Des militants supplient le Premier ministre de ramener tous les Juifs d’Éthiopie
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Des militants supplient le Premier ministre de ramener tous les Juifs d’Éthiopie

La commission de l'alyah de la Knesset va interpeller les autorités mercredi, alors que des combats dans le nord-ouest de l'Éthiopie ont tué un Juif de Gondar la semaine dernière

Des femmes israéliennes de la communauté juive éthiopienne prient pendant la fête du Sigd, marquant le désir de "retourner à Jérusalem", alors qu'elles la célèbrent depuis une colline de la ville sainte surplombant le mont du Temple, le 16 novembre 2017. (AFP Photo/Gali Tibbon/File)
Des femmes israéliennes de la communauté juive éthiopienne prient pendant la fête du Sigd, marquant le désir de "retourner à Jérusalem", alors qu'elles la célèbrent depuis une colline de la ville sainte surplombant le mont du Temple, le 16 novembre 2017. (AFP Photo/Gali Tibbon/File)

Un organisme qui fait campagne pour faire venir en Israël les Juifs d’Éthiopie a averti lundi que ceux qui attendent à Gondar et à Addis-Abeba sont en « danger immédiat, réel et mortel » et devraient être évacués par avion immédiatement.

Les combats entre le gouvernement du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed et le Front populaire de libération du Tigré [FPLT] du nord-ouest du pays ont fait sa première victime au sein de la communauté juive de Gondar le 12 novembre dernier – Girmew Gete, 36 ans.

Il a été tué dans la zone frontalière entre le Tigré et Amhara, qui est contestée par les deux régions voisines.

Il attendait avec sa famille d’immigrer en Israël depuis 24 ans et laisse derrière lui sa compagne et leur fille de quatre ans.

Une photo non datée de Germew Gete en uniforme de l’armée. (Autorisation de Markachew Woldie)

Jusqu’à 14 000 personnes ayant des racines juives attendent de venir en Israël, la grande majorité ayant quitté leurs villages il y a des années pour tenter de survivre près des centres communautaires juifs de Gondar et d’Addis-Abeba.

La pandémie de coronavirus a entraîné un tarissement des dons et du soutien des familles installées en Israël, et la pauvreté et la malnutrition sont monnaie courante.

Vendredi soir, le FLPT a lancé des roquettes sur deux aéroports d’Amhara, dont l’un dessert Gondar, où la plupart des personnes en attente sont basées.

Dans sa lettre au Premier ministre Benjamin Netanyahu et au ministre des Finances Israël Katz, la Campagne pour l’alyah des Juifs d’Éthiopie a mis en garde non seulement contre la détérioration de la situation sécuritaire, mais aussi contre la crainte qu’en période d’instabilité, les Juifs ne soient exposés à des attaques antisémites.

Il fait référence à deux décisions du gouvernement israélien – l’une prise en novembre 2015, mais seulement partiellement mise en œuvre, pour faire venir quelque 8 000 personnes en Israël dans les cinq ans, et l’autre prise en septembre pour en amener 2 000, sous réserve de la « disponibilité des fonds ».

Les «Kessim» israéliens ou chefs religieux de la communauté juive éthiopienne dirigent les prières pendant la fête du Sigd marquant le désir de « retourner à Jérusalem », qu’ils célèbrent depuis une colline dans la ville sainte au-dessus du mont du Temple, le 16 novembre 2017. (Crédit : AFP PHOTO / GALI TIBBON)

« Dans ce contexte, et dans l’esprit du Sigd [la fête éthiopienne qui a eu lieu lundi], qui nous ordonne de sonder nos âmes dans l’espoir d’une rédemption et d’un retour à Sion, nous vous demandons d’agir de toute urgence pour mettre en œuvre les décisions 716 et 429 du gouvernement afin d’amener toute la population qui attend de venir en Terre d’Israël », peut-on lire dans la lettre.

« En ce jour de fête du Sigd, des milliers de citoyens israéliens ayant de la famille en Éthiopie se tournent vers vous dans l’espoir que vous puissiez sauver la vie de leurs proches. »

Mercredi, la commission de l’alyah de la Knesset se réunira pour interroger les responsables des ministères et de diverses organisations sur la situation.

Des représentants du ministère de l’Intérieur et de l’Agence juive sont déjà sur le terrain en Éthiopie, où ils sélectionnent 2 000 personnes et préparent leur convoi aérien vers Israël en janvier.

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