang d’un patient dès le premier trimestre, avant que les symptômes apparaissent », a déclaré Shomron. « Nos résultats constituent la base d’un simple test sanguin qui permettrait de prédire la pré-éclampsie et permettre aux médecins de fournir un traitement qui éviterait l’apparition même de la maladie. »

Pendant six ans, les chercheurs ont examiné des échantillons de sang de milliers de femmes enceintes au Royaume-Uni durant leur premier trimestre en clinique. L’équipe a ensuite porté son attention sur 75 échantillons de sang spécifiques : 35 prélevés chez des femmes ayant contracté une pré-éclampsie et 40 chez des femmes restées en bonne santé tout au long de leur grossesse.

Les chercheurs ont extrait des molécules d’ARN – des fragments d’information moléculaire présents dans les cellules humaines – du plasma des échantillons et les ont séquencés et analysés en utilisant des méthodes de séquençage génétique et et des algorithmes d’apprentissage automatique.

L’analyse a permis d’identifier 25 petites molécules d’ARN différentes chez les femmes ayant contracté la pré-éclampsie. Sur la base de ces molécules, les chercheurs ont ensuite développé un modèle pour classer les échantillons de pré-éclampsie, permettant un éventuel test précoce de cette condition.

Selon le professeur Hod, la nouvelle recherche suit une tendance mondiale, qui vise à effectuer des tests de grossesse durant le premier trimestre, par opposition au troisième trimestre, tel qu’il est pratiqué aujourd’hui.

« Les premiers tests ou prédictions permettront aux médecins de protéger la santé de la mère et du fœtus. Cela facilitera aussi, si nécessaire, des interventions préventives précoces pour améliorer les résultats de la mère et de la progéniture », a-t-il dit.

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