Elkin accuse Netanyahu d’avoir payé des « voyous » pour manifester devant chez lui
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Elkin accuse Netanyahu d’avoir payé des « voyous » pour manifester devant chez lui

Moshe Gafni accuse lui le Premier ministre Bennett d'être responsable de la résurgence du COVID, alors que le nouveau gouvernement rejette les premières motions de censure à 59-50

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et le ministre Zeev Elkin. (Miriam Alster/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et le ministre Zeev Elkin. (Miriam Alster/Flash90)

Les premières motions de défiance à l’encontre du gouvernement nouvellement formé ont été rejetées à la Knesset lundi, avec 59 législateurs contre 50, lors d’une séance plénière houleuse.

Les motions étaient présentées par le Likud de Benjamin Netanyahu, qui a été écarté du pouvoir la semaine dernière, après 12 ans, avec la mise en place du nouveau gouvernement composé de partis de droite, centristes, de gauche et islamistes, dirigé par le Premier ministre Naftali Bennett.

Les votes de lundi ont été précédés d’un débat animé durant lequel Zeev Elkin, député de la coalition sous l’étiquette du parti Tikva Hadasha, ancien proche de Netanyahu et ministre du Likud, a affronté son ancien chef de parti, l’accusant d’avoir envoyé des « voyous » manifester devant son domicile et effrayer ses enfants.

« Lorsque vous générez un discours haineux et clivant, c’est légitime, mais lorsque d’autres pensent différemment de vous et vous critiquent – c’est illégitime », a déclaré Elkin, le ministre du Logement, dans des commentaires visant le chef de l’opposition Netanyahu. « Quand il y a des manifestations devant votre résidence officielle, c’est illégitime ! Mais quand vous envoyez des voyous – en utilisant les fonds du parti – chez moi et chez d’autres personnes ici, pour réveiller une fillette de 5 ans à 23 heures pour lui faire peur, c’est légitime ! »

Elkin a également défendu le nouveau gouvernement qui a prêté serment la semaine dernière.

« Quand vous, Netanyahu, proposez à Bennett de devenir Premier ministre en alternance avec vous, avec six sièges à la Knesset, c’est légitime ! Mais maintenant, quand vous n’êtes pas dans ce gouvernement – c’est illégitime ! », a-t-il poursuivi.

L’ancien Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le chef du Likud dirige une réunion de faction au parlement israélien, le 21 juin 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/FLASH90)

Elkin, bruyamment chahuté par les députés de l’opposition, a tenté de couvrir leurs cris, alors que le président de la Knesset, Mickey Levy, semblait perdre temporairement le contrôle de la salle.

« Ne nous parlez pas de légitimité », a crié Elkin. « Si cela ne vous sert pas, ce n’est pas légitime. Si vous êtes à l’extérieur, ce n’est pas légitime. »

Elkin a quitté le Likud pour rejoindre Tikva Hadasha aux côtés de Gideon Saar avant les élections de mars 2021, fustigeant Netanyahu pour sa conduite et l’accusant de faire passer ses considérations personnelles avant les intérêts supérieurs du pays. Les partisans du Likud se sont régulièrement rassemblés devant la résidence des Elkin pour manifester. Le mois dernier, le tribunal de district de Jérusalem a émis une injonction d’éloignement à l’encontre d’un partisan de Netanyahu qui a harcelé verbalement Maria Elkin et ses enfants.

Lundi, Netanyahu s’est adressé au plénum de la Knesset pour contrer les remarques d’Elkin. Il a accusé son ancien allié de « passer avec une facilité déconcertante d’un parti à l’autre », en référence au passage d’Elkin du parti centriste Kadima au Likud, puis à Tikva Hadasha.

« Ce gouvernement est tout simplement dangereux, nous le renverserons beaucoup plus vite que vous ne le pensez », a ajouté Netanyahu.

Au cours de la séance, le leader du parti Yahadout HaTorah Moshe Gafni a également qualifié Bennett de « morceau de rien » et l’a rendu responsable de la résurgence du COVID-19 dans le pays.

« Il est devenu Premier ministre, et avant que cinq jours ne se soient écoulés, le coronavirus est de retour », a déclaré Gafni, se moquant du Premier ministre pour avoir écrit un livre sur la gestion de la pandémie lorsqu’il était dans l’opposition.

Plus tôt lundi, le ministre de la Justice, Saar, a profité de son discours d’ouverture à la réunion de faction de son parti Tikva Hadasha pour aborder la controverse entourant un projet de loi qui prolongerait l’interdiction du regroupement familial palestinien.

« Le Likud agit de toute évidence contre ses propres principes », a déclaré Saar. « C’est de la schizophrénie politique. L’opposition – apparemment pour essayer de mettre en difficulté la coalition, même si je crois qu’elle ne fait que se ridiculiser – est prête à nuire au bien du pays tel qu’elle le définit elle-même. »

Le nouveau gouvernement est divisé sur la question, le ministre de la Coopération régionale Issawi Frej du Meretz, son collègue Mossi Raz, Ibtisam Mara’ana du Parti travailliste et le parti arabe Raam s’opposant à la mesure dans sa forme actuelle et demandant que des modifications soient apportées.

Si les législateurs du Likud soutiennent en principe le renouvellement de la législation qui interdit l’octroi de la citoyenneté aux Palestiniens qui épousent des Israéliens, beaucoup ont indiqué qu’ils voteraient contre dans le seul but de saper le nouveau gouvernement et de tenter de le diviser.

Pour le nouveau gouvernement, qui dispose d’une majorité très mince sur l’opposition à la Knesset, l’opposition d’un seul député de la coalition pourrait suffire à bloquer le projet de loi.

Zman Yisrael, la version en hébreu du Times of Israël, a rapporté dimanche que Netanyahu avait donné l’ordre au Likud de voter contre le projet de loi.

La semaine dernière, le ministre de la défense Benny Gantz a publiquement exhorté Netanyahu à soutenir la prolongation de la loi. Gantz a déclaré que les plans de l’opposition visant à torpiller l’extension de la loi nuiraient à la sécurité d’Israël.

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