Des Israéliens se souviennent de la roquette qui a explosé sur leur route
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Des Israéliens se souviennent de la roquette qui a explosé sur leur route

Plusieurs automobilistes sont revenus ensemble sur la scène de l'explosion qui les a manqués de - très - peu pour raconter leur expérience et s'offrir un soutien mutuel

Le moment om une roquette s'est abattue sur la Route 4, près de Gan Yavne, le 12 novembre 2019 (Capture d'écran/Treizième chaîne)
Le moment om une roquette s'est abattue sur la Route 4, près de Gan Yavne, le 12 novembre 2019 (Capture d'écran/Treizième chaîne)

Des automobilistes israéliens qui ont été épargnés de justesse, mardi, par une roquette émanant de Gaza et qui s’était abattue sur la route avant d’exploser à quelques mètres seulement d’eux se sont rassemblés pour échanger leurs réflexions sur ce qu’il s’est passé dans des entretiens qui ont été diffusés vendredi.

Cet incident dramatique avait été filmé et il a largement circulé dans les médias israéliens.

Le projectile – l’un des 450 qui a été tiré par des terroristes de Gaza vers l’Etat juif, mardi et mercredi – a explosé au milieu de la Route 4 à 9 heures 30, aux abords de Gan Yavne, dans le sud d’Israël, manquant de peu plusieurs véhicules.

Les conducteurs des voitures entourant l’impact ont été légèrement blessés, tandis que les panneaux et les barrières de sécurité autour de l’intersection portent encore les stigmates de l’éclat d’obus.

L’explosion n’a été précédée d’aucune sirène d’alerte.

Plusieurs conducteurs qui se trouvaient sur les lieux ont raconté ce qu’il s’était passé à la Treizième chaîne.

Mali Hason se rendait à un foyer pour femme battues où elle fait du bénévolat en compagnie de son chien, Ice. Sa mère l’avait mise en garde contre le danger des roquettes mais elle avait décidé néanmoins de continuer ses activités habituelles.

Mali Hason sur les lieux d’une frappe à la roquette aux abords de Gan Yavne qui a manqué de la tuer (Capture d’écran/Treizième chaîne)

« Sur la route, je me disais tout le temps : ‘Si ça arrive, je m’arrête ici’. Je prévoyais ce que je devrais faire si quelque chose devait arriver. J’ai traversé l’intersection et je me suis dit : ‘Génial, je l’ai fait’, » se souvient Hason.

« C’est là que j’ai vu le missile. Ce que j’ai pensé d’abord, c’est qu’il était pour moi. Et il y a eu une explosion que je ne peux même pas réussir à décrire », explique-t-elle. « Le premier mot qui est sorti de ma bouche a été ‘Ice’. »

Elle a stoppé et elle est sortie de la voiture avec son chien.

Mali Hason et son chien, Ice, sur la scène d’une explosion à la roquette qui a manqué les tuer tous les deux, le 15 novembre 2019 (Capture d’écran/Treizième chaîne)

Revenant sur la scène de l’explosion pour l’interview, elle commence à trembler.

« Je tremble vraiment, je suis désolée. C’est dur pour moi. Quelques secondes de plus et j’étais morte », dit-elle.

Pour sa part, Eyal Makis parcourait la route qui le sépare de son habitation d’Ashkelon et de son bureau, à Ness Ziona.

« S’il y avait eu un feu rouge, j’aurais été touché et les choses se seraient terminées différemment pour moi », explique-t-il. « Etre ici me ramène véritablement à ce moment où ça s’est produit et c’est dur. C’est compliqué. Il y a eu une sorte de coup de chance, de miracle », poursuit-il.

Daniel Hazan, chauffeur de bus, qui a été filmé en train de regarder la roquette frapper la rue devant lui, déclare que « quand je l’ai vue, c’était comme si j’étais en train de regarder la télé. C’était comme dans un film, quand on voit tout à coup les effets spéciaux apparaître devant vous ».

« J’étais en train de boire à petits coups. Je ne savais pas si je devais avaler ou ne pas avaler. Qu’est-ce qu’on est censés faire ? », ajoute Hazan.

Il est sorti du bus et il a constaté que la roquette avait brisé les fenêtres et entraîné d’autres dégâts.

« J’ai compris qu’on avait eu beaucoup de chance », s’exclame-t-il.

Sergey Dazos chez lui après une explosion à la roquette qui lui a lancé des bris de glace au visage, le blessant (Capture d’écran/Treizième chaîne)

Sergey Dazos a été blessé par des bris de glace causés par l’explosion. Il est chez lui, pour se rétablir.

« Tout à coup, j’ai entendu un boum, la voiture a été touchée. J’ai eu l’impression que j’avais été blessé, d’une manière ou d’une autre, mais je ne comprenais rien », raconte Dazos.

« J’avais tous ces éclats de verre qui m’avaient blessés. C’est vraiment difficile pour moi. Je ne veux pas aller voir là où c’est arrivé. C’est une salissure noire sur ma vie », note-t-il.

Il ajoute ne pas se rappeler vraiment de l’incident mais il se souvient de Hason et de son chien qui se trouvaient dans le véhicule placé devant lui.

Hason appelle Dazos au téléphone pendant l’entretien. Elle l’encourage à se rendre sur le site de l’explosion, ce qui, clame-t-elle, l’aidera à guérir. Il lui demande comment se porte son chien.

Puis Hason lui demande à son tour des nouvelles, et il répond : « Ça me fait vraiment mal ».

« Avant tout, tu parles – et ça, c’est merveilleux », lui dit-elle.

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