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Les 3 grandes autorités juive, protestante et musulmane appellent ensemble à voter Macron

Un des représentants de l’Église catholique s'est associé aux représentants des autres cultes dans le département "avec l'aval" de l'évêque de Nice

Haim Korsia à l'antenne de RCJ (Crédit : capture d'écran YouTube)
Haim Korsia à l'antenne de RCJ (Crédit : capture d'écran YouTube)

Les trois principales autorités juive, protestante et musulmane, le grand rabbin de France Haïm Korsia, le pasteur François Clavairoly et le président du Conseil français du culte musulman (CFCM) Anouar Kbibech appellent jeudi « au vote républicain pour Emmanuel Macron », dans une déclaration « d’une même voix ».

« Nous, profondément attachés aux principes républicains de notre devise ‘liberté, égalité, fraternité’, comme aux valeurs universelles d’accueil, d’ouverture à l’autre et de solidarité, invitons les Français à se mobiliser le 7 mai pour faire triompher, par la voie des urnes, la France généreuse, tolérante et ouverte sur le monde », écrivent les trois responsables à trois jours du second tour de la présidentielle.

« Parce qu’il ne suffit plus aujourd’hui de ‘faire barrage au Front national’, il est indispensable de rappeler, et d’une même voix, les fondements humanistes qui nous animent et pour lesquels nous oeuvrons quotidiennement », soulignent-ils, en précisant : « Créer du lien, des moments de partage, venir en aide aux personnes les plus démunies ou esseulées, là est le coeur de notre mission, que nous souhaitons pouvoir continuer à mener sereinement dans notre pays ».

Pour ces dignitaires religieux, « rien n’est supérieur à la paix et seul le vote républicain pour Emmanuel Macron garantit une France forte de toute son histoire, confiante dans son avenir et dans sa capacité à rayonner dans le monde ».

Anouar Kbibech (Crédit : Capture d’écran YouTube)
Anouar Kbibech (Crédit : Capture d’écran YouTube)

« Bien conscients que nos fonctions nous obligent à la neutralité politique, mais avant tout citoyens responsables, nous appelons donc clairement à voter pour Emmanuel Macron dimanche », concluent-ils.

Aucun responsable catholique ne s’est joint à cette initiative inter-religieuse, alors que le président de la Conférence des évêques de France, Mgr Georges Pontier, a redit mercredi son refus que l’Eglise prenne « parti ».

L’une des principales figures du catholicisme en France, le cardinal Philippe Barbarin, a toutefois signé une déclaration oecuménique dans son diocèse de Lyon contre « un parti qui, historiquement, a toujours été porteur d’un discours nationaliste dangereux dont la mise en œuvre serait désastreuse ».

Monseigneur Georges Pontier, président de la Conférence des évêques de France, en décembre 2016. (Crédit : capture d'écran YouTube/KTOTV)
Monseigneur Georges Pontier, président de la Conférence des évêques de France, en décembre 2016. (Crédit : capture d’écran YouTube/KTOTV)

Dans les Alpes-Maritimes, un des représentants de l’Église catholique s’est associé aux représentants des autres cultes dans le département, juif, musulman, protestant et orthodoxe, pour appeler à voter Emmanuel Macron. Le chanoine Philippe Asso a précisé que « c’est avec l’aval de Mgr André Marceau (évêque de Nice) » qu’il a « contribué à cette prise de position ».

Nicolas Bay, secrétaire général du FN, a regretté jeudi l’appel des autorités de trois des quatre principales religions de France à voter pour Emmanuel Macron, mais estimé qu’elles n’avaient pas « grande légitimité » en matière politique.

« Je le regrette (…) il n’y a rien de républicain dans le vote pour Emmanuel Macron », a déclaré M. Bay lors de l’émission « Questions d’info » LCP-franceinfo-Le Monde-AFP.

Mais, a-t-il ajouté, « je suis pas sûr qu’en matière politique ils aient une grande autorité et une grande légitimité ».

« L’attitude de l’Église catholique (…) me semble plus sage. Je pense que le rôle des religions dans le débat public il est légitime, mais il est peut-être souhaitable quand même qu’ils rappellent des principes, des valeurs auxquels ils sont attachés sans s’insérer directement dans le débat électoral », a jugé Nicolas Bay.

Il a estimé qu' »énormément de nos compatriotes » de confession juive et protestante considéraient plutôt Marine Le Pen comme « le meilleur rempart pour les défendre de manière générale », et plus particulièrement au sein de la communauté juive.

« Ils sont conscients (…) qu’il y a une menace imminente qui pèse sur leur sécurité parfois personnelle par des fractions islamistes sur notre sol, et Marine Le Pen est évidemment la plus claire, la plus légitime pour les protéger », a-t-il déclaré. La candidate a proposé de mettre des fonctionnaires de la douane aux frontières pour « arrêter » les terroristes.

Nicolas Bay, secrétaire général du Front National (Crédit: Josiane06/Wikimedia Commons)
Nicolas Bay, secrétaire général du Front National (Crédit: Josiane06/Wikimedia Commons)

Christophe Castaner, porte-parole d’Emmanuel Macron, a dit jeudi « comprendre » l’appel des trois principales autorités juive, protestante et musulmane à voter pour le candidat En marche!, et regretté le propos « pas clair » du pape François en réponse à une question sur la présidentielle française.

« La religion ne doit pas interférer, mais il faut faire la différence entre ceux qui incarnent les valeurs de la République, et les ennemis de la République », a déclaré M. Castaner lors de l’émission « Questions d’info » LCP-franceinfo-Le Monde-AFP.

« Je comprends pourquoi les trois religions ont pris position » pour le candidat « républicain », a-t-il ajouté, regrettant toutefois la position « pas claire » du pape François.

« Il aurait pu (…) ne pas se contenter de répondre ‘je ne connais pas Emmanuel Macron’ « , a-t-il dit.

Le pape avait refusé samedi de s’exprimer sur les deux candidats car il ne « compren(ait) pas la politique intérieure française », et expliqué, en riant, que l’une représentait « la droite forte » et « l’autre, je ne sais pas d’où il vient, alors je ne peux pas donner d’avis ».

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