Élisabeth Borne dénonce « LFI et sa logique clientéliste »
L'ex-Première ministre est revenue sur le drame de l'affaire Lyhanna, les casseurs du PSG et la laïcité à l'école

Dimanche 7 juin, Frédéric Haziza dans son émission sur RadioJ a reçu Elisabeth Borne, ancienne Première ministre, qui a expliqué en substance que « LFI s’en prend à Israël et aux Juifs par logique clientéliste ». Une prise de parole qui coïncide avec la promotion de son ouvrage, sorti le 7 mai « Réveillons-nous ! », sous-titré « Appel à un rassemblement républicain et démocrate » dans lequel elle propose une « vision universaliste » pour contrer le repli identitaire.
Dans son entretien, Élisabeth Borne a livré son analyse sur les tensions qui traversent la société française actuelle. Elle a notamment dénoncé fermement les dysfonctionnements de la justice à la suite du drame de la petite Lyhanna, une jeune collégienne âgée de 11 ans qui a été retrouvée morte dans une exploitation agricole impliquant un multi-récidiviste, tout en appelant à une plus grande responsabilité des magistrats.
Critiquant un certain « laxisme » judiciaire lors des violences ayant suivi la victoire du PSG, où seules trois peines de prison ferme ont été prononcées pour 900 interpellations, elle dit appeler à une évolution du système pour que les magistrats rendent des comptes en cas de manquement grave, via le Conseil supérieur de la magistrature, estimant que l’indépendance de la justice doit aller de pair avec la responsabilité.
Pour lutter contre la récidive des casseurs, elle soutient le principe « tu casses, tu payes », incluant des réparations civiles et des sanctions financières proportionnées aux revenus, y compris pour les parents de mineurs.
Ancienne ministre de l’Éducation nationale, Mme Borne a rappelé que les parents sont les « premiers éducateurs » et doivent de ce fait transmettre le respect de l’autorité et des règles.
Elle dit déplorer que les enseignants passent trop de temps à assurer la discipline et réaffirme son soutien total à la liberté d’enseigner, notamment sur la laïcité et le droit à la caricature, en mémoire de Samuel Paty et de Dominique Bernard.
Elle propose la mise en place d’un « pacte pour la jeunesse » afin de donner des repères clairs face aux idéologies véhiculées sur les réseaux sociaux.
LFI dans le collimateur
L’ex-cheffe du gouvernement s’en est surtout vivement prise à la stratégie de La France Insoumise, qu’elle accuse de nourrir l’antisémitisme et d’attiser les fractures nationales par pur clientélisme.
Ses accusations contre La France Insoumise (LFI) dénoncent une « logique clientéliste » qui s’en prend à Israël et aux Juifs. Selon elle, Jean-Luc Mélenchon « attise l’antisémitisme » et les fractures du pays par pur calcul politique.
Renvoyant dos à dos LFI et le Rassemblement National (RN), elle affirme que les deux partis rejettent l’universalisme républicain au profit du communautarisme ou du repli identitaire.
Elle estime que les outrances de LFI font le jeu du RN en alimentant un sentiment de désordre.
Face à la montée des extrêmes, elle plaide pour un rassemblement du bloc central et des réformes institutionnelles, telles que le retour au septennat non renouvelable.
Son livre et sa vision de 2027
Dans son ouvrage Réveillons-nous !, publié chez Robert Laffont, l’ancienne Première ministre expose sa vision pour l’avenir de la France.
Se prononçant contre le mythe de l’ « homme providentiel » qui mène souvent au rejet en fin de mandat, elle propose de passer à un septennat non renouvelable pour permettre au président de présider (garant des institutions et de l’unité) et au Premier ministre de gouverner réellement, conformément à l’esprit initial de la Constitution de 1958.
Face à la menace des extrêmes, elle appelle à une union de la « gauche réformiste à la droite modérée » dès l’automne prochain mais dit redouter que les ambitions personnelles (citant indirectement Édouard Philippe et Gabriel Attal) ne se transforment en « anthropophagie » politique, affaiblissant le camp central au profit d’un duel RN-LFI au second tour de la présidentielle de 2027.
Élisabeth Borne a conclu sur la nécessité de retrouver un « vivre ensemble » fondé sur le respect et l’égalité des chances, tout en défendant fermement les valeurs de la République sur la scène nationale comme internationale.







