Devant l’ONU, Klieger : « pourquoi n’apprenez-vous pas tous l’hébreu ? »
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Devant l’ONU, Klieger : « pourquoi n’apprenez-vous pas tous l’hébreu ? »

Vendredi 27 janvier, Noah Klieger fut l'ambassadeur des survivants et des juifs assassinés dans les camps d'extermination pour la journée internationale de la Shoah

Noah Klieger, journaliste sportif, rescapé d'Auschwitz (Crédit: capture d'écran/Youtube)
Noah Klieger, journaliste sportif, rescapé d'Auschwitz (Crédit: capture d'écran/Youtube)

A l’arrivée de Noah Klieger, l’assemblée générale de l’ONU s’est levée comme un seul homme pour l’applaudir. C’était vendredi dernier, le 27 janvier, journée internationale du souvenir de la Shoah.

Alors qu’il s’apprêtait à commencer son discours en hébreu, son petit-fils présent à ses côtés lui rappela que l’anglais était sans doute de circonstances. Mais « pourquoi n’apprendriez-vous pas tous l’hébreu ? » lui répondit Klieger, le sourire en coin.

Ces premiers mots furent, rappelle le site des Nations unies, su sujet de la marche de la mort. Quand, devant l’avancée de l’armée Rouge, les Allemands forcèrent les juifs à quitter Auschwitz pour se rendre à la ville-frontière de Gliwica.

« Nous devions marcher à un rythme que personne ne pouvait tenir. Ceux qui ne marchaient pas assez vite étaient tués » se souvient-il. 41 000 d’entre eux n’ont pas survécu à cette marche de 5 jours.

A son habitude, il alterna son discours empreint de gravité de traits d’humour, qui firent mouche à chaque fois.

Noah Klieger, garde un souvenir lumineux de son enfance à Strasbourg et de ses deux parents aimants. Celui qui survécut à la chambre à gaz et à la marche de la mort, qui connut l’odyssée de l’Exodus, mena une longue carrière journalistique en Israël, où il fut entre autres, correspondant pour le journal français l’Equipe.

En 1942, après avoir été arrêté en Belgique, alors qu’il aide des juifs à fuir vers la Suisse, il est arrêté. Il doit sa survie, raconte-il à L’Alsace à son audace.

Un jour, il y a eu une « sélection », présidée par le docteur Joseph Mengele. Il m’a envoyé du côté de ceux qui partaient immédiatement vers la chambre à gaz. Mais je lui ai parlé, je lui ai expliqué que j’étais jeune, que je pouvais encore travailler. J’ai dit aussi que je venais de Strasbourg, que mon père était un écrivain célèbre, sans savoir que Waitz (docteur juif désigné responsable de l’infirmerie du camp), qui se tenait à ses côtés, venait lui aussi de Strasbourg. Mengele a dû être surpris par mon culot, il a demandé à Waitz s’il connaissait mon père, il a répondu oui, ce qui n’était pas vrai. Mengele lui a dit : « Tu le veux ? » et Waitz a dit oui. »

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