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En 2012, quand Netanyahu défendait encore des tribunaux « forts et indépendants »

Dans une vidéo qui a largement circulé, le Premier ministre était fier de lutter contre des propositions visant à affaiblir le système judiciaire - et qu'il soutient aujourd'hui

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'exprime lors d'une cérémonie marquant l'arrivée d'un nouveau président de la Cour suprême à la résidence du président, à Jérusalem, le 18 février 2021. (Capture d'écran)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'exprime lors d'une cérémonie marquant l'arrivée d'un nouveau président de la Cour suprême à la résidence du président, à Jérusalem, le 18 février 2021. (Capture d'écran)

Alors que le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son nouveau gouvernement à la ligne dure tentent de faire avancer un projet de refonte radicale du système judiciaire qui devrait supprimer presque tous les outils permettant à la Haute-cour de superviser le gouvernement, une vidéo d’il y a plus de dix ans a refait surface. Sur ces images largement partagées sur les réseaux sociaux, il défend avec force une justice « forte et indépendante ».

Cette séquence qui avait été tournée le 28 février 2012 – et qui a fait l’objet d’un montage – montre un Netanyahu estimant qu’un système judiciaire indépendant est un pilier indispensable dans une démocratie lors d’un discours prononcé à la résidence du président de Jérusalem en l’honneur du nouveau président de la Cour suprême.

Diffusée vendredi sur les réseaux sociaux, ce clip en hébreu avait été regardé par plus de 140 000 internautes samedi après-midi.

« Je pense qu’une Cour forte et indépendante permet à toutes les autres institutions d’une démocratie d’exister », explique Netanyahu sur les images.

« Je vous demande de me citer une seule dictature, une seule société non-démocratique où il y a un système judiciaire indépendant. Cela n’existe pas », ajoute-t-il.

« Les droits ne peuvent tout simplement pas être protégés là où il n’y a pas de système judiciaire fort et indépendant », continue-t-il.

« En fait, la différence entre les pays où les droits n’existent que sur le papier et les pays où il y a réellement des droits – cette différence réside dans des tribunaux forts et indépendants », affirme-t-il.

Netanyahu entre ensuite dans le détail des initiatives qu’il a pu entreprendre pour protéger l’indépendance du système judiciaire.

« C’est la raison pour laquelle je continue à faire tout ce qui est en mon pouvoir – et je continuerai à le faire – de manière à protéger le système de la justice et ceci dans l’objectif qu’il reste fort et indépendant », précise-t-il.

Le nouveau président de la Cour suprême, Asher Grunis, deuxième à gauche, pose avec le président d’alors, Shimon Peres, au centre, la présidente sortante Dorit Beinisch et le Premier ministre Benjamin Netanyahu et d’autres juges à la résidence du président de Jérusalem, le 28 février 2012. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le Premier ministre ajoute que s’il y a eu des tentatives visant à affaiblir le système judiciaire – certaines ont pu être les mêmes ou très similaires aux changements dont il fait la promotion aujourd’hui – il s’est assuré de garantir qu’elles resteraient vaines.

« Au cours des derniers mois seulement, j’ai mis de côté toutes les lois qui menaçaient de porter préjudice à l’indépendance du système judiciaire – qu’il s’agisse d’audiences pour les juges à la Knesset, de la limitation des requêtes déposées devant la Haute cour, du changement de la composition de la commission qui est chargée de sélectionner les juges », continue Netanyahu.

« Et je continuerai à le faire. A chaque fois qu’un projet de loi arrivera sur mon bureau et qu’il sera susceptible, selon moi, de nuire à l’indépendance des tribunaux israéliens, nous le mettrons de côté », poursuit-il.

Vendredi dernier, en revanche, le Premier ministre a rejeté les accusations selon lesquelles la réforme du système judiciaire voulue par son gouvernement porterait atteinte à la démocratie.

« Quand ils disent que la moindre modification (du système judiciaire) est la destruction de la démocratie, ce n’est pas seulement un argument erroné, c’est aussi un argument qui ne permet pas de parvenir aux accords auxquels nous devrions parvenir par le dialogue » au Parlement, s’est défendu M. Netanyahu, dans une vidéo diffusée vendredi sur ses réseaux sociaux. Netanyahu n’accorde qu e très rarement d’interviews aux médias israéliens, d’où le recours à ses propres réseaux sociaux.

« Le nouveau projet du ministre de la Justice ne vise pas à améliorer le système judiciaire mais à l’écraser », a déclaré jeudi la chef de la Cour suprême Esther Hayut, sortant de la réserve à laquelle elle est tenue dans un pays où les juges n’ont pas le droit de s’exprimer publiquement sur des sujets politiques.

« La réforme que j’ai présentée fera à nouveau d’Israël une démocratie occidentale qui fonctionne. Elle permettra d’assurer un système judiciaire diversifié qui reflète la nation entière », a réagi M. Levin en accusant la présidente de la Cour suprême d' »inciter à des émeutes ».

Dans une lettre ouverte publiée jeudi, onze anciens procureurs affirment être « choqués » par le projet, qui menace selon eux de « détruire » la justice israélienne.

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