Israël en guerre - Jour 144

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Doha accuse Netanyahu de saper les négociations pour des raisons politiques

Smotrich poursuit ses critiques à l'égard des Qataris ; Des Juifs américains se sont rassemblés aux abords de l'ambassade de l'émirat à Washington pour réclamer la libération des captifs

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar, Majed al-Ansari, s'adresse au forum de Doha le 6 décembre 2018. (Capture d'écran/YouTube)
Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar, Majed al-Ansari, s'adresse au forum de Doha le 6 décembre 2018. (Capture d'écran/YouTube)

Le ministère qatari des Affaires étrangères s’en est vivement pris au Premier ministre Benjamin Netanyahu dans la journée de mercredi.

Dans un enregistrement, le chef du gouvernement israélien avait déclaré que le rôle de médiateur tenu par Doha entre Israël et les terroristes palestiniens du Hamas était « problématique ».

Dans cet enregistrement diffusé mardi sur une chaîne de télévision israélienne, Netanyahu critique le Qatar, mettant en cause sa fonction de médiateur dans les pourparlers portant sur la question des otages et semble exprimer sa déception de ne pas voir les États-Unis exercer plus de pressions sur l’État du Golfe, qui est un protecteur du groupe terroriste et qui héberge notamment ses dirigeants.

Majed Al Ansari, le porte-parole du ministère des Affaires du Qatar, a évoqué « la consternation » de Doha suite à ces propos, ajoutant que si leur véracité devait être confirmée, ils « seraient irresponsables et destructeurs, en particulier dans le cadre d’une initiative qui vise à sauver des vies innocentes – même s’ils ne sont pas surprenants ».

« Si ces propos qui nous sont rapportés ont été réellement tenus, le Premier ministre israélien ne ferait alors qu’obstruer et saper le processus de médiation pour des raisons qui semblent servir sa carrière politique au détriment de ce qui est prioritaire, à savoir de sauver des vies innocentes et notamment celles des otages israéliens », a-t-il écrit dans un communiqué.

« Au lieu de s’inquiéter des relations stratégiques que le Qatar entretient avec les États-Unis, nous espérons que Netanyahu se décidera à travailler de bonne foi et à se concentrer sur la question de la remise en liberté des otages », a-t-il poursuivi.

A LIRE : Le Qatar, enfant terrible du Golfe et parrain du Hamas, et pourtant allié de l’Occident

Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a accusé le Qatar de contrecarrer les efforts d’Israël pour détruire le Hamas. Il estime que l’État du Golfe « coopère avec le Hamas » pour garder les otages que le groupe terroriste a enlevés en Israël comme monnaie d’échange pour faire cesser les combats et préserver ainsi le pouvoir du Hamas dans l’enclave côtière.

« Le Qatar encourage le terrorisme, le finance, promeut le terrorisme et joue un double jeu », a déclaré Smotrich lors d’une conférence du Forum israélien de défense et de sécurité à Ashkelon.

Smotrich, qui a déclaré mercredi que Doha n’aurait aucun rôle à jouer dans l’après-guerre à Gaza, a poursuivi ses critiques jeudi.

« Le Qatar est le principal obstacle au retour des otages. Nous pourrions récupérer les 136 otages demain si le Qatar donnait un ultimatum au Hamas pour qu’il rende tous les otages, et si l’Occident donnait un ultimatum au Qatar pour qu’il le fasse. »

« Le Qatar a un intérêt évident à préserver le Hamas, sa survie et son pouvoir à Gaza et à l’extérieur le jour suivant. Et il fait tout pour contrecarrer nos efforts, ceux de l’État d’Israël, pour détruire totalement les capacités militaires et de gouvernance du Hamas ».

L’émirat « est le parrain du Hamas et est largement responsable des massacres commis par le Hamas sur les citoyens israéliens », a-t-il aussi écrit sur X.

Le chef du parti HaTzionout HaDatit affirme que les États-Unis ont une influence considérable sur le Qatar et qu’ils pourraient faire pression sur lui pour obliger le Hamas à libérer les otages.

« Certains ont des intérêts financiers profonds liés au Qatar. C’est une énorme hypocrisie, et Israël doit faire tomber le masque de cette hypocrisie », a-t-il précisé.

Le ministre des Finances Bezalel Smotrich s’exprimant lors d’une réunion de faction de son parti HaTzionout HaDatit, à la Knesset, à Jérusalem, le 27 novembre 2023. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Dans une déclaration faite jeudi par une personnalité du Hamas de premier plan, Taher Nunu, le groupe terroriste a dénoncé « une prise pour cible de l’État frère du Qatar ».

Le haut-responsable du groupe terroriste a ajouté que la monarchie du Golfe « a joué un rôle actif s’agissant de mettre un terme à l’agression lancée à l’encontre de notre peuple et concernant la question des échanges »,  faisant référence aux pourparlers portant sur la remise en liberté des otages israéliens en échange de la libération de prisonniers palestiniens.

Il a indiqué que les paroles prononcées par Smotrich reflétaient le positionnement israélien qui, a-t-il affirmé, vise à bloquer tout accord possible sur la libération des citoyens qui ont été kidnappés dans le Sud de l’État juif, le 7 octobre.

