Des milliers de personnes à un mariage hassidique à Brooklyn, malgré la COVID
Rechercher

Des milliers de personnes à un mariage hassidique à Brooklyn, malgré la COVID

Les préparatifs ont été gardés secrets pour éviter que les autorités ne le découvrent ; de nombreux invités de la dynastie Bobov seraient originaires d'Europe et d'Israël

Des milliers de personnes sont réunies pour le mariage du fils du rabbin Ben Zion Halberstam, grand rabbin d'une faction de la dynastie hassidique Bobov. (Capture d'écran de WhatsApp via JTA)
Des milliers de personnes sont réunies pour le mariage du fils du rabbin Ben Zion Halberstam, grand rabbin d'une faction de la dynastie hassidique Bobov. (Capture d'écran de WhatsApp via JTA)

JTA – JDN, un site d’information israélien ultra-orthodoxe, a publié un article avant un grand mariage organisé à New York par la dynastie hassidique Bobov sur le secret de son organisation, puis a remplacé l’article par une autre version qui disait que la cérémonie serait modeste et conforme aux règles du COVID.

Les photos et la vidéo du mariage qui a eu lieu lundi dans le quartier de Borough Park à Brooklyn ont montré clairement que c’était la première version de l’histoire qui était exacte.

Elles montrent que des centaines, voire des milliers, d’invités s’étaient entassés dans la synagogue principale d’une faction du hassidisme de Bobov lundi soir pour célébrer le mariage du plus jeune fils du rabbin Ben Zion Halberstam, le grand rabbin de la faction.

Les vidéos qui ont circulé le lendemain sur WhatsApp montraient une salle de mariage bondée, avec des milliers de personnes et aucun masque en vue. De grandes tentures portant les mots « mazel tov » étaient accrochées à un mur pour couvrir les fenêtres de la salle.

Ce mariage est le dernier exemple en date du non-respect, dans les communautés hassidiques, des protocoles destinés à stopper la propagation du coronavirus. Et, ce qui est peut-être plus troublant pour les autorités qui espèrent arrêter ces événements, c’est encore un autre exemple de la capacité des membres de la communauté hassidique à garder le secret sur les violations des directives de santé publique qui mettent des vies en danger alors que les cas de COVID augmentent à travers les États-Unis et qu’une nouvelle variante plus contagieuse de la maladie continue de se propager dans le monde.

Illustration : Des membres de la communauté juive orthodoxe se rassemblent autour d’un journaliste alors qu’il mène une interview à un coin de rue, le 7 octobre 2020, dans le quartier de Borough Park de l’arrondissement de Brooklyn à New York. (AP Photo/John Minchillo)

JDN, le site d’information israélien qui a révélé les détails du mariage lundi, a clairement montré à quel point les organisateurs du mariage ont fait en sorte de garder l’événement secret – même si, selon le site d’information, des milliers de personnes y ont assisté et des centaines sont venues d’Europe et d’Israël pour l’occasion.

« Les conditions rendent très difficile l’organisation d’événements de masse, mais la communauté hassidique de Bobov, l’une des plus importantes des États-Unis, a tout fait pour que le mariage se déroule dans de bonnes conditions, comme il se doit pour le mariage du plus jeune fils du grand rabbin pour lequel beaucoup prédisent un avenir radieux », selon l’article publié lundi.

Il poursuit :

« C’est une tâche difficile d’organiser un mariage de masse en ces jours tumultueux. Même si vous avez réussi à trouver un lieu convenable, le cœur n’est pas en paix, car à tout moment vous êtes exposé au danger de dénonciation et les forces de police seront en route pour le lieu et la célébration cessera. Si en Israël, il y a des inquiétudes, aux États-Unis d’Amérique, elles le sont d’autant plus ».

L’article explique ensuite que le lieu du mariage n’a été précisé qu’immédiatement avant son début et que les invités ont été avertis de ne pas prendre de photos ou de vidéos de l’événement.

La version originale de l’article a été rédigée par le rabbin Natan Slifkin du blog Rationalist Judaism, qui écrit souvent des articles irrévérencieux sur les dirigeants orthodoxes. Mais dès mardi, l’article du JDN avait été remplacé par un article plus court qui affirmait que le mariage serait organisé de manière plus limitée.

« JDN News a appris qu’en raison de la situation, le mariage sera organisé de manière très limitée et note que le Rabbi est très strict dans les instructions et a été parmi les premiers à ordonner la fermeture des institutions de Torah des Hassidim pour se protéger contre le virus », dit l’article.

« Des milliers de disciples de Bobov du monde entier célébreront depuis chez eux les réjouissances du grand mariage, la joie du plus jeune fils du Rebbe qui sera marié à un moment propice et réussi. Le cœur de milliers d’adeptes est plein d’excitation ».

Un juif hassidique passe devant un centre de test COVID-19 dans le quartier de Borough Park à Brooklyn, l’un des cinq arrondissements de la ville de New York, le 9 octobre 2020. (Angela Weiss / AFP)

Depuis l’été, les grands mariages sont cités comme une source de contamination dans les communautés orthodoxes et de tension entre ces communautés et les autorités gouvernementales. Les membres des communautés qui ont dénoncé les grands rassemblements dans les synagogues et les salles de mariage ont été appelés « mosers », un terme qui se traduit par « délateurs » mais qui peut comporter la menace de violence physique.

Lors des manifestations qui se sont déroulées dans le quartier hassidique de Borough Park en octobre, un journaliste hassidique a été pris à partie par la foule après qu’un provocateur local, Heshy Tischler, l’a traité de « moser ».

Le même journaliste de JDN qui a écrit les articles sur le mariage a tweeté une mise à jour mardi après-midi après le discours de Halberstam lors de la première sheva brachot, ou célébration post-mariage.

Dans ses remarques, le Rabbi a fait référence aux « mosers » qui informent les autorités des célébrations et de l’ouverture des synagogues et s’en est pris à eux avec beaucoup de sévérité », a-t-il écrit.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...