Des manifestations exigent la fin de la violence faite aux femmes en Israël
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Des manifestations exigent la fin de la violence faite aux femmes en Israël

Ce mouvement s’inscrit dans le contexte d’une indignation générale à cause de l’augmentation des meurtres domestiques; 20 femmes ont été tuées cette année

Manifestation contre la violence à l'égard des femmes, à Tel Aviv le 18 octobre 2018 (Crédit : Miriam Alster / Flash90).
Manifestation contre la violence à l'égard des femmes, à Tel Aviv le 18 octobre 2018 (Crédit : Miriam Alster / Flash90).

A Jérusalem, des manifestants ont bloqué vendredi l’entrée du ministère de la Sécurité publique. Ils se sont étendus dans des flaques de peinture rouge pour symboliser une effusion de sang, afin de demander aux autorités de prendre des mesures et de mettre fin à la violence à l’égard des femmes.

Les manifestants portaient des pancartes avec des slogans adressés directement au ministre de la Sécurité publique selon le site d’informations israélien Mako : « Gilad Erdan, comment comptez-vous empêcher le prochain meurtre ? », « Son sang est sur vos mains ».

En ce qui concerne les crimes dits d’honneur, un panneau disait : « Il n’y a pas d’honneur dans un meurtre. » Certains des manifestants ont été arrêtés par la police.

Jeudi, des rassemblements ont eu lieu dans 25 lieux en Israël en réaction à la récente hausse du nombre de femmes tuées par leur partenaire ou des membres de leur famille.

A la manifestation principale sur la place Dizengoff dans le centre de Tel Aviv, quelque 200 militants se sont rassemblés pour honorer la mémoire des femmes tuées par des membres de leur famille et pour exiger des changements.

L’organisation de femmes Na’amat a distribué 500 ballons transparents portant le slogan « les pleurs des femmes transparentes ». L’adjectif
« transparente » est souvent utilisé pour décrire les membres de la société qui ne sont ni vus ni protégés.

Des manifestants à un rassemblement contre les violences faites aux femmes à Tel Aviv le 18 octobre 2018 (Crédit : Miriam Alster / Flash90).

« Les hommes ont peur que les femmes se moquent d’eux, les femmes craignent que les hommes ne les tuent » et « Qu’adviendra-t-il des enfants qui découvrent que leur mère a été assassinée ? », étaient inscrit sur les affiches placardées dans Tel Aviv.

Lorsque le maire de la ville, Ron Huldai, est arrivé à la manifestation, les militants lui ont demandé d’allouer des fonds supplémentaires pour la construction d’abris pour les victimes de violences domestiques, et ils l’ont critiqué pour avoir maintenu ouverts les clubs de strip-tease de la ville.

Plusieurs députés des partis d’opposition ont assisté à la manifestation, notamment Tzipi Livni, Yael Cohen Paran et Merav Michaeli de l’Union sioniste, Tamar Zandberg et Mossi Raz du Meretz, ainsi que Aida Touma-Sliman et Dov Khenin de la Liste arabe unie, selon le journal israélien Haaretz.

Une femme pose une rose lors d’un rassemblement contre les violences faites aux femmes, à Jérusalem le 18 octobre 2018 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

“Lors d’un événement comme celui-ci, nous devrions voir des hommes, ainsi que des ministres et des représentants du gouvernement. Vingt femmes ont été tuées cette année. Les hommes doivent comprendre que les femmes ne sont pas leur propriété”, a déclaré Livni au journal.

“Le gouvernement distribue des armes au lieu de régler le problème. C’est intolérable.”

Plus d’un demi-million d’Israéliens ont récemment été autorisés à recevoir une autorisation de port d’armes à feu dans le cadre d’une réforme majeure des règles du pays relatives aux armes, dans le but d’améliorer les réponses immédiates aux attaques terroristes.

La chef de l’opposition, Tzipi Livni, assiste à un rassemblement de protestation contre la violence à l’égard des femmes, à Tel Aviv le 18 octobre 2018 (Crédit : Miriam Alster / Flash90).

‘Ces dernières années, les femmes arabes ont manifesté à plusieurs reprises contre le meurtre de femmes [dans le secteur arabe de la société] et se sont senties seules dans leur combat, car les autorités considèrent ce phénomène comme partie intégrante de la « culture de la société arabe » ‘, a déclaré Touma Sliman à Haaretz.

« Les manifestations d’aujourd’hui sont extrêmement importantes. Il est temps de pointer du doigt le gouvernement qui porte la responsabilité, son silence assourdissant et son incompétence face à cette détresse généralisée », a-t-elle déclaré.

La députée Merav Ben-Ari du parti centriste Koulanu était la seule membre de la coalition à y assister.

« Qu’est-ce que cela a à voir avec l’opposition ou la coalition ? Les femmes sont assassinées, nous devons tous nous battre ensemble contre cette terrible situation », a déclaré Ben-Ari à Haaretz.

« La femme qui a été assassinée la semaine dernière – est-ce que quelqu’un lui a demandé pour qui elle votait ? Les institutions doivent être renforcées et les lois doivent être adoptées. »

La semaine dernière, un policier a tué son épouse à leur domicile dans la ville côtière de Netanya alors que trois de leurs enfants étaient dans l’appartement avec eux.

Masresha Wasa, 24 ans, a abattu son épouse Angoach Malkmu Wasa, 36 ans, avant d’appeler la police et de se rendre. Il a été placé en détention provisoire.

Angoach Malkmu Wasa (Crédit : Facebook)

Quelques jours auparavant, Aliza Shafak avait été tuée à son domicile de Netanya; son ex-mari est soupçonné de l’avoir assassinée.

Vingt femmes ont déjà été assassinées par leurs proches en 2018.

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