Des Palestiniens adressent leurs condoléances en personne à la famille Ansbacher
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Des Palestiniens adressent leurs condoléances en personne à la famille Ansbacher

Un militant indique avoir dit à la famille et aux résidents de l'implantation de Tekoa que Palestiniens et Israéliens "devaient trouver un moyen de vivre ensemble"

Des militants palestiniens et israéliens rendent une visite de condoléances à la famille Ansbacher, à Tekoa, le 12 février 2019 (Crédit : Tag Meir)
Des militants palestiniens et israéliens rendent une visite de condoléances à la famille Ansbacher, à Tekoa, le 12 février 2019 (Crédit : Tag Meir)

Un groupe de militants engagés pour la coexistence entre Israéliens et Palestiniens s’est rendu chez la famille de l’adolescente israélienne assassinée par un Palestinien jeudi.

« Nous pensons que la voie de la violence ne conduit qu’à la violence, » a déclaré Ziyad Sabatin, de la ville de Husan dans le sud de la Cisjordanie, devant le domicile de la famille d’Ori Ansbacher dans l’implantation de Tekoa.

L’agence de sécurité israélienne du Shin Bet pense que l’assassin présumé, Arafat Irfaiya, a quitté son domicile de Hébron jeudi armé d’un couteau et a emprunté la direction de Jérusalem, où il a remarqué la jeune fille âgée de 19 ans dans une zone boisée de la ville. Il l’a ensuite violée puis tuée.

« Aucune religion du monde n’encourage ce genre d’acte, » a déploré Ziyad Sabatin lors d’une interview avec la radio israélienne 103FM lors de sa visite.

Ce meurtre a suscité l’effroi chez les Israéliens, et les représentants politiques de droite ont immédiatement appelé à l’instauration de la peine de mort pour les terroristes. Peu après le meurtre, lors de la réunion dominicale hebdomadaire de son Cabinet, Benjamin Netanyahu a promis de faire appliquer une loi adoptée en juillet lui permettant de prélever les sommes attribuées par l’Autorité palestinienne aux terroristes palestiniens incarcérés, aux terroristes présumés et aux familles de ceux qui ont été tués pendant leurs attaques contre des Israéliens sur le montant des taxes qu’Israël reverse à l’Autorité palestinienne.

Ori Ansbacher (Crédit : autorisation)

Interrogé par la radio sur les motifs de sa visite, Ziyad Sabatin a souligné que des amis israéliens l’avait accompagné à Ramallah pour présenter leurs condoléances à la famille d’Aisha Rabi, une Palestinienne assassinée par des pierres lancées par un terroriste juif présumé en octobre en Cisjordanie.

« Nous nous sommes rendus là-bas pour exprimer nos condoléances avec des amis israéliens et nous sommes venus en faire autant ici, » a-t-il expliqué.

Il était entouré d’une dizaine de militants pacifistes palestiniens qui tenaient à consoler la famille d’Ori Ansbacher. Lorsqu’on lui a demandé pourquoi les Israéliens n’entendaient pas souvent parler de Palestiniens qui déplorent la mort d’Israéliens, il a accusé les médias.

« L’intérêt des journalistes est de trouver là où il y a de la violence, » a-t-il affirmé. « Dès qu’il y a du sang, on les voit rappliquer sur le champ et en faire toute une histoire. On ne voit pas ça quand il est question de paix. C’est le problème avec les journalistes. Nous faisons beaucoup pour la paix, des rassemblements, des tas d’activités en faveur de la paix, de la coexistence et d’une vie commune. »

Parmi ces militants se trouvaient également des militants israéliens de Tag Meir, une association antiraciste.

Raji Sabatin, également militant pacifiste et cousin de Ziad, a indiqué avoir dit à la famille Ansbacher qu’il dénonçait la violence.

« J’ai dit que de même que je condamne l’assassinat de Palestiniens, je rejette l’assassinat d’Israéliens, » a-t-il déclaré au Times of Israël. « J’ai également dit que nous devions trouver un moyen de vivre ensemble en toute coexistence. »

Il a précisé que les militants palestiniens participant à cette visite venaient de Husan, Wadi Fukin, Ramallah et Bethléem.

Le député Meretz Mossi Raz, qui était également de la visite, a confié à la chaîne Kan : « Aucun mot ne peut décrire la condamnation, la rage, la colère et le chagrin que je ressens. Je ferai tout mon possible pour que cela soit la dernière mort » du conflit israélo-palestinien.

Il a ajouté qu’il « se réjouissait que des Palestiniens aient pris part à cette visite. »

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