Des proches d’otages se rendent à la frontière de Gaza
Le convoi prévoit d'appeler leurs proches jeudi matin à l'aide de haut-parleurs montés sur une grue
Le Forum des familles des otages et disparus a conduit un convoi de véhicules de la Place des otages à Tel Aviv jusqu’à la frontière de Gaza mercredi, afin de réclamer un accord qui permettrait à leurs proches d’être libérés de la captivité du groupe terroriste palestinien du Hamas. Ils prévoient d’appeler leurs proches tôt jeudi matin à l’aide de haut-parleurs montés sur une grue.
« L’occasion de ramener tout le monde s’éloigne de jour en jour », a déclaré le forum dans un communiqué annonçant le convoi.
Le convoi devait arriver à l’amphithéâtre du kibboutz Beeri à 17 h 30. Il comprenait des remorques transportant certaines des voitures qui ont été brûlées ou gravement endommagées lors du pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre. Ce jour-là, les terroristes ont assassiné près de 1 200 personnes et pris 251 otages.
« Ce qui sera inscrit dans les livres d’histoire de cette guerre maudite, ce n’est pas de savoir si nous avons conquis le corridor Philadelphi ou combien de terroristes nous avons tués, mais si nous avons pris soin de nos otages et les avons ramenés à la maison », a déclaré Shira Albag, mère de Liri Albag, une soldate de surveillance prise en otage le 7 octobre, avant que le convoi ne se mette en route.
Ruby Chen, père d’Itay Chen, dont le corps est retenu en captivité, a remercié l’administration américaine pour toute son aide et lui a demandé de faire pression sur toutes les parties – Israël, l’Égypte, le Qatar et le groupe terroriste palestinien du Hamas – pour qu’elles parviennent à un accord de « trêve contre libération d’otages ».
« Les familles comprennent qu’un cessez-le-feu est nécessaire pour ramener leurs proches à la maison », a déclaré Chen, faisant référence à l’évolution des points d’achoppement au cours des derniers mois de pourparlers.
« Jusqu’à présent, nos opérations militaires ont permis de sauver huit otages vivants. Lors du premier accord, 105 otages ont été libérés. Ce dernier sauvetage nous rappelle ce que nous pouvons faire lorsque nous agissons avec détermination », a déclaré Ziv Abud, la fiancée de l’otage Eliya Cohen.
Abud et les autres familles prévoient d’appeler leurs proches à l’aide de haut-parleurs dans l’espoir qu’ils puissent les entendre.
« Mon Eliya, la dernière fois que je t’ai vue, il y a 327 jours, c’était dans un abri dont la plupart ne sont pas sortis vivants. Depuis, tu es quelque part au fond des tunnels du Hamas. Aujourd’hui, je me rends à la frontière pour être aussi proche de toi que possible. J’espère que tu m’entends. J’espère que tu reviendras bientôt. »
« Le Premier ministre [Benjamin Netanyahu] dispose d’une majorité au sein du gouvernement pour conclure un accord, il dispose d’une majorité à la Knesset, et il dispose également d’une sécurité politique pour conclure un accord. La seule chose qui fait obstacle à la conclusion d’un accord est le courage du Premier ministre », a déclaré Hagit Cohen. Le corps de son fils Itay est détenu à Gaza.
À LIRE : Netanyahu consent à être flexible, mais pas sur les exigences clés à la sécurité d’Israël
On estime que 104 des 251 otages enlevés par le Hamas le 7 octobre se trouvent toujours à Gaza, y compris les corps de 34 otages dont le décès a été confirmé par l’armée.
Le Hamas avait relâché 105 civils au cours d’une trêve d’une semaine fin novembre. Quatre captives avaient été remises en liberté précédemment. Sept otages vivants ont été secourus par les soldats et les dépouilles de 30 otages ont été récupérées, notamment celles de trois Israéliens qui ont été tués accidentellement par l’armée.
Le Hamas détient également les corps sans vie de deux soldats tombés au combat, Oron Shaul et Hadar Goldin, depuis 2014, ainsi que deux civils israéliens, Avera Mengistu et Hisham al-Sayed, qui seraient encore en vie après être entrés dans la bande de leur propre gré en 2014 et en 2015.
Les tentatives actuelles de négociation d’un accord de « trêve contre libération d’otages » restent infructueuses, chaque partie refusant de céder sur ses principales exigences et accusant l’autre de saboter les pourparlers.
Toutefois, au début du mois dernier, le Hamas avait présenté une proposition d’échange d’otages qui, pour la première fois, avait cédé sur sa principale exigence, à savoir qu’Israël s’engage d’emblée à respecter un cessez-le-feu permanent. En échange, il a apporté une série d’amendements à la précédente proposition israélienne.
Netanyahu a rejeté bon nombre de ces modifications et a formulé ses propres exigences, notamment que Tsahal maintienne sa présence dans le couloir stratégique dit de « Philadelphi », qui sépare l’Égypte de la bande de Gaza, afin d’empêcher la contrebande d’armes. Il a également insisté pour qu’un mécanisme soit mis en place afin d’empêcher les Gazaouis armés de retourner dans le nord de la bande de Gaza en empruntant le corridor de Netzarim, délimité par l’armée à travers la bande de Gaza. Ces deux exigences sont devenues des points d’achoppement que les médiateurs américains, qataris et égyptiens se sont efforcés de surmonter.
Malgré les pourparlers en cours, Netanyahu a insisté sur le fait qu’aucun accord n’était sur la table la semaine dernière, lors d’une réunion avec d’anciens otages et des familles de captifs encore détenus à Gaza.