Des ministres de droite ulcérés par la rencontre entre Gantz et Abbas
Rechercher

Des ministres de droite ulcérés par la rencontre entre Gantz et Abbas

Pour Saar et Hendel (Tikva Hadasha), il n'y a pas de partenaire palestinien pour la paix ; un responsable aurait dit que le ministre de la Défense tentait de renverser la coalition

Le ministre de la Défense Benny Gantz (G) et le Premier ministre Naftali Bennett parlent pendant la cérémonie de prestation de serment du nouveau président Isaac Herzog, le 7 juillet 2021. (Crédit : YonatanSindel/Flash90)
Le ministre de la Défense Benny Gantz (G) et le Premier ministre Naftali Bennett parlent pendant la cérémonie de prestation de serment du nouveau président Isaac Herzog, le 7 juillet 2021. (Crédit : YonatanSindel/Flash90)

Le ministre de la Défense Benny Gantz a été critiqué par certains de ses partenaires de coalition, lundi, pour avoir rencontré le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, un entretien qui avait eu lieu la veille.

Le ministre de la Justice Gideon Saar et le ministre des Communications Yoaz Hendel, tous deux issus du parti de droite Tikva Hadasha, ont ouvertement mis en doute la nécessité de rencontrer Abbas. Par ailleurs, une éminente source gouvernementale aurait, selon les médias, suggéré que Gantz avait pu tenter à dessein de renverser le gouvernement.

La réunion avait été approuvée au préalable par le Premier ministre Naftali Bennett, a dit un responsable.

« A sa place, je ne serais pas allé à cette réunion parce qu’Abbas verse des salaires aux familles des terroristes », a déclaré Saar, qui dirige le parti, au micro de la station de radio 103 FM lors d’un entretien.

« En même temps », a-t-il ajouté, « je ne vais pas exagérer la signification de cet entretien ».

Les critiques de cette rencontre – c’était la première discussion d’un tel niveau entre les parties en plus d’une décennie – ont souligné les difficultés exigées par un cabinet israélien très diversifié idéologiquement s’agissant de dossiers diplomatiques houleux, en particulier concernant les Palestiniens. Le gouvernement, qui est dirigé par le leader nationaliste Bennett, est formé de partis issus de l’extrême-droite et de l’extrême-gauche de l’échiquier politique et les responsables ont indiqué clairement qu’il n’aurait pas le capital politique nécessaire pour une relance des négociations avec les Palestiniens.

« Selon moi, c’est un gouvernement d’unité et aucune initiative n’est nécessaire, qu’elle soit entreprise par la gauche ou par la droite », a dit Hendel à la radio militaire.

Saar a expliqué que s’il y avait une coopération entre Israël et l’Autorité palestinienne, « nous n’avons pas de partenaire dans le cadre d’un processus diplomatique parce qu’Abbas ne porte aucun intérêt à un tel processus ».

« Un État palestinien en Judée-Samarie ne sera pas établi, quelles que soient les circonstances », a-t-il ajouté, utilisant le terme biblique qui désigne la Cisjordanie.

(Gauche) Le ministre de la Défense Benny Gantz assiste à une conférence dans la région d’Eshkol, dans le sud d’Israël, le 13 juillet 2021. (Droite) Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas prononce un discours concernant le COVID-19, au siège de l’Autorité palestinienne, dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 5 mai 2020. (Flash90)

Hendel a ajouté que lui-même n’aurait jamais rencontré Abbas personnellement car ce dernier « nie la Shoah et verse des salaires à des terroristes. Je ne le considère pas comme un partenaire ».

Selon la Douzième chaîne, d’autres ministres auraient également fait savoir leur mécontentement. Une source gouvernementale haut placée aurait déclaré que « Gantz s’occupe de ses intérêts politiques propres… si le gouvernement tombe, ce sera à cause de sa conduite ».

« Si cette réunion avait des objectifs sécuritaires, pourquoi a-t-il émis un communiqué de presse à ce sujet-là ? », aurait ajouté la source, selon la chaîne.

En réponse, Gantz a expliqué à la chaîne que la rencontre avait eu des objectifs « exclusivement de sécurité », qu’elle avait été coordonnée avec les autres ministres et qu’elle était délibérément restée discrète. « Il n’y a même pas eu une photo », a-t-il dit.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...