Le Qatar, l’Egypte et les Etats-Unis tentent une médiation pour obtenir une nouvelle trêve, permettre la libération des otages toujours retenus et acheminer davantage d’aide humanitaire dans le territoire palestinien.

Selon une source palestinienne proche des discussions, une délégation du Hamas est partie au Caire mardi pour rencontrer le chef des renseignements égyptiens sur les propositions de cessez-le-feu.

Des informations, ces derniers jours, ont laissé entendre que les écarts entre les deux parties s’étaient réduits. Les officiels israéliens, de leur côté, ont rejeté ces informations signalant des progrès qui auraient été réalisés dans le cadre des pourparlers, dans la journée de mercredi.

Mercredi également, un groupe de manifestants juifs s’est réuni devant l’ambassade qatarie à Washington, appelant Doha à exercer des pressions plus fortes sur le Hamas en faveur de la remise en liberté des otages. Dans l’assistance figuraient les représentants démocrates du Maryland voisin Jamie Raskin et Glenn Ivey.

« Je pense qu’il est nécessaire que vous parliez aux cœurs de la communauté internationale pour exercer des pressions sur ceux qui peuvent eux-mêmes exercer des pressions », dit Netanyahu aux familles des captifs dans l’enregistrement qui a fuité et qui a été diffusé mardi par la Douzième chaîne.

Il ajoute ensuite qu’il faut avant tout exercer des pressions sur le Qatar – tout en notant qu’il n’a jamais ouvertement remercié Doha pour son rôle dans les négociations.

« Le Qatar, de mon point de vue, n’est pas différent en substance des Nations unies… et que la Croix Rouge, et le Qatar est même plus problématique », continue-t-il, ajoutant néanmoins qu’il est désireux de s’entretenir avec tous ceux « qui m’aideront à ramener les otages chez eux. »

« Je n’ai pas d’illusion à leur sujet. Ils ont de l’influence sur le Hamas… parce que c’est le Qatar qui le finance ».

Netanyahu déclare avoir été « réellement furieux contre les Américains récemment » lors du renouvellement d’un accord qui prévoit le prolongement de la présence militaire américaine sur une base qatarie pendant encore dix ans.

En plus d’accueillir les leaders du Hamas, le Qatar héberge également la plus grande base américaine au Moyen-Orient et en 2022, l’État du Golfe a été désigné allié majeur n’appartenant pas à l’OTAN – une désignation accordée par les États-Unis à leurs alliés proches, hors de l’alliance Atlantique, qui entretiennent une relation de travail stratégique avec l’armée des États-Unis.

Conditionner le renouvellement de cet accord « aurait mis des pressions sur le Qatar », estime Netanyahu dans l’enregistrement.

Un vol militaire décolle de la base militaire d’al-Udeid, au Qatar (Capture d’écran : Youtube)

Il dit aussi que le Qatar s’est engagé à l’égard d’Israël à garantir que les médicaments arriveraient bien jusqu’aux otages, comme cela a été convenu dans un accord encore incomplet qui a été négocié par Doha et par Paris, la semaine dernière, qui vise à faire parvenir des traitements médicaux indispensables à la survie des captifs.

Un accord qui comprend également l’acheminement d’équipements médicaux, de produits alimentaires et autres aides pour les Palestiniens qui vivent dans la bande de Gaza.

Netanyahu avait antérieurement admis que cet engagement pris par le Qatar était le seul moyen, par Israël, de s’assurer que les médicaments arriveraient bien à destination.

« Nous le saurons dans quelques jours, peut-être avant », déclare Netanyahu au cours de la réunion.

Le secrétaire militaire de Netanyahu, le général Avi Gil, a fait savoir aux familles que l’État juif « est censé avoir de la part du Qatar une forme ou une autre de confirmation… que les captifs ont reçu leurs médicaments ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une réunion avec les proches des otages détenus à Gaza au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 22 janvier 2024. (Crédit : Bureau du Premier ministre)

Le Qatar et Washington ont tenu un rôle déterminant lors de la négociation d’une trêve d’une semaine, à la fin du mois de novembre, qui avait permis à plus de cent otages de recouvrer la liberté. En échange, Israël avait accepté de relâcher environ 240 prisonniers palestiniens et d’augmenter les quantités d’aides humanitaires autorisées à entrer à Gaza.

132 otages enlevés par le Hamas le 7 octobre dernier se trouveraient encore à Gaza – mais certains ne seraient plus en vie – après la remise en liberté de 105 civils au cours d’une trêve d’une semaine à la fin du mois de novembre.

Quatre otages avaient été libérées avant cela, et une soldate avait été secourue par l’armée israélienne. Les corps sans vie de huit otages ont également été retrouvés et trois otages ont été tués par erreur par l’armée le 15 décembre. L’armée a confirmé le décès de 28 otages – notamment de deux captifs dont la mort a été annoncée mardi – qui se trouvaient encore à Gaza, citant de nouveaux renseignements et autres informations obtenues par les militaires en opération sur le terrain, au sein de l’enclave côtière.

Le Hamas maintient aussi en détention deux civils israéliens, Avera Mengistu et Hisham al-Sayed, qui seraient encore en vie après être entrés dans la bande de leur propre gré, en 2014 et en 2015. Il conserve également les dépouilles de deux soldats israéliens qui étaient tombés au combat lors de l’Opération Bordure protectrice, en 2014, Oron Shaul et Hadar Goldin.

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