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Des responsables avertissent qu’Israël n’est pas prêt en cas de guerre ou de séisme

Des maires, des responsables des services d'urgence et de sécurité et des professeurs se sont réunis pour discuter du niveau de préparation du pays en cas d'une urgence majeure

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le général de division Uri Gordin, chef du commandement du front intérieur Tsahal, s'exprimant lors d'une conférence dans la ville centrale de Modiin, le 12 juillet 2022. (Crédit: Tsahal)
Le général de division Uri Gordin, chef du commandement du front intérieur Tsahal, s'exprimant lors d'une conférence dans la ville centrale de Modiin, le 12 juillet 2022. (Crédit: Tsahal)

Des maires israéliens, des responsables des services d’urgence et de sécurité, des professeurs et des journalistes se sont réunis dimanche pour discuter du niveau de préparation du pays en cas d’une urgence majeure, comme une guerre ou un tremblement de terre dévastateur.

Mais l’atmosphère était morose, de nombreux participants répétant qu’Israël n’est pas prêt à gérer une crise de grande ampleur.

« Nous devons être prêts à dire que nous ne sommes pas prêts », a déclaré Einat Kalisch Rotem, maire de Haïfa, lors de la conférence à Modiin.

« En cas d’un tremblement de terre majeur, je suppose que la moitié du personnel médical ne se présentera pas. Les gens chercheront leurs proches. Il y a donc beaucoup de choses sur lesquelles nous devons travailler », a déclaré le professeur Chezy Levy, directeur de l’hôpital Barzilai à Ashkelon. La ville côtière au sud d’Israël a essuyé des centaines de tirs de roquettes lors des combats avec les groupes terroristes basés dans la bande de Gaza en mai dernier, plus que toute autre ville.

Le conflit de l’année dernière a également été marqué par des vagues de violences sectaires dans de nombreuses villes arabes et villes dites « mixtes », qui comptent un nombre important d’Arabes et de Juifs.

« Nous ne sommes pas prêts à donner une réponse globale en cas d’une prochaine opération ‘Gardien des Murs' », a déclaré la commissaire adjointe Sigal Bar Zvi, chef de la division des opérations de la police israélienne, en utilisant le nom officiel de la guerre de 11 jours.

Dossier : La police à Lod lors d’émeutes ethniques dans la ville mixte juive-arabe du centre d’Israël, le 12 mai 2021. (Crédit: Yossi Aloni/Flash90)

« Nous ne serons pas en mesure de répondre à un événement d’une telle ampleur avec les ressources dont nous disposons actuellement. L’opération ‘Gardien des Murs’ a été un moment décisif, et nous ne sommes pas en position de donner une véritable réponse », a-t-elle ajouté.

En ouverture de la conférence, le chef du Commandement du front intérieur de l’armée, Uri Gordin a averti les citoyens israéliens qu’ils devaient se préparer à la prochaine guerre.

« La réalité d’Israël a radicalement changé au cours des trois dernières années. D’une part, la pandémie de COVID-19 a fait irruption dans nos vies en 2020, et d’autre part, pendant la pandémie, le Hamas a lancé plus de 4 400 roquettes sur les citoyens israéliens », a déclaré Gordin.

« La mauvaise nouvelle est que lors de la prochaine guerre – la troisième guerre du Liban ou la première guerre du Nord, quel que soit le nom qu’on lui donnera – des dizaines de milliers de roquettes seront lancées sur des maisons israéliennes », a-t-il ajouté. « Des milliers de roquettes et de missiles chaque jour, sur des villes israéliennes, sur toute la longueur et la largeur du pays ».

Mais le chef de la direction des opérations de Tsahal a déclaré que la situation serait bien pire pour les citoyens libanais.

« Dans un scénario de guerre sur la scène nord, il vaudra mieux être à Tel Aviv qu’à Beyrouth », a déclaré le major-général Oded Basiuk.

Des policiers et des secouristes sur les lieux d’un tir de roquette à Ramat Gan qui a tué Gershon Franco, 50 ans, le 15 mai 2021 (Crédit: Gili Yaari /Flash90).

« Il est vrai que pendant la guerre, des choses se produiront qui rendront la situation difficile pour le Commandement du Front intérieur, mais la résilience de ce dernier est extrêmement importante pour permettre à Tsahal de mener à bien ce à quoi elle se prépare, et il est difficile d’imaginer ce qui se passera au Liban », a-t-il déclaré.

En conclusion, le chef d’état-major de Tsahal, Aviv Kohavi, a lancé un avertissement sévère aux citoyens libanais.

« D’une part, nous allons leur donner un avertissement explicite et les laisser partir, mais d’autre part nous les frapperons avec une immense puissance », a-t-il déclaré.

« Dès à présent, j’informe les citoyens du Liban que non seulement je vous recommande de partir dès le début de la guerre, mais je vous recommande même de partir dès le début des tensions, avant le premier coup de feu, car la puissance de nos attaques sera telle que vous ne l’avez jamais vu auparavant », a-t-il ajouté.

Les commentaires de Kohavi sont intervenus après que le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah a menacé Israël jeudi au sujet de projets d’extraction du gaz d’une réserve offshore contestée. Il a laissé entendre que le Hezbollah pourrait s’opposer aux forages, par la force s’il le fallait.

Le chef de Tsahal, le lieutenant-général Aviv Kohavi, s’exprime lors d’une conférence dans la ville centrale de Modiin, le 12 juillet 2022. (Crédit: Tsahal)

La semaine dernière, Israël a déclaré qu’il était « prêt à défendre » l’installation. Tsahal a également déployé des forces navales dans la zone, y compris une batterie antimissile Dôme de fer embarquée, selon le radiodiffuseur public Kan.

Au début du mois, Tsahal a organisé un important exercice militaire à Chypre, simulant une offensive terrestre au cœur du Liban lors d’une guerre éventuelle contre le groupe terroriste Hezbollah soutenu par l’Iran.

Le Hezbollah représente depuis longtemps la menace militaire la plus importante pour Tsahal, avec un arsenal estimé à près de 150 000 roquettes et missiles pouvant atteindre n’importe quel endroit en Israël.

Le principal objectif de l’exercice était de simuler l’arrêt des tirs de roquettes du Hezbollah sur Israël dans le cadre d’une escalade majeure, par une offensive terrestre au Liban. Selon les responsables militaires, la seule façon d’atteindre un tel objectif était d’être « significativement présent » dans les zones d’où sont lancées les attaques, en maintenant l’ennemi loin de la frontière.

Une semaine auparavant, le Commandement du Front intérieur a simulé une flambée de violence de plusieurs jours avec le Hezbollah, débouchant sur d’intenses tirs de roquettes endommageant lourdement 80 sites et faisant quelque 300 victimes.

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