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Des Palestiniens décollent pour la première fois de l’aéroport Ramon d’Eilat

Arkia Airlines a embarqué 40 résidents originaires d'Hébron et de Bethléem dans son avion pour Chypre à l'aéroport Ramon, aux côtés des passagers israéliens

Des résidents palestiniens de Cisjordanie  prêts à embarquer sur un vol à l'aéroport Ramon, le 22 août 2022. (Crédit : Flash90)
Des résidents palestiniens de Cisjordanie prêts à embarquer sur un vol à l'aéroport Ramon, le 22 août 2022. (Crédit : Flash90)

Un groupe de passagers palestiniens a décollé pour Chypre lundi, utilisant pour la première fois l’aéroport Ramon, situé à l’extérieur de la ville d’Eilat, dans le sud du pays, dans le cadre d’un programme pilote permettant aux résidents de Cisjordanie d’emprunter cet aéroport pour se rendre vers certaines destinations.

Jusqu’à aujourd’hui, les Palestiniens qui souhaitaient prendre l’avion vers l’étranger devaient se rendre par voie terrestre jusqu’à la Jordanie et prendre un vol de là-bas, ou bénéficier d’un permis d’entrée – souvent difficile à obtenir – en Israël pour prendre l’avion à l’aéroport Ben Gurion.

Dans ce contexte nouveau, un premier vol vers Chypre d’Arkia Airlines a décollé à 11h30 dans la journée de lundi, transportant 40 résidents de Bethléem et d’Hébron partis de l’aéroport Ramon à destination de Larnaca, à Chypre. Un vol-retour est prévu pour vendredi. La ligne prend également en charge les Israéliens, assis aux côtés des passagers palestiniens.

Des vols à destination d’Antalya et d’Istanbul en Turquie, opérés par Pegasus Airlines et AtlasGlobal, devaient également décoller à partir de lundi. Toutefois, l’Autorité aéroportuaire israélienne a annoncé dimanche que ces projets étaient retardés.

Oz Berlowitz, PDG d’Arkia, a déclaré dans un communiqué : « Jusqu’à aujourd’hui, les vols pour les Palestiniens depuis un cadre unique, et en particulier depuis l’aéroport Ramon, n’étaient qu’un rêve. Et le rêve est finalement devenu réalité. »

Amir Aasi, un consultant stratégique d’Arkia à l’origine de l’initiative, a déclaré au quotidien Israel Hayom qu’il avait reçu des demandes de renseignements de la part de Palestiniens de la bande de Gaza intéressés par des vols au départ de l’aéroport.

Le nouvel aéroport Ramon lors de la cérémonie d’ouverture officielle, le 21 janvier 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

À ce stade, les résidents de l’enclave côtière ne sont pas autorisés à profiter des vols au départ de Ramon. Israël et l’Égypte maintiennent un blocus strict sur la bande de Gaza pour tenter d’empêcher le groupe terroriste du Hamas, qui dirige Gaza, d’importer des armes.

Lorsqu’ils partiront dans le sud du pays, les passagers palestiniens seront soumis à un contrôle de sécurité en quittant la Cisjordanie, en plus des contrôles effectués à l’aéroport pour tous les passagers.

L’initiative a été lancée par le général de division Ghassan Aliane, coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires – plus connu sous l’acronyme COGAT.

Le COGAT a travaillé avec le Shin Bet et la police israélienne pour assurer des protocoles de sécurité appropriés à l’aéroport Ramon dans le cadre de cette initiative, a déclaré le bureau d’Aliane aux médias israéliens au début du mois.

Un résident palestinien de Cisjordanie, à droite, s’exprimant avec les médias israéliens et à un officier de Tsahal avant d’embarquer sur son vol à l’aéroport Ramon, le 22 août 2022. (Crédit : Flash90)

L’aéroport Ramon, qui a été construit juste au nord de la station balnéaire d’Eilat, sur la côte de la mer Rouge, à la pointe sud d’Israël, devait être initialement une passerelle permettant aux touristes européens de rejoindre cette station touristique populaire, tout en desservant les vols intérieurs.

Pour s’y rendre, les Palestiniens du nord de la Cisjordanie doivent voyager pendant au moins cinq heures, soit plus du double de la distance à parcourir jusqu’à Amman – bien que cet itinéraire vers la Jordanie puisse impliquer de longues attentes au poste-frontière du pont Allenby.

Selon des rumeurs, l’initiative prise par le COGAT devait être annoncée avant le voyage du président américain Joe Biden en Israël le mois dernier, dans le cadre de son enveloppe de mesures visant à améliorer les conditions de vie des Palestiniens – mais elle a été finalement officiellement présentée en août.

Un responsable palestinien qui s’était entretenu avec le Times of Israel à l’époque avait déclaré que Ramallah n’avait pas été consulté à ce sujet. Il l’avait jugée irréalisable et avait fait valoir que les Palestiniens devaient être autorisés à avoir leur propre aéroport en Cisjordanie.

L’année dernière, le ministre de la Coopération régionale, Issawi Frej, avait proposé de transformer le site de l’aéroport désaffecté d’Atarot à Jérusalem-Est, où Israël cherche à faire avancer un projet de logement controversé pour des résidents juifs ultra-orthodoxes, en un aérodrome sous propriété conjointe israélo-palestinienne. Ce projet n’a pas encore vu le jour.

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