Des photos par satellite montrent le dépôt de missiles iranien frappé par Israël
Rechercher

Des photos par satellite montrent le dépôt de missiles iranien frappé par Israël

L'entrepôt situé à l'aéroport de Damas aurait également été pris pour cible dans le passé par l'armée de l'air israélienne

Des photos par satellite montrent un dépôt d'armes présumé iranien à l'aéroport international de Damas en Syrie, à droite, et la même structure démolie dimanche après une frappe israélienne, le 13 janvier 2019 (Crédit :  Intelli Times)
Des photos par satellite montrent un dépôt d'armes présumé iranien à l'aéroport international de Damas en Syrie, à droite, et la même structure démolie dimanche après une frappe israélienne, le 13 janvier 2019 (Crédit : Intelli Times)

Quelques heures après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a confirmé, dimanche, qu’Israël avait bombardé un dépôt d’armes en Syrie, des photos par satellite ont été publiées montrant ce qui semblait être un entrepôt démoli aux abords de l’aéroport international de Damas.

Lors de la rencontre hebdomadaire de cabinet à Jérusalem, Netanyahu a expliqué que l’Etat juif était à l’origine de la frappe survenue vendredi dans la soirée en Syrie – un aveu rare concernant une telle opération.

« L’armée israélienne a attaqué des centaines de cibles iraniennes et du Hezbollah », a-t-il noté. « Au cours des 36 dernières heures seulement, l’aviation militaire a attaqué des dépôts remplis d’armes iraniennes à l’aéroport international de Damas ».

Israël évite généralement de commenter de manière individuelle les frappes qui ont lieu en Syrie, reconnaissant globalement frapper des cibles iraniennes et liées au Hezbollah dans le pays.

Dimanche soir, le site israélien Intelli Times a publié des photos montrant les dégâts sur le site, affirmant que la même structure avait déjà été frappée en 2016 après avoir été identifiée comme un entrepôt hébergeant des missiles sol-sol de type M-600, version syrienne des missiles Fateh-110 de fabrication iranienne.

Le blog de renseignements a indiqué que le bâtiment avait été restauré à la fin de la même année mais qu’il était dorénavant complètement détruit.

Il a publié côte-à-côte deux photos satellite du site, disant que l’une avait été prise vendredi – où le bâtiment est visible – et l’autre dimanche, où il ne reste plus rien.

Samedi, Intelli Times a annoncé que quelques heures avant la frappe israélienne, un avion-cargo iranien – un Boeing 747 – s’était posé à l’aéroport et avait déchargé sa cargaison en la plaçant dans un site qui avait été pris pour cible par l’Etat juif à trois occasions. L’avion était ensuite reparti vers l’Iran en empruntant l’espace aérien irakien.

Vendredi, l’agence officielle de presse SANA a rapporté que les batteries de défense anti-aériennes syriennes avaient ouvert le feu sur des « missiles israéliens hostiles » et qu’elles en avaient intercepté « la plupart » – une affirmation commune des militaires syriens qui, selon de nombreux analystes de la Défense, serait mensongère ou exagérée.

L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a noté que « deux secteurs accueillant des positions militaires des forces iraniennes et du mouvement libanais du Hezbollah ont été pris pour cible ».

Les cibles se trouvaient dans le secteur de Kesswa et dans l’enceinte de l’aéroport international de Damas, a ajouté l’observatoire.

Une source militaire syrienne a expliqué vendredi qu’un « entrepôt du ministère des Transports à l’aéroport international de Damas » avait été touché. Selon un autre responsable cité par SANA, l’activité de l’aéroport n’avait pas été perturbée.

Après que Netanyahu a confirmé dimanche la frappe israélienne, il l’a une nouvelle fois reconnue durant une visite sur la frontière nord du pays avec le Liban.

« Cette frappe reflète notre politique constante et notre détermination ferme à empêcher l’ancrage militaire de l’Iran en Syrie et nous intensifierons ces attaques si cela s’avère nécessaire », a averti Netanyahu.

« Nous continuerons à contrôler toutes les activités du Hezbollah, de l’Iran et de ses groupes mandataires et nous ferons ce qui est nécessaire pour assurer la sécurité en Israël ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu en visite dans le nord d’Israël, le 13 janvier 2019 (Crédit :Haim Zach/GPO)

Plusieurs membres du cabinet de sécurité auraient été mécontents de la revendication publique faite par le Premier ministre de la frappe aérienne en Syrie.

Des responsables ont indiqué sous couvert d’anonymat à la chaîne Kan que la décision de Netanyahu de rompre avec la politique israélienne traditionnelle consistant à ne pas évoquer publiquement ces attaques était « dangereuse » et susceptible de provoquer inutilement la Russie et la Syrie.

Israël, ces dernières années, a mené des centaines d’attaques aériennes en Syrie contre des cibles liées à l’Iran qui, aux côtés de ses groupes mandataires et de la Russie, combat au service du régime du président syrien Bashar al-Assad.

La dernière frappe présumée de ce type a eu lieu le jour de Noël. A cette occasion, un missile syrien anti-aérien s’était introduit dans l’espace aérien de l’Etat juif et avait été détruit par les systèmes de défense anti-aérienne.

Israël accuse l’Iran de chercher à ancrer une présence militaire en Syrie qui pourrait menacer la sécurité israélienne et de tenter de transférer des armements au groupe terroriste du Hezbollah au Liban.

Judah Ari Gross et l’AFP ont contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...