Devant l’AIPAC, Netanyahu défend les liens israélo-américains
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Devant l’AIPAC, Netanyahu défend les liens israélo-américains

Le Premier ministre a aussi parlé de l'antisémitisme et de l'anti-sionisme et remercié Trump pour la reconnaissance de la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'exprime à la conférence politique annuelle de l'AIPAC à Washington par vidéoconférence depuis Israël, le 26 mars 2019 (Crédit : Jim Watson/AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'exprime à la conférence politique annuelle de l'AIPAC à Washington par vidéoconférence depuis Israël, le 26 mars 2019 (Crédit : Jim Watson/AFP)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a délivré dimanche une attaque cinglante contre les « forces » qui veulent séparer Israël des Etats-Unis, et a promis que le peule juif s’élèvera contre ceux qui veulent lui porter du tort.

Durant la conférence annuelle de l’AIPAC à Washington, Netanyahu n’a pas mentionné la représentante du Minnessota nommément, mais a clairement fait référence à ses propos sur les motivations des lobby pro-Israël, lorsqu’il a affirmé que « tout ne tournait pas autour des Benjamins ».

En février, fraîchement élue, Omar avait déclaré que « Tout tourne autour des Benjamins, baby », en référence à l’influence présumée de l’AIPAC sur la politique américaine.

Le « Benjamin » est un mot d’argot désignant les billets de cent dollars à l’effigie du père fondateur des Etats-Unis, Benjamin Franklin.

Netanyahu, face un auditoire de 18 000 militants de l’AIPAC a délivré un discours par satellite depuis Tel Aviv.

« Certains ne comprendront jamais. Ils ne comprendront jamais pourquoi la majorité des Américains, Juifs et non-Juifs, soutiennent Israël. De la part de ce Benjamin : tout ne tourne pas autour des Benjamins », a-t-il dit.

« La raison pour laquelle le peuple américain soutient Israël, ce n’est pas parce qu’ils veulent notre argent. C’est parce qu’ils partagent nos valeurs », a-t-il poursuivi. « C’est parce qu’Israël et l’Amérique partagent l’amour de la liberté et de la démocratie. Parce que nous chérissons les libertés individuelles et l’Etat de droit. C’est parce que nous ne jugeons pas les gens sur la base de la couleur de leur peau, de leur religion, de leur orientations sexuelle. »

Durant son discours, Netanyahu a également rapidement parlé de la situation sécuritaire dans le sud d’Israël, et remercié le président américain Donald Trump pour sa reconnaissance de la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan.

« Cela mérite un tonnerre d’applaudissements », a-t-il dit.

« Le plateau du Golan est crucial pour notre défense. Il fait partie de notre histoire. Quand vous plantez une pelle dans le sol, ce que vous découvrez, ce sont les ruines d’anciennes synagogues. Des Juifs y vivaient il y a des milliers d’années, et le peuple d’Israël est revenu dans le Golan », a-t-il dit.

« Israël a la main, et n’abandonnera jamais, jamais. Cela fait partie d’Israël. »

Le président américain Donald Trump présente un décret signé reconnaissant la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan, sous le regard du Premier ministre Benjamin Netanyahu dans la salle de réception diplomatique de la Maison Blanche à Washington, le 25 mars 2019. (AP Photo/Susan Walsh)

Il a également défendu la loi controversée de l’Etat-nation, soulignant que tous les Israéliens jouissent des libertés individuelles. « Je suis fier de la démocratie d’Israël où personne, personne, n’est citoyen de seconde zone. Tous les citoyens d’Israël sont des citoyens à part entière. »

Contrairement aux « fausses attaques et allégations », la loi n’a supprimé aucun droit civique, « qui restent sacrés et égaux pour tous nos citoyens. Et ce sera toujours le cas », a promis le Premier ministre.

Les détracteurs de la loi sur l’Etat-nation estiment qu’elle classe les non-Juifs comme citoyens de seconde zone. Netanyahu a également été accusé d’avoir insinué que les partis politiques arabes étaient illégaux.

Ses manœuvres politiques pour intégrer le parti raciste Otzma Yehudit à la Knesset lui ont valu de vives critiques, y compris de la part de l’AIPAC, qui a tenté de rester bipartisan, même lorsque Netanyahu adhère ouvertement au président américain Donald Trump, et que cela a soulevé des questions quant au futur du soutien bipartisan à Israël.

Netanyahu a appelé à la conservation des relations israélo-américaines et a promis de lutter contre tous ceux qui veulent porter du tort à ces liens et au peuple juif en général.

« Ces dernières semaines, nous en avons appris beaucoup sur la montée des forces qui veulent séparer l’Amérique d’Israël. Donc je peux vous dire une chose. Je vous le garantis. Elles échoueront », a-t-il assuré. « Le partage de nos valeurs est trop important. Nos intérêts communs sont trop forts. Nos avenirs sont trop liés. »

Netanyahu a également parlé de la nécessité de ceux qui tentent de « diffamer » l’AIPAC et de miner le soutien apporté par l’Amérique à Israël. »

« Malgré ce qu’ils prétendent, il ne font pas que critiquer les politiques du gouvernement israélien », a-t-il dit. « Ils font autre chose. Ils répandent un venin qui est, depuis longtemps, dirigé contre le peuple juif. »

« Une fois de plus, les Juifs sont dépeints comme les forces du mal. Une fois de plus, les Juifs sont accusés de déloyauté. Une fois de plus, on dit des Juifs qu’ils ont trop d’influence, trop de pouvoir, trop d’argent », a -t-il déploré.

La meilleure réponse à apporter à ceux qui haïssent les Juifs, c’est de s’élever contre eux, a-t-il dit.

« Donc j’ai un message pour tous les antisémites – qu’ils vivent en Perse moderne, dans les palais de Téhéran ou dans les bunkers de Beyrouth, qu’ils défilent à Charlottesville ou tuent des fidèles dans une synagogue de Pittsburgh, qu’ils expriment leur haine dans les partis politiques britanniques, en Europe ou aux Etats-Unis : l’Etat hébreu ne pliera pas. Nous sommes débout. Nous luttons. Et nous gagnons. »

Netanyahu devait initialement délivrer son discours en personne, mais a dû écourter son voyage à Washington au regard de la dégradation de la situation sécuritaire dans le sud d’Israël.

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