Des pièces du 5e siècle avant l’ère commune trouvées chez un voleur d’antiquités
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Des pièces du 5e siècle avant l’ère commune trouvées chez un voleur d’antiquités

Selon l'unité chargée des vols à l'Autorité israélienne des Antiquités, de plus en plus de voleurs équipés de détecteurs de métaux détruisent des sites archéologiques non fouillés

Amanda Borschel-Dan édite la rubrique « Le Monde Juif »

Des pièces retrouvées dans un trésor de pièces de monnaie découvert dans l'habitation d'un voleur d'antiquités présumé de Kfar Kana au mois de janvier 2020 (Crédit : Yaron Bibas/IAA)
Des pièces retrouvées dans un trésor de pièces de monnaie découvert dans l'habitation d'un voleur d'antiquités présumé de Kfar Kana au mois de janvier 2020 (Crédit : Yaron Bibas/IAA)

Quelque 232 pièces de l’antiquité ont été retrouvées dans l’habitation d’un voleur connu, à Kfar Kana, par l’unité de prévention de l’Autorité israélienne des Antiquités (IAA), la semaine dernière.

Parmi ces trésors, des pièces de monnaie de la période perse, datant du 5e siècle avant l’ère commune, des époques hellénistique, romaine et byzantine ultérieures et jusqu’au début de l’ère ottomane, aux environs du 16e siècle.

Toutes ces pièces vont être maintenant examinées par l’IAA.

L’inspecteur Nir Distelfeld a indiqué au Times of Israel, lundi, qu’il avait récemment remarqué le voleur récidiviste avec un détecteur de métaux sur un terrain et qu’il l’avait reconnu. En effet, l’homme avait déjà été interpellé à deux occasions, écopant d’une amende pour recherche illégale de monnaies anciennes.

« Il avait été condamné et avait payé une amende », explique Nir Distelfeld, « mais pas suffisamment élevée puisqu’il continue à revenir. »

Le suspect s’était enfui du site archéologique situé dans le nord de la Galilée après avoir été identifié par Distelfeld. La semaine dernière, l’unité de prévention des vols de l’Autorité a reçu la permission de perquisitionner l’habitation de l’individu, à Kfar Kana, lequel a été appréhendé une nouvelle fois. Selon un communiqué transmis par l’IAA, il a été arrêté et interrogé au commissariat et le dossier sera transmis pour une mise en examen dans les prochains jours.

Des pièces retrouvées dans un trésor de pièces de monnaie découvert dans l’habitation d’un voleur d’antiquités présumé de Kfar Kana au mois de janvier 2020 (Crédit : Yaron Bibas/IAA)

Distelfeld explique que l’unité traite environ 300 cas de vols d’antiquités par an, dont un nombre croissant est lié à l’augmentation de l’utilisation de détecteurs de métaux. Les voleurs détruisent ainsi d’innombrables sites archéologiques qui n’ont pas encore été étudiés en creusant sans contrôle les terres et en recherchant les pièces, rendant tout travail scientifique ultérieur impossible.

Il indique qu’après leur découverte, les pièces sont généralement vendues à des négociants d’antiquités, en particulier dans la Vieille Ville de Jérusalem. L’unité effectue des contrôles périodiques pour vérifier la provenance des marchandises présentées à la vente dans les commerces d’antiquités, mais c’est une tâche digne de Sisyphe dans la mesure où les moyens de contourner ces vérifications sont nombreux.

Les pièces sont des instruments de datation importants pour les archéologues au cours des fouilles. Par exemple, une étude récente de 100 pièces retrouvées sous les pavés de la rue Stepped, dans la cité de David, semble confirmer la datation de sa construction aux environs des années 20-30 de l’ère commune.

Une pièce retrouvée dans un trésor de pièces de monnaie découvert dans l’habitation d’un voleur d’antiquités présumé de Kfar Kana au mois de janvier 2020 (Crédit : Yaron Bibas/IAA)

Eitan Klein, directeur-adjoint de l’unité de lutte contre le vol au sein de l’Autorité israélienne des antiquités, explique ainsi dans le communiqué de presse que « les pièces anciennes sont des objets d’une importance scientifique particulière parce qu’elles peuvent apporter une bonne datation archéologique, une datation précise. Malheureusement, nous assistons à un phénomène croissant de personnes faisant l’acquisition de détecteurs de métaux et recherchant des pièces anciennes, sans autorisation, sur des sites antiques, déracinant la pièce du contexte archéologique dans lequel elle se trouvait et endommageant ainsi gravement sa valeur scientifique ».

Dans d’autres pays, comme la Grande-Bretagne, des trésors fantastiques tels que le trésor de Hoxne, actuellement exposé au British Museum, avaient été découverts par des individus privés utilisant des détecteurs de métaux sur leur terrain. En Israël, il est illégal de chercher des objets – que ce soit sur des terres vous appartenant ou ailleurs – à l’aide d’un détecteur de métaux. L’Autorité israélienne des antiquités appelle tous ceux qui découvrent des artefacts antiques à le signaler immédiatement auprès de ses services.

Des pièces retrouvées dans un trésor de pièces de monnaie découvert dans l’habitation d’un voleur d’antiquités présumé de Kfar Kana au mois de janvier 2020 (Crédit : Yaron Bibas/IAA)

« Il est important que le public sache que toute fouille entreprise sur un site d’antiquités ou que la découverte d’artefacts anciens, même sur un terrain privé, nécessite un signalement immédiat auprès de l’Autorité des antiquités », rappelle Nir Distelfeld, qui ajoute que tous les objets découverts en Israël font partie de l’héritage matériel de tous les citoyens.

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