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Des rabbins nationalistes-religieux appellent à manifester contre le gouvernement

"Nous sommes revenus en Eretz Israël parce que nous voulons un État juif et non un État pour tous ses citoyens", a écrit le groupe de rabbins

Le rabbin Chaim Druckman assiste au lancement de la campagne du parti de droite Yamina, avant les élections générales israéliennes, le 12 février 2020.(Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Le rabbin Chaim Druckman assiste au lancement de la campagne du parti de droite Yamina, avant les élections générales israéliennes, le 12 février 2020.(Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Un groupe de rabbins affiliés au mouvement nationaliste-religieux a lancé un appel à manifester contre le gouvernement en raison de sa politique en matière de religion et d’État.

Après une réunion à Jérusalem dimanche soir, le groupe a publié mercredi une déclaration appelant « le public à s’unir et à protester contre la tentative de faire de l’État un État de tous ses citoyens. »

Les rabbins ont déploré les réformes prévues par le gouvernement sur la conversion et la casheroute, ainsi que sur un éventuel compromis sur la zone de prière mixte au mur Occidental.

« Nous sommes revenus en Eretz Israël parce que nous voulons un État juif et non un État pour tous ses citoyens », ont-ils écrit dans une déclaration. « Maintenant, le gouvernement promeut une série de lois qui mettront en danger l’essence de l’État et changeront son identité. »

La déclaration a été signée par un certain nombre de personnalités importantes du mouvement nationaliste-religieux, dont le rabbin Chaim Druckman, chef de la Yeshiva Ohr Etzion ; le rabbin Dov Lior, ancien grand rabbin de Hébron et de Kiryat Arba ; l’ancien député Rabbi Eliezer
Waldman ; et le rabbin Shmuel Eliyahu, grand rabbin de Safed.

Un grand rassemblement de la droite est prévu la semaine prochaine sur la place Rabin à Tel Aviv.

Le grand rabbin de Kiryat Arba, Dov Lior (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)

Druckman, l’une des figures rabbiniques les plus importantes du nationalisme religieux, était autrefois aligné sur le parti Yamina du Premier ministre Naftali Bennett. Mais il s’en est éloigné lorsque ce parti s’est séparé de ce qui s’appelle aujourd’hui le parti du Sionisme religieux, et s’est prononcé avec force contre le nouveau gouvernement de Bennett.

« Ce gouvernement va entièrement à l’encontre de la volonté du peuple, telle qu’elle s’est reflétée directement dans les élections passées », avait déclaré M. Druckman en juin. « Nous devons essayer et tout faire pour que ce gouvernement ne soit pas formé, » avait-il ajouté.

La colère des rabbins est dirigée en partie vers la réforme majeure de la casheroute voulue par le ministre des Affaires religieuses Matan Kahana (Yamina), qui établirait une série d’agences privées de certification casher qui seront tenues de respecter les normes religieuses établies par le Grand rabbinat, au lieu que seul le Grand rabbinat émette des certifications casher.

Les projets de Kahana, consistant à vouloir réformer les lois concernant la conversion en Israël en permettant aux rabbins des villes locales de mettre en place des tribunaux de conversion au lieu du seul Grand rabbinat, les irritent aussi.

Le troisième sujet de préoccupation concerne le retour potentiel à un accord de compromis de 2016 avec les courants libéraux du judaïsme sur le mur Occidental, négocié puis gelé par l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Bennett n’a pas publiquement approuvé un retour à l’accord sur le mur Occidental, mais des membres de son gouvernement ont indiqué qu’un compromis était en préparation.

Mercredi, le président Isaac Herzog a d’ailleurs rencontré des représentants des groupes réformés et conservateurs pour discuter de l’accord et des tensions actuelles sur le site.

M. Kahana a récemment fait l’objet de mesures de sécurité supplémentaires suite à des menaces de mort dues justement à ces réformes religieuses.

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