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Deux couples allemands honorés du titre de « Justes parmi les nations »

Moritz et Henriette Mandelkern n'ont survécu à la Shoah que grâce à l'aide de leurs voisins, les Schwartz, et grâce à celles des Hübner, une famille d'agriculteurs

L'ambassadeur d'Israël en Allemagne Ron Prosor (2èmeR) et l'adjointe au maire de Berlin Bettina Jarasch (L) remettent à Anne-Marget Schmid (2èmeL) et Gundela Suter, descendantes et petites-filles de quatre "Justes parmi les Nations" allemands, feu Bruno et Anna Schwartze et Friedrich et Helene Huebner, des médailles du mémorial de Yad Vashem de Jérusalem lors d'une cérémonie posthume en leur honneur à l'hôtel de ville (Rotes Rathaus) de Berlin, le 2 novembre 2022. (Crédit : JENS SCHLUETER / AFP)
L'ambassadeur d'Israël en Allemagne Ron Prosor (2èmeR) et l'adjointe au maire de Berlin Bettina Jarasch (L) remettent à Anne-Marget Schmid (2èmeL) et Gundela Suter, descendantes et petites-filles de quatre "Justes parmi les Nations" allemands, feu Bruno et Anna Schwartze et Friedrich et Helene Huebner, des médailles du mémorial de Yad Vashem de Jérusalem lors d'une cérémonie posthume en leur honneur à l'hôtel de ville (Rotes Rathaus) de Berlin, le 2 novembre 2022. (Crédit : JENS SCHLUETER / AFP)

L’Allemagne et Israël ont rendu mercredi un hommage posthume à deux couples de « Justes » qui ont sauvé des Juifs à Berlin durant la Seconde Guerre mondiale, lors d’une cérémonie à laquelle ont assisté quatre générations de descendants de ces familles.

L’ambassadeur d’Israël, Ron Prosor, a remis à leurs petites-filles des médailles de « Justes parmi les nations » de Yad Vashem, le mémorial israélien de la Shoah à Jérusalem.

Pour M. Prosor, dont la famille a fui les nazis pour se réfugier en Israël dans les années 1930, ces deux couples allemands – Bruno et Anna Schwartze ainsi que Friedrich et Helene Hübner – sont des « héros de la lutte pour la liberté ».

« Même à Berlin, où mon père est né, il y avait des gens qui se sont battus pour le bien et qui n’ont pas oublié l’humanité et la compassion », a-t-il dit.

L’ambassadeur d’Israël en Allemagne, Ron Prosor, prononce un discours lors d’une cérémonie posthume en l’honneur de quatre « Justes parmi les nations » allemands, feu Bruno et Anna Schwartze et Friedrich et Helene Huebner, à l’hôtel de ville (Rotes Rathaus) de Berlin, le 2 novembre 2022. (Crédit : JENS SCHLUETER / AFP)

Moritz et Henriette Mandelkern n’ont survécu à la Shoah que grâce à l’aide de leurs voisins, les Schwartz, et grâce à celles des Hübner, une famille d’agriculteurs.

Les Mandelkern vivaient dans le centre de la capitale allemande avec leur fils Siegfried, envoyé en camp de concentration en 1939 en Allemagne, puis déporté en Pologne dont il n’est jamais revenu.

Pour éviter à son père, un tailleur, de subir le même sort, les Schwartz ont caché Moritz Mandelkern dans le grenier de leur appartement à partir de décembre 1942, et ce pendant 18 mois. Il n’a jamais quitté sa cachette exiguë, craignant d’être découvert par la Gestapo.

Sa femme Henriette a trouvé refuge à la même époque dans la ferme des Hübner, dans le village de Gross-Schönebeck, à quelque 50 kilomètres de Berlin, où son cousin s’était déjà réfugié.

Après que la maison des Schwartz eut été endommagée par les bombardements, Moritz Mandelkern a lui aussi rejoint la ferme.

L’ambassadeur d’Israël en Allemagne, Ron Prosor (à l’arrière, 3è à droite), et l’adjointe au maire de Berlin, Bettina Jarasch (devant, au centre), posent avec Anne-Marget Schmid (au centre, à droite) et Gundela Suter (au centre, à gauche), petites-filles de quatre « Justes parmi les nations » allemands, feu Bruno et Anna Schwartze et Friedrich et Helene Huebner, lors d’une cérémonie posthume en leur honneur à l’hôtel de ville (Rotes Rathaus) de Berlin, le 2 novembre 2022. (Crédit : JENS SCHLUETER / AFP)

Venus d’Allemagne, d’Israël, des Etats-Unis et même d’Australie, vingt-sept descendants des trois familles ont assisté à la cérémonie, la première de ce type à Berlin depuis sept ans.

« Je nous souhaite à tous d’avoir le courage de considérer nos voisins comme des êtres humains et de les soutenir en cas de besoin », a déclaré Cornelia Ewald, une arrière-petite-fille des Schwartz.

Le titre de « Juste parmi les nations » est décerné depuis 1963 aux personnes ayant aidé des Juifs au péril de leur vie durant la Seconde Guerre mondiale. A ce jour, environ 28 000 personnes originaires de cinquante pays ont reçu ce titre honorifique.

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