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En 2002, face à Jean-Marie Le Pen, l’Eglise de France avait pris officiellement position

La Conférence des évêques de France alors présidée par l'archevêque Jean-Pierre Ricard avait appelé, en termes choisis, à ne pas voter FN

L'archevêque Jean-Pierre Ricard, président de la CEF en 2002, lors du duel Chirac-Le Pen avait appelé à voter contre l'extrême-droite (Crédit: Wikimedia Commons/Moi)
L'archevêque Jean-Pierre Ricard, président de la CEF en 2002, lors du duel Chirac-Le Pen avait appelé à voter contre l'extrême-droite (Crédit: Wikimedia Commons/Moi)

La position récente de la Conférence des évêques de France (CEF), parlant au nom de l’Eglise catholique française et présidée par Mgr Pontier a choqué nombre de catholiques, dont certains ont ouvertement appelé à faire barrage à Marine Le Pen.

Mgr Georges Pontier, a estimé mercredi que « le rôle de l’Eglise est, plus que jamais, de ne pas prendre parti pour l’un ou l’autre candidat », et dénonce un « climat hystérisé » à quatre jours du second tour de la présidentielle.

Pourtant en 2002, lors du face à face Chirac-Le Pen, la même institution religieuse avait appelé, dans un langage d’église, mais sans ambiguïtés, à faire barrage au Front national.

Dans un communiqué intitulé « discerner les valeurs fondamentales de la démocratie », en date du 22 avril 2002, la CEF a noté, suite au premier tour, « une radicalisation des choix politiques et révèlent une crise profonde de notre société ».

L’archevêque Jean-Pierre Ricard, alors président de la CEF choisit de rappeler quelques points, loin d’être anodins, « de la déclaration du conseil permanent de la CEF »: « la démocratie est une chance offerte dont nul ne doit être exclu » ; « La politique doit favoriser un débat serein autour du vivre ensemble » et enfin ce passage » et enfin, « chacun doit demeurer particulièrement vigilant à ce qui touche la dignité de la personne humaine quelles que soient ses origines ».

En conclusion l’archevêque a appelé chacun à « faire appel à l’intelligence plutôt qu’à l’instinct, au discernement plutôt qu’à la seule spontanéité, à la sérénité plutôt qu’à la peur ».

Plusieurs personnalités catholiques ont fait le choix de prendre position. Ainsi, dans les Alpes-Maritimes, un des représentants de l’Église catholique s’est associé aux représentants des autres cultes dans le département, juif, musulman, protestant et orthodoxe, pour appeler à voter Emmanuel Macron.

Le chanoine Philippe Asso a précisé que « c’est avec l’aval de Mgr André Marceau (évêque de Nice) » qu’il a « contribué à cette prise de position ».

Une trentaine d’évêques, parmi la centaine à la tête de diocèses, se sont toutefois exprimés, certains rappelant des principes devant éclairer le choix « en conscience » des électeurs, d’autres – majoritaires – exprimant plus ou moins directement un rejet des thèses de Marine Le Pen. « Personnellement, je voterai Emmanuel Macron; je ne vais pas me cacher derrière le petit doigt », a confié à La Nouvelle République l’archevêque de Poitiers, Mgr Pascal Wintzer.

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