Des rabbins sionistes religieux exhortent Netanyahu à exclure les femmes des chars de Tsahal
Les dignitaires religieux accusent l’armée de "capituler devant un agenda social étranger" et jugent que la mesure nuirait aux soldats orthodoxes et à l’armée
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Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Plusieurs rabbins éminents de la communauté sioniste religieuse ont adressé mardi soir une lettre au Premier ministre Benjamin Netanyahu pour exprimer leur opposition à un programme pilote de l’armée permettant à des soldates de servir au sein du Corps blindé, estimant qu’une telle mesure « exclurait de fait » les troupes orthodoxes de la contribution à la sécurité d’Israël.
Cette lettre s’ajoute à d’autres appels récents lancés par des responsables religieux contre le projet de Tsahal d’élargir aux femmes l’accès à des rôles de combat. L’armée souligne pour sa part avoir un besoin urgent de nouvelles recrues, les forces permanentes et de réserve étant fortement sollicitées par la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza et par d’autres menaces sécuritaires.
« Transformer le Corps blindé en une unité mixte placera nos étudiants face à une contradiction impossible entre leur foi et leur service opérationnel », ont écrit les rabbins.
« Dès lors que l’armée s’oriente vers la mixité des sexes, interdite par le judaïsme, au mépris de la logique et des besoins sécuritaires, nous ne pouvons plus rester silencieux », ont-ils ajouté.
La lettre a été signée notamment par l’ancien grand rabbin de Ramat Gan Yaakov Ariel, le grand rabbin de Safed Shmuel Eliyahu, le directeur de la yeshiva Mercaz Harav, le rabbin Yaakov Shapira, l’ancien grand rabbin de Jérusalem Aryeh Stern, l’ancien grand rabbin de Kiryat Arba Dov Lior, ainsi que d’autres figures du mouvement sioniste religieux.
Des copies ont également été envoyées au ministre de la Défense Israel Katz, au ministre des Finances Bezalel Smotrich et au chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir.
Les rabbins estiment que permettre aux femmes de servir dans les chars, comme cela avait été fait il y a plusieurs dizaines d’années pour le corps d’artillerie, aura des conséquences néfastes.
« Cette mesure exclura de fait les soldats respectueux de la Torah et des traditions, les empêchant de contribuer à la sécurité d’Israël en raison de leur mode de vie, ce qui affaiblira l’ensemble de l’armée et détruira l’armée du peuple. Capituler devant des agendas sociaux étrangers qui ne concernent pas Tsahal et ne font pas partie des valeurs de la victoire nuit à la sécurité du pays, surtout en ces temps », écrivent-ils.
De nombreux membres de la communauté sioniste religieuse servent dans le Corps blindé, ainsi que dans l’artillerie et diverses brigades d’infanterie, dans le cadre des yeshivot hesder, des séminaires religieux combinant études de la Torah et service militaire raccourci.
Ces yeshivot hesder, déjà répandues au sein du courant sioniste religieux, permettent à de jeunes hommes pratiquants de poursuivre plusieurs années d’études religieuses tout en effectuant un service militaire réduit, actuellement fixé à un an et cinq mois.
Dans leur lettre, les rabbins demandent à rencontrer Netanyahu afin d’empêcher l’intégration des femmes dans le Corps blindé, bien qu’il ne soit pas certain que le Premier ministre dispose de l’autorité nécessaire pour bloquer la mise en œuvre de ce programme pilote par l’armée.
L’armée insiste sur le fait que l’ouverture de postes de combat supplémentaires aux femmes répond à des besoins opérationnels et non à un agenda social progressiste.
Actuellement, des soldates peuvent servir dans des chars au sein du Corps de défense des frontières de Tsahal, dans une compagnie entièrement féminine intégrée au bataillon d’infanterie légère mixte Caracal, qui opère le long de la frontière égyptienne, mais elles ne sont pas déployées dans des guerres ni dans des combats en profondeur derrière les lignes ennemies.
Des soldates ont néanmoins participé directement aux combats lors de l’invasion du sud d’Israël par le Hamas du 7-Octobre, notamment une compagnie de chars entièrement féminine qui a combattu pendant des heures, éliminant des dizaines de terroristes le long de la frontière et dans les localités attaquées par le groupe terroriste.
Le programme d’intégration au sein du Corps blindé, longtemps considéré comme irréalisable par Tsahal, devait initialement débuter en 2024. Son lancement a été repoussé à deux reprises et il pourrait désormais commencer au plus tôt en novembre.
Malgré les protestations des rabbins et des militants religieux, l’armée prévoit de maintenir des équipages séparés par sexe, notamment pour des raisons de pudeur, les membres d’équipage devant parfois accomplir des gestes du quotidien dans l’espace confiné des chars.
Les femmes occupent déjà de nombreux rôles de combat, souvent aux côtés de soldats masculins.
Selon les données de Tsahal pour 2025, environ 8 500 femmes occupent des rôles de combat, soit une hausse de près de 240 % depuis 2015. Elles représentent désormais 21,2 % des troupes de combat.
Les opposants à l’intégration des sexes dans l’armée estiment qu’il s’agit d’une expérience risquée susceptible d’affecter la sécurité nationale, tandis que ses partisans la saluent comme une mesure attendue depuis longtemps permettant à Israël de s’aligner sur les autres pays occidentaux.
Les critiques soulignent également que certaines exigences physiques ont été assouplies pour les soldates, ce qui, selon eux, pourrait nuire à l’efficacité opérationnelle, et avancent que les femmes militaires souffrent davantage de troubles liés au stress.
Au cours de l’incursion terrestre dans la bande de Gaza, des soldates ont combattu en première ligne. En septembre 2024, la sergente-chef Agam Naim, 20 ans, secouriste de la 401e brigade blindée, a été tuée dans une explosion à Rafah.
Le comportement héroïque et efficace des soldates de combat lors du pogrom du 7-Octobre et durant la guerre qui a suivi semble avoir renforcé les arguments en faveur d’une plus grande intégration des femmes dans les rôles de combat, ainsi que la forte participation des femmes appelées sous les drapeaux.
Tsahal affirme avoir un besoin urgent de 12 000 recrues supplémentaires, principalement des combattants, en raison de la pression exercée par la guerre sur ses effectifs.
La législation en cours d’élaboration à la Knesset maintiendrait les exemptions de service militaire pour les étudiants à temps plein des yeshivot, alors qu’environ 80 000 hommes sont actuellement éligibles à la conscription, tout en cherchant à accroître le nombre de diplômés des établissements d’enseignement haredim rejoignant les rangs de Tsahal.
la Communauté du Times of Israël !







