Des images satellites montrent les dégâts sur la base en Syrie après la frappe
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Des images satellites montrent les dégâts sur la base en Syrie après la frappe

Des images montrent au moins 13 bâtiments frappés lors d'une raid aérien qui aurait causé la mort de 26 combattants pro-Assad, notamment des Iraniens

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Une image satellite montre les résultats  d'une frappe israélienne présumée sur une base qui serait placée sous le contrôle de l'Iran à proximité de la ville de Hama, la veille, le 30 avril 2018 (Crédit : ImageSat International ISI)
Une image satellite montre les résultats d'une frappe israélienne présumée sur une base qui serait placée sous le contrôle de l'Iran à proximité de la ville de Hama, la veille, le 30 avril 2018 (Crédit : ImageSat International ISI)

Une entreprise israélienne d’images par satellite a révélé lundi les dégâts causé par une frappe aérienne sur au moins 13 bâtiments d’une base militaire qui serait contrôlée par l’Iran dans le nord de la Syrie, la veille.

Tard dans la nuit de dimanche, des explosions ont été rapportées dans deux structures qui se trouveraient sous contrôle iranien dans le nord-ouest de la Syrie, l’une à proximité de la ville de Hama et l’autre près d’Alep.

Les effets immédiats de la frappe sur Hama – une boule de feu massive – ont pu être aperçus à des kilomètres à la ronde et ont atteint une magnitude de 2,6 sur l’échelle de Richter, selon les séismographes avoisinants.

Cette attaque commise sur le dépôt d’armement a détruit environ 200 roquettes sol-sol, a fait savoir un membre de la coalition pro-régime au New York Times.

L’ancien chef des renseignements militaires Amos Yadlin a noté que l’ampleur de l’explosion avait indiqué que les roquettes étaient équipées d’explosifs puissants.

À lire aussi : Syrie : La secousse causée par la frappe révèle l’importance de la cible

« Il a pu s’agir de missiles balistiques dotés d’ogives lourdes. Le niveau de l’explosion qui a même fait bouger l’aiguille d’un détecteur de tremblement de terre n’est pas issu des munitions qui se sont abattues sur les lieux mais bien des cibles », a commenté Amos Yadlin, qui dirige l’influent think-tank de l’Institut national d’études de sécurité.

Lundi soir, l’entreprise ImageSat a diffusé des photographies qui montrent l’envergure des dégâts sur le site. Ce sont au moins 13 bâtiments qui ont été frappés lors de l’attaque sur la base de Hama, selon les clichés.

Une image satellite montre les résultats d’une frappe israélienne présumée sur une base qui serait placée sous le contrôle de l’Iran à proximité de la ville de Hama, la veille, le 30 avril 2018 (Crédit : ImageSat International ISI)
Une image satellite montre les résultats d’une frappe israélienne présumée sur une base qui serait placée sous le contrôle de l’Iran à proximité de la ville de Hama, la veille, le 30 avril 2018 (Crédit : ImageSat International ISI)
Une image satellite montre les résultats d’une frappe israélienne présumée sur une base qui serait placée sous le contrôle de l’Iran à proximité de la ville de Hama, la veille, le 30 avril 2018 (Crédit : ImageSat International ISI)

Le responsable pro-régime issu de l’alliance régionale constituée de l’Iran, de la Syrie et du groupe mandataire de l’Iran, l’organisation terroriste du Hezbollah, a fait savoir que les frappes avaient fait 16 morts dont 11 Iraniens.

C’est un chiffre inférieur à ce qu’ont fait savoir d’autres sources suite à l’attaque. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, au moins 26 personnes ont été tuées, avec une majorité d’Iraniens. Des médias affiliés aux forces d’opposition syrienne ont pour leur part établi un bilan de 38 victimes.

L’Iran a démenti avoir perdu des soldats dans l’attaque et nié le fait que ses bases en Syrie aient été prises pour cible. L’auteur des frappes est resté indéterminé même si certaines informations parues dans les médias ont cité Israël, d’autres invoquant une attaque américano-britannique conjointe lancée depuis la Jordanie.

Une image satellite montre les résultats d’une frappe israélienne présumée sur une base qui serait placée sous le contrôle de l’Iran à proximité de la ville de Hama, la veille, le 30 avril 2018 (Crédit : ImageSat International ISI)

L’observatoire a indiqué que l’attaque commise en fin de nuit dimanche avait été « probablement » menée par Israël.

S’exprimant sous condition d’anonymat, le responsable a rejoint d’autres responsable régionaux en disant que Téhéran pourrait être susceptible de frapper Israël en riposte à l’explosion, a fait savoir un reportage du Times.

Néanmoins, l’Iran attendra probablement probablement la fin des élections parlementaires du 6 mai dans le pays voisin du Liban pour ce faire. Son allié, le Hezbollah, y propose des candidats, ont dit les responsables.

Il n’y a eu également aucun commentaire du côté d’Israël, qui confirme ou dément rarement ses attaques en Syrie.

Le cabinet de sécurité a organisé une réunion imprévue dans l’après-midi de lundi, même si elle a dû concerner probablement davantage la présentation faite par le Premier ministre lundi soir au cours de laquelle il a présenté une demi-tonne de documents et de dossiers qui, a-t-il affirmé, avaient été obtenus par le Mossad dans un entrepôt iranien de Téhéran.

Cette attaque a eu lieu vingt-quatre heures après que Netanyahu s’est entretenu au téléphone avec le président américain Donald Trump. La Maison Blanche a fait savoir que les deux dirigeants avaient débattu des menaces et des défis que le Moyen-Orient doit affronter, « en particulier des problèmes posés par les activités de déstabilisation iraniennes ».

Samedi, le secrétaire d’Etat Mike Pompeo a lui aussi intensifié la rhétorique employée par l’administration Trump contre l’Iran et offert un soutien chaleureux à Israël et à l’Arabie saoudite dans leur impasse avec la République islamique.

« Nous restons profondément préoccupés par l’escalade iranienne dangereuse des menaces envers Israël et la région et par l’ambition de l’Iran de dominer la région qui perdure », a déclaré Pompeo après une rencontre de presque deux heures avec Netanyahu.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyauh et le Secrétaire d’État à la Défense Mike Pompeo, à Tel Aviv, le 29 avril 2018. (Crédit : Haim Zach / GPO)

« Les Etats-Unis se tiennent aux côtés d’Israël dans ce combat », a-t-il ajouté à l’occasion de ce tout premier voyage à l’étranger en tant que plus haut diplomate américain.

Israël a cité la rhétorique hostile de l’Iran, le soutien aux groupes militants anti-israéliens et le développement de missiles balistiques.

Trump a établi au 12 mai la date-butoir où il décidera s’il retire les Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien – un retrait qui semble probable malgré de lourdes pressions à ne pas le faire de la part des Européens et autres parties.

Téhéran a envoyé des milliers de combattants pour appuyer les forces de Bashar El-Assad dans la guerre civile qui déchire le pays depuis sept ans, selon Israël.

La frappe de dimanche survient dans un contexte de tensions croissantes entre l’Iran et l’Etat juif après l’attaque, au début du mois, de la base aérienne T4 en Syrie, qui était située dans la province de Homs, dans le centre du pays, et qui avait fait sept morts du côté des militaires iraniens. Téhéran a juré de se venger de cette frappe.

La Syrie, l’Iran et la Russie ont reproché cette attaque à Israël, qui ne l’a ni confirmée, ni démentie.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